• [^] # Re: Humeur

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal La taxe sur la copie privée et ses interprétations. Évalué à 10.

    Tu devrais être plus réfléchi dans tes propos. D'abord, cette taxe s'applique sur des appareils de luxe. Oui, je sais, c'est dur à accepter, mais je t'assure que personne n'a besoin d'un NAS pour vivre.
    Ce que vous dites là n'est pas totalement faut. Mais ce n'est vraiment pas juste non plus car en suivant ce genre d'idée on régresserait rapidement vers l'âge de pierre. Permettez-moi de développer : Cette taxe s'applique sur toute les productions immatérielles modernes. Ainsi je dois m'acquitter de cette taxe aussi bien pour mon travail quotidien — ce qui me permet de vivre — que pour certains de mes loisirs (prendre des photos par exemple). Si dans le second cas, il est clair qu'il s'agit d'un luxe, cela ne l'est pas du tout dans le second. Nous pouvons donc balayer l'argument du produit de luxe. Argument qui n'est pas nouveau. C'était justement celui utilisé pour justifier la gabelle. Cet impôt sur le sel marin qui apportait de l'iode au peuple et évitait le crétinisme. Déjà pour l'époque n'aurait-il pas été légitime de s'interroger sur le droit des gens à chercher un fonctionnement normal de leur cerveau ? Il me semble qu'on pourrait remonter très loin à travers l'histoire et trouver une foule d'exemples de taxes similaires s'opposant à la modernité. Si elles n'avaient chacune à leur tour un jour céder, le pas nous en serions très probablement toujours à des modes de vies poches de ceux du néolithique... Voici qui me semble montrer rapidement : 1) en quoi un support de stockage n'est pas nécessairement un luxe; 2) que malgré le caractère lapidaire de mon propos (ni ici, ni dans mon message antérieur il n'est possible de faire une dissertation), je me suis donné la peine de faire un petit peu chauffer mes méninges du côté du lobe frontale.

    « Après que cette taxe soit trop importante, c'est un autre débat. »
    Ce n'est absolument pas le niveau de la taxe qui me gène. Je suis immensément riche. C'est son principe : taxer la production culturelle, scientifique, économique, etc, au profit des rentes du divertissement ; même pas de l'industrie du divertissement. En gros : l'appareil « élite » essaye de fourguer toujours plus de circenses au monde d'en bas. Le résultat d'une telle politique est bien connue. Je prenais exemple dans la bible tout à l'heure. Passons à l'histoire romaine : Quel était l'état de la république romaine 100 ans après que Juvénal déplora l'attitude du peuple ne s'inquiétant que de sa nourriture et de son divertissement ? (la question était rhétorique mais la réponse est emblématique : Commode était au pouvoir !)

    Quant au reste, je suis plutôt d'accord : il est indispensable de payer des impôts. Et ces impôts doivent être à viser redistributive étant admis que la dynamique économique est naturellement concentratrice (pardon pour le néologisme). Oui à la taxe sur la fortune. Oui aux taxes sur la spéculation. Oui à un impôt sur le revenu de 50% et plus sur les revenus au-delà du Smic. Non à la TVA parce qu'elle frappe également riches et pauvres. Et surtout non aux impôts qui visent à lutter contre le progrès moral et intellectuel. Non aux impôts qui ponctionnent le travail au profit des rentes. Est-ce si difficile à comprendre ?

    Ah, si encore un point : Non la taxe copie privée n'est pas là pour entériner un comportement illégal. Elle vient compenser un manque à gagner supposé lié à la disparition progressive de l'utilité d'une certaine forme de travail.

    En pratique même cela est probablement faut. je suis assez persuadé qu'il n'y a pas de manque à gagner. Entre autre à partir de mon exemple personnel : je ne consomme aucun produit de divertissement en général. Mais pour mon malheur j'ai eu maille à partir avec quelques productions disney. Si je n'avais pu enfreindre la Dadvsi et en faire des copies, ces dvd seraient repartis fissa en direction de leur magasin. Grâce à des DRM ou autre il se sont avérés incompatibles avec mon lecteur de salon. Il m'a fallu batailler des jours entiers pour pouvoir faire profiter ma progéniture de ces œuvres. Aussi, je suis bien convaincu que très peu de gens commettraient le folie d'acheter au prix fort plusieurs fois le droit d'usage d'une œuvre : une fois pour mettre au salon, une fois pour la cuisine, une fois pour chaque lecteur des appuis tête des berlines, une fois pour la diffusion dans l'hélico, une fois pour chacun des itrucs des membres de la famille...

    Ainsi, ce n'est pas à un, deux ou trois titres que la taxe copie privée me fait vomir. Ce sont absolument tous ses aspects que je trouve répugnants ! Sauf peut-être un seul : son niveau de prix qui m'importe comme guigne.

    « IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace