Pour commencer, j’aimerai savoir ce que tu fais pour te tenir au courant de l’actualité ? Personnellement le seul JT que je supporte est celui d’Arte et je n’ai pas du tout la même vision que toi, et un peu le diplo.
1) Il faut comprendre aussi que les journalistes ne sont tout simplement « pas les bienvenus ». Donc forcément il ne rapportent rien. Il faut faire très attention à ça, car typiquement : on n’est pas prévenu. L’exemple qui me vient à l’esprit est la guerre au Liban : Israël avait complètement bloqué la zone et ça a été le blackout total sur la situation du Liban, l’info. était totalement biaisée en faveur d’Israël, mais a changé du jour au lendemain quand les journalistes ont pu retourner au Liban. Ici c’est la même chose : on a des infos de la frontière avec la Tunisie, on a des infos dans les zones insurgées. Par contre c’est plus difficile d’avoir les même infos dans les grandes villes encore tenues par Kadhafi.
2) Si Kadhafi a tenu aussi longtemps ce n’est certainement pas sans un minimum de soutien. Du moins une part de bienveillance de l’occident. Il voudrait qu’on le croit lorsqu’il dit combattre le terrorisme tout simplement parce que c’est la recette qui a marché jusque ici : on achète la paix avec l’occident en se présentant comme rempart face aux islamistes. Mode cynique : le problème des démocraties c’est qu’elles n’apportent pas les mêmes garanties, cf. la Turquie. Du coup les islamistes ont servi d’épouvantail à ces dictatures : problème on s’est rendu compte avec la Tunisie que la théorie était invalidée (par contre ça a l’air un peu moins évident pour l’Égypte).
3) Les pays ne sont pas les mêmes, en Tunisie la révolution vient d’une population assez éduquée, en Égypte elle est plus populaire. Dans ces deux pays l’armée est puissante et respectée. En Libye le semblant d’armée a déserté, si on s’éloigne de Tripoli, pour rejoindre la révolution, mais Kadhafi aurait des mercenaires bien mieux armés et entrainés (car il se méfierait de l’armée régulière). Le problème est que :
— il y a des manifestations, elles finissent dans le sang, ça calme quelque peu les ardeurs, contrairement à la Tunisie ou l’Égypte où l’armée a carrément refusé d’obéir aux ordres des dictateurs ou joué un rôle important dans la révolution ;
— la révolte s’est enlisée, car Kadhafi s’accroche, contrairement à l’Égypte, la Tunisie, et la voie que semble prendre le Maroc, forcément les forces se radicalisent.
La zone rebellée ne comprend pas que les frontières, bien au contraire, depuis le côté de la Tunisie Khadafi tient les rennes (par contre c’est là où sont les journalistes, c’est peut-être donc plus facile d’en parler ?) mais plutôt du côté est, le long du littoral et loin de la capitale.
4) Cf. mon point 2), c’est la recette qu’il a agité jusqu’ici pour se justifier auprès de l’occident. Il semblerait que ce soit le contraire : il y a eu des problèmes en Tunisie car des émigré du sub-sahara étaient pris pour des mercenaires à la solde de Kadhafi.
5) Les politiques sont pas cons non plus, ils ont vu que ça passait pas auprès des français. Il a fallu quand même ça, après les multiples affaires de cet été, pour voir enfin un ministre démissionner. En Allemagne les ministres démissionnent pour un plagiat... Alors forcément ils soutiennent un peu moins le dictateur en place, mais il aura fallu quand même plusieurs semaines, et du bout des doigts : car sans parler de soutien armé il y a tout un éventail de mesure, en l’occurence l’exclusion aérienne (toujours?) en discussion. Puis il ne faut pas se fier à tout ce que dit Nicolas Sarkozy... il va « proposer » en connaissant déjà le résultat vu la difficulté à faire passer l’exclusion aérienne... enfin bref, il fait de la politique intérieure là, histoire de rattraper un peu le coup (rappelez-moi ce qu’on reprochait à Ségo en 2007 ? L’inexpérience diplomatique ? Mouhahaha, on a vu le bilan de Sarkozy).
6) Bah oui, et c’est la merde question pétrole... c’est plus simple un bon petit dictateur qui sent d’où viennent les billets pour négocier les contrats. Les affaires n’ont jamais été gênées par les dictatures et les régimes autoritaires — qui a parlé de la Chine ? L’instabilité est un gros handicap par contre...
# D’où tires-tu tes infos ?
Posté par nicolas . En réponse au journal معمر القذافي Colonel Kadhafi - crie au loup ! Et si le loup était dans la bergerie ?. Évalué à 6.
Bonjour,
Pour commencer, j’aimerai savoir ce que tu fais pour te tenir au courant de l’actualité ? Personnellement le seul JT que je supporte est celui d’Arte et je n’ai pas du tout la même vision que toi, et un peu le diplo.
1) Il faut comprendre aussi que les journalistes ne sont tout simplement « pas les bienvenus ». Donc forcément il ne rapportent rien. Il faut faire très attention à ça, car typiquement : on n’est pas prévenu. L’exemple qui me vient à l’esprit est la guerre au Liban : Israël avait complètement bloqué la zone et ça a été le blackout total sur la situation du Liban, l’info. était totalement biaisée en faveur d’Israël, mais a changé du jour au lendemain quand les journalistes ont pu retourner au Liban. Ici c’est la même chose : on a des infos de la frontière avec la Tunisie, on a des infos dans les zones insurgées. Par contre c’est plus difficile d’avoir les même infos dans les grandes villes encore tenues par Kadhafi.
2) Si Kadhafi a tenu aussi longtemps ce n’est certainement pas sans un minimum de soutien. Du moins une part de bienveillance de l’occident. Il voudrait qu’on le croit lorsqu’il dit combattre le terrorisme tout simplement parce que c’est la recette qui a marché jusque ici : on achète la paix avec l’occident en se présentant comme rempart face aux islamistes. Mode cynique : le problème des démocraties c’est qu’elles n’apportent pas les mêmes garanties, cf. la Turquie. Du coup les islamistes ont servi d’épouvantail à ces dictatures : problème on s’est rendu compte avec la Tunisie que la théorie était invalidée (par contre ça a l’air un peu moins évident pour l’Égypte).
3) Les pays ne sont pas les mêmes, en Tunisie la révolution vient d’une population assez éduquée, en Égypte elle est plus populaire. Dans ces deux pays l’armée est puissante et respectée. En Libye le semblant d’armée a déserté, si on s’éloigne de Tripoli, pour rejoindre la révolution, mais Kadhafi aurait des mercenaires bien mieux armés et entrainés (car il se méfierait de l’armée régulière). Le problème est que : — il y a des manifestations, elles finissent dans le sang, ça calme quelque peu les ardeurs, contrairement à la Tunisie ou l’Égypte où l’armée a carrément refusé d’obéir aux ordres des dictateurs ou joué un rôle important dans la révolution ; — la révolte s’est enlisée, car Kadhafi s’accroche, contrairement à l’Égypte, la Tunisie, et la voie que semble prendre le Maroc, forcément les forces se radicalisent. La zone rebellée ne comprend pas que les frontières, bien au contraire, depuis le côté de la Tunisie Khadafi tient les rennes (par contre c’est là où sont les journalistes, c’est peut-être donc plus facile d’en parler ?) mais plutôt du côté est, le long du littoral et loin de la capitale.
4) Cf. mon point 2), c’est la recette qu’il a agité jusqu’ici pour se justifier auprès de l’occident. Il semblerait que ce soit le contraire : il y a eu des problèmes en Tunisie car des émigré du sub-sahara étaient pris pour des mercenaires à la solde de Kadhafi.
5) Les politiques sont pas cons non plus, ils ont vu que ça passait pas auprès des français. Il a fallu quand même ça, après les multiples affaires de cet été, pour voir enfin un ministre démissionner. En Allemagne les ministres démissionnent pour un plagiat... Alors forcément ils soutiennent un peu moins le dictateur en place, mais il aura fallu quand même plusieurs semaines, et du bout des doigts : car sans parler de soutien armé il y a tout un éventail de mesure, en l’occurence l’exclusion aérienne (toujours?) en discussion. Puis il ne faut pas se fier à tout ce que dit Nicolas Sarkozy... il va « proposer » en connaissant déjà le résultat vu la difficulté à faire passer l’exclusion aérienne... enfin bref, il fait de la politique intérieure là, histoire de rattraper un peu le coup (rappelez-moi ce qu’on reprochait à Ségo en 2007 ? L’inexpérience diplomatique ? Mouhahaha, on a vu le bilan de Sarkozy).
6) Bah oui, et c’est la merde question pétrole... c’est plus simple un bon petit dictateur qui sent d’où viennent les billets pour négocier les contrats. Les affaires n’ont jamais été gênées par les dictatures et les régimes autoritaires — qui a parlé de la Chine ? L’instabilité est un gros handicap par contre...
7) Ah merde... y’a pas de sept.