• [^] # Re: Pas rat d'Ygmes, pas clair non plus

    Posté par . En réponse à la dépêche Le procès de l'hyperlien s'ouvre ce lundi. Évalué à 7.

    Bin disons pour faire simple que depuis quelques siècles, on a eu l'habitude d'analyser les problèmes, de les découper en petits morceaux qu'on résoud individuellement avant de rassembler tout à la fin. Ca marche bien dans le monde physique, mais plus du tout dans la noosphère (l'espace des idées) du fait de la nature quantique de l'information (rien à voir avec l'informatique quantique qui cherche à fabriquer des pupuces utilisant des phénomènes physiques quantiques).

    Un exemple idiot : une machine sous Windows, en fonction de la version, pourra être considérée comme sécurisée quand elle est hors réseau, mais la précision 'hors réseau' est essentielle... Disjoindre l'ordinateur du réseau est tellement réducteur qu'on obtient une absurdité, et pourtant c'est de cette façon qu'on a l'habitude de penser les problèmes auxquels nous sommes confrontés.

    Ici, le brevet consiste à extraire une idée ou un dispositif de tout contexte, et de l'attribuer à quelqu'un (une personne physique ou morale). C'est oublier un peu vite que ce "quelqu'un" n'aurait en aucun cas pu avoir "son" idée sans le support constant du reste de la société. Plus généralement, avec 6 milliards de cerveaux tournant constamment, il serait bien étonnant qu'il n'y en ait pas systématiquement plusieurs à avoir les mêmes idées révolutionnaires en même temps.

    Du coup, et dans le cas qui nous intéresse ici, un brevet sur les liens hypertextes cherche à disjoindre (il y a ceux qui l'ont inventé et les autres) et c'est réducteur (c'est oublier qu'un lien hypertexte se retrouve dans n'importe quelle note de bas de page ou n'importe quel renvoit de bibliographie !). Bref, cela mène directement à un non-sens (personne ne peut prétendre la paternité du lien hypertexte) et à une injustice criante (qui voterait "démocratiquement" pour une taxe sur les liens ?).

    Tout ceci en fait pour répondre à la question : "mais pourquoi un tribunal considère-t-il comme recevable une plainte allant à l'encontre du sens commun de centaines de millions d'utilisateurs d'hyperliens ?" (question qui en elle-même nie radicalement la légitimité de ce tribunal d'un point de vue "démocratique"). Et ce alors même qu'une recherche d'antériorité est triviale :
    http://www.iath.virginia.edu/elab/hfl0034.html(...)
    (Vannevar Bush est *décédé deux ans* avant que BT ne demande son brevet !!!).

    La réponse est que l'esprit des juges (et de beaucoup beaucoup de gens) a été formaté par un certain paradigme...

    La solution consiste à s'intéresser au paradigme de complexité, dont on trouve un exemple par ici : le modèle du bazar d'ESR.