• [^] # Re: Non, non et non

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Piratage et logiciel libre. Évalué à 6.

    ReHello,

    je rebondis sur ce que tu viens de dire en essayant de recoller à l'article de Benjamin Mako Hill.

    D'abord, il indique expressément qu'actuellement, les lois sur le copyright sont très restrictives et qu'il convient de les modifier. C'est également un des objectifs des partis pirates: agir sur la réglementation du copyright de manière à donner plus de liberté aux utilisateurs.

    Dans un monde sans copyright, on serait concrètement dans des droits proches de la licence BSD. Ce que la GPL fait, c'est, en plus de simuler un monde sans copyright comme la BSD, c'est d'obliger les autres à faire de même.
    Le monde sans copyright que tu évoques n'existe plus. Il aurait pu voir le jour si à un moment donné, un État avait lancé une réflexion sur le sujet qui aurait abouti à affirmer qu'il n'y a pas besoin de protéger la copie d'oeuvres et que ça ne porte pas préjudice aux auteurs. Peut-être que si on avait initié le problème maintenant, la question se trancherait de cette manière, en faveur de la liberté des utilisateurs et non en faveur des auteurs (et de certains modèles économiques).
    Toutefois, ce n'est pas ce qui c'est passé mais bien le contraire: une réglementation qui dure depuis quelques années quand même, s'est mise en place et, nous devons la gérer.

    C'est là que l'approche des partis pirates et des activistes du logiciel libre diffère: les objectifs sont identiques (qu'y a-t-il de plus contraire au copyright que le copyleft ?) mais les moyens sont différents.

    En effet, comme le fait remarquer Benjamin Mako Hill, Stallman et Lessig travaillent à vider de son sens et de sa substance le copyright en créant une alternative à celui-ci. Ce qui est positif c'est que cette alternative offre non seulement quelquechose de concret aujourd'hui mais également qu'elle repose sur les fondements même de la régulation du copyright. On retourne le copyright contre lui-même. Ce faisant, on attire peu à peu les acteurs à utiliser ces éléments.

    Tu utilises le gros mot « réactionnaire », je dirais plutôt agoriste : le copyright n'est pas légitime, et il s'agit donc d'un appel à ignorer une loi illégitime.
    A l'inverse du travail des libristes, les partis pirates ont une action politique directement contre la réglementation du copyright. L'affrontement est frontal (d'où "en réaction"): on vise à changer la règle en ne la respectant pas. C'est une méthode mais elle a l'inconvénient de venir en conflit direct avec des lois et des pratiques. Les acteurs en jeu ne sont pas les mêmes.

    Benjamin Mako Hill ne fait que nous rappeler que l'approche du logiciel libre et de la culture libre est plus subtile: l'objectif est identique mais l'évolution est plus douce. C'est dans ce sens qu'on peut aboutir à sa conclusion: le partage des contenus est plutôt positif mais plutôt que de partager des contenus non prévus pour (sous copyright) créons plutôt des contenus libres et diffusables. Quand cette création libre aura gagné, le copyright sera caduque de fait !

    Cette méthode a, en outre, de nombreux avantages. En procédant de la sorte, on libère davantage les usages, on accède à un nouveau type de contenu (quand on est libre, l'expression est différente), on participe à rendre la société plus créatrice que passive, etc... Je pense que cette méthode, identique à celle développée par le logiciel libre, est meilleure pour la société à long terme. La technique compte moins que la liberté !