• [^] # Vers le e-contrôle

    Posté par . En réponse à la dépêche Nouvel OpenSSH. Évalué à 10.



    La législation telle qu'elle est ne me dérange pas tant que ca,la crypto simple empêche les W4rLorDz de lire nos infos.


    Sauf abus de ma part, un warlords est un boutonneux qui hante l'IRC. Que vient-il faire dans les problématiques de crypto ? Rappelons que si Zimmermann a lancé PGP, ce n'est pas pour lutter contre d'obscurs ados shootés à IRC, mais pour permettre aux groupes de défense des droits de l'homme, opposants politiques sous des régimes autoritaires, et plus généralement à toute personne désireuse de faire passer des infos et/ou opinions sensibles de ne pas mettre ces infos voire leurs vies en danger.

    On ne voit pas non plus ce que viennent faire les pédophiles ici. La pédophilie est une pratique sexuelle (donc physique) dont on ne voit pas comment elle pourrait être dissimulée par l'emploi de cryptographie ?!

    L'argument suivant : "l'emploi de crypto lourde étant interdite, l'emploi peut justifier une perquisition" est marrant dans la mesure où il considère ce qui est la question en jeu de la discussion (interdiction ou non de la crypto lourde) comme une évidence acceptée.

    D'ailleurs c'est faux : la crypto lourde n'est pas interdite. Des clés symétriques jusqu'à 128 bits sont autorisées, ce qui est largement au-delà des capacités actuelles et futures en terme de force brute. Lire fr.misc.cryptologie pour plus d'infos.

    Ce qui est dangereux, c'est la criminalisation indirecte de l'utilisation de la crypto, par exemple le fait que si un moyen de cryptographie a été utilisé en conjonction avec la réalisation d'un délit ou d'un crime (note : un délit peut très bien être quelque chose de l'ordre de la diffamation ou du détournement de marque déposée...), alors la peine maximale encourue est augmentée. De même l'obligation, sur demande judiciaire, de décrypter toute donnée dont il est soupçonné qu'elle soit liée à une affaire ; évidemment, impossible de prouver qu'un courrier n'a rien à voir sans montrer la version décryptée, qui même si elle n'est pas répréhensible dans le cadre de l'affaire traitée, peut tout de même être sensible (données privées, affectives, secrets industriels, etc.).

    Ainsi on se donne un visage libéral et progressiste (la crypto n'est pas interdite) et les entreprises sont caressées dans le sens du poil ("nous sommes pour la sécurisation du e-commerce de croquettes pour chien"), mais la législation instaure en même temps une norme sociale perverse qui tend à désigner l'utilisation à titre individuel de la crypto comme un acte subversif, dangereux et anti-social. Ou comment confier discrètement à l'appareil judiciaro-administratif le contrôle de la société que l'on s'interdit d'imposer frontalement par des lois qui donneraient vraiment trop un air de dictature (voir aussi les sans-papiers : pas d'expulsion massive, mais précarisation extrême au quotidien, abandon à l'arbitraire des préfectures, multiplication des centres de rétention véritables zones de non-droit).

    Enfin, à propos de "terrorisme", rappelons que la définition qui en est donnée dans les derniers projets de directives européennes s'étend jusqu'à des choses telles que le droit d'occupation des usines lors d'une grève. Et que la dernière loi française de "lutte contre le terrorisme" (la LSQ) interdisait le rassemblement dans les halls d'immeubles.

    Pour plus de détails, voir entre autres LsiJolie - http://www.lsijolie.net(...) ; et samizdat - http://hns.samizdat.net/(...)