C'est pas parce que le but du contrat de travail français est l'appropriation du travail des autres qu'il est une chose intelligente et désirable : les lois ça se changent. Si on peut changer les lois pour créer les revenus des artistes/majors, on peut aussi changer les lois pour avoir améliorer la situation des travailleurs intellectuels.
2 points :
- l'innovation ne doit pas rimer avec appropriation des créations ;
- le salarié n'est pas une personne que l'entreprise s'approprie.
Je ne nie pas à l'entreprise le droit de s'approprier ton travail, mais je lui nie le droit à t'interdire de le réutiliser.
Prenons un exemple : internet.
Qu'est ce qu'une RFC dites Best Practice ? http://www.rfc-editor.org/categories/rfc-best.html
Ce sont des méthodes de travail que les gens partagent (par exemple comment écrire son fichier DNS, qu'est ce que le SPAM, comment ne pas faire de son MTA un open relay ....). Et bien, c'est une bonne chose que les opérateurs partagent des méthodes de travail, cela leur permet d'être inter-opérable.
Et rappelons que tous les FAI utilisent ISC DHCPd et BIND parce qu'aucun éditeur n'était prêt / intéressé à prendre le risque d'implémenter les normes IETF. C'est le logiciel libre qui a innové car les entreprises refusait de le faire. Et jamais il n'y aurait eu internet, si la licence ne permettait pas de le diffuser (le code ISC se retrouve dans windows, mac, linux... ce qui permet aux clients et serveurs de marcher). Innovation ne rime pas avec appropriation.
Faut arrêter de nous seriner que l'innovation se fait en entreprise. L'innovation peut rebattre les cartes de la concurrence, une entreprise peut perdre ces parts de marché. L'entreprise établie, celle qui a les moyens d'embaucher est par définition opposée à l'innovation : les opérateurs français sont contre la voix sur IP sur le réseau GSM parce que cela tuerait leur business model, ils sont contre free en tant qu'opérateur mobile, qui nous ferait probablement un réseau sans fil tout IPv6 où au lieu de payer 30(dsl+fixe) + 30(voix limité) + 30(3G data limité) + 30 (tv/gsm) + 30 (modem 3G par le tél) €/mois tu en paierais 60.
Enfin, toutes méthodes de travail qui diminuent les accidents de travail est d'utilité publique, pourquoi ne devraient-elles appartenir qu'à une entreprise ?
Dans le logiciel libre, on partage notre code, nos méthodes, nos innovations, est-ce que cela à affaiblit le logiciel libre par rapport aux logiciels propriétaire ? Non.
Donc innovation est synonyme de propagation des savoirs, afin de pousser les entreprises à toujours avancer, et non se reposer sur leurs lauriers. Donc l'appropriation des oeuvres de l'esprit par l'entreprise est loin d'aider à innover.
De plus le but de mon emploi n'est pas l'appropriation définitive par l'entreprise de l'ensemble de ma personne et de mes productions, sinon on appellerait ça de l'esclavage contre rétribution or il se trouve que j'ai le droit de partir. Je ne suis pas la propriété de l'entreprise, je prête ma force de travail et mes outils en échange d'un salaire et de conditions de travail décente.
En ceci, tout travailleur devrait être vu comme une une entreprise uni-personnelle qui vend sa créativité / sa force de travail. (contrat de travail après la révolution).
Je maintiens donc que si on peut changer la loi pour faire HADOPI, on peut aussi changer la loi pour le bien être de tous les travailleurs intellectuels. Et, j'en ai aussi ras le cul que dans le libre on sépare les problématiques de droit d'auteur artistique qui serait sacré, des droits d'auteurs issus du travail qui serait utile : c'est le même problème. Et je ne vois pas pourquoi certains seraient privilégiés dans le débat.
[^] # Re: Hadopi la loi inapplicable :)
Posté par Jul (site web personnel) . En réponse au sondage La loi Hadopi va-t-elle permettre de faire diminuer le piratage en France ?. Évalué à 5.
2 points :
- l'innovation ne doit pas rimer avec appropriation des créations ;
- le salarié n'est pas une personne que l'entreprise s'approprie.
Je ne nie pas à l'entreprise le droit de s'approprier ton travail, mais je lui nie le droit à t'interdire de le réutiliser.
Prenons un exemple : internet.
Qu'est ce qu'une RFC dites Best Practice ? http://www.rfc-editor.org/categories/rfc-best.html
Ce sont des méthodes de travail que les gens partagent (par exemple comment écrire son fichier DNS, qu'est ce que le SPAM, comment ne pas faire de son MTA un open relay ....). Et bien, c'est une bonne chose que les opérateurs partagent des méthodes de travail, cela leur permet d'être inter-opérable.
Et rappelons que tous les FAI utilisent ISC DHCPd et BIND parce qu'aucun éditeur n'était prêt / intéressé à prendre le risque d'implémenter les normes IETF. C'est le logiciel libre qui a innové car les entreprises refusait de le faire. Et jamais il n'y aurait eu internet, si la licence ne permettait pas de le diffuser (le code ISC se retrouve dans windows, mac, linux... ce qui permet aux clients et serveurs de marcher). Innovation ne rime pas avec appropriation.
Faut arrêter de nous seriner que l'innovation se fait en entreprise. L'innovation peut rebattre les cartes de la concurrence, une entreprise peut perdre ces parts de marché. L'entreprise établie, celle qui a les moyens d'embaucher est par définition opposée à l'innovation : les opérateurs français sont contre la voix sur IP sur le réseau GSM parce que cela tuerait leur business model, ils sont contre free en tant qu'opérateur mobile, qui nous ferait probablement un réseau sans fil tout IPv6 où au lieu de payer 30(dsl+fixe) + 30(voix limité) + 30(3G data limité) + 30 (tv/gsm) + 30 (modem 3G par le tél) €/mois tu en paierais 60.
Enfin, toutes méthodes de travail qui diminuent les accidents de travail est d'utilité publique, pourquoi ne devraient-elles appartenir qu'à une entreprise ?
Dans le logiciel libre, on partage notre code, nos méthodes, nos innovations, est-ce que cela à affaiblit le logiciel libre par rapport aux logiciels propriétaire ? Non.
Donc innovation est synonyme de propagation des savoirs, afin de pousser les entreprises à toujours avancer, et non se reposer sur leurs lauriers. Donc l'appropriation des oeuvres de l'esprit par l'entreprise est loin d'aider à innover.
De plus le but de mon emploi n'est pas l'appropriation définitive par l'entreprise de l'ensemble de ma personne et de mes productions, sinon on appellerait ça de l'esclavage contre rétribution or il se trouve que j'ai le droit de partir. Je ne suis pas la propriété de l'entreprise, je prête ma force de travail et mes outils en échange d'un salaire et de conditions de travail décente.
En ceci, tout travailleur devrait être vu comme une une entreprise uni-personnelle qui vend sa créativité / sa force de travail. (contrat de travail après la révolution).
Je maintiens donc que si on peut changer la loi pour faire HADOPI, on peut aussi changer la loi pour le bien être de tous les travailleurs intellectuels. Et, j'en ai aussi ras le cul que dans le libre on sépare les problématiques de droit d'auteur artistique qui serait sacré, des droits d'auteurs issus du travail qui serait utile : c'est le même problème. Et je ne vois pas pourquoi certains seraient privilégiés dans le débat.