Même le chemin vers la dictature, je suis encore pas d'accord.
Je n'ai pas eu le temps de lire tous les commentaires, mais voici quand même le mien.
Je prends mon cas particulier et uniquement potentiellement représentatif, je suis dans une fac qui s'est mise en grève depuis au moins une semaine. Sans entrer dans les détails, ma fac a la réputation d'être à gauche.
Voilà en quelques indices, ce que sont la grève et le blocage:
-Au niveau des personnes:
- - Une minorité de communistes anarchistes qui créent l'essentiel de l'agitation sur la fac. Pour le ratio, on est en dessous du 1 % d'inscrits qui milite, largement, et peut-être au niveau du 1 % de personnes présentes en moyenne sur la fac.
-- Une majorité de gens qui ne s'impliquent pas directement dans la grève
-Au niveau du matériel:
--Quelques bris de verre à cause de lycéens excités
--Des affiches pour signaler qu'on lutte, sisi
--Des tables ou des poubelles mises là où il faut pour bloquer
Ce que moi j'en retiens comme efficacité:
-Dégâts collatéraux parfois sur le matériel
-Les blocages tiennent deux heures le matin, mais bien vite s'évaporent dans la nature. Les tables et les poubelles sont écartés pour qu'on puisse circuler à travers dès 11h.
-La population étudiante ne s'implique pas plus avant qu'après. Les pancartes et les tracts sont largement ignorés ou regardés avec amusement. Ceux qui s'y intéressent sont ceux qui ont peur qu'on les empêche d'aller en cours si ça empire.
Ce à quoi j'impute le manque d'efficacité:
-Idéologisme forcené des militants. C'est à peine possible de discuter. Il n'y a qu'un nombre de raisons restreintes pour lesquelles on peut ne pas être d'accord avec le gouvernement. Appels récurrents à Marx ou Proudhon.
-Marketing affligeant des militants. Pancartes pourries, pas de site internet, pas de mailing liste ou alors avec des listes de destinataires de 300 personnes. Uniquement possible de se renseigner par des tracts enflammés et des militants détenteurs de la vérité (même s'ils s'engueulent aussi entre eux).
-AGs-foires Imaginez 200+ personnes rassemblées dans un amphi. Certains sont acquis, d'autres viennent en curieux. Une succession d'orateurs qui ne se répondent pas entre eux défilent pendant une heure à la tribune. Puis on vote à la hâte sur des propositions déjà formulées avant les discours.
Pour résumer je dirais que la grève ou le blocage, c'est le bordel, et que créer de l'agitation sur la fac c'est bien, motiver les gens à participer d'une manière ou d'une autre, à aller en manif, c'en est une autre. Pour l'instant moi je vois surtout du bordel inutile. Dire ça aux militants, c'est se faire taxer de dictateur capitaliste qui ne croit qu'au marketing et à la hiérarchie.
Donc bon, la dictature, j'ai du mal. Je vois surtout une bande d'excités traiter les autres de soumis et lavés du cerveau par la dictature libérale et capitaliste mondiale. Quand bien même je pourrais être d'accord, si jamais je voulais imposer mon point de vue dans la fac, je n'utiliserai sans doute pas les mêmes moyens dénués d'efficacité.
Donc, je rejoins complètement un commentaire que j'ai aperçu plus haut où il était dit que le syndicalisme devait être rénové et que la grève était de plus en plus inefficace. Si le syndicalisme ressemble partout à ce que j'ai vu, c'est naze. D'autant plus pour nous que des étudiants qui font grève, au niveau macro-éco, tout le monde s'en fout. De fait c'est juste pour la symbolique, et même pas réel. Il ne faut pas rêver, jusqu'ici, les profs continuent, et les élèves aussi.
# Dictature ? bof, bof... Compte-rendu d'une fac en grève
Posté par llaxe . En réponse au journal Quand la dictature se dessine petit à petit.. Évalué à 7.
Je n'ai pas eu le temps de lire tous les commentaires, mais voici quand même le mien.
Je prends mon cas particulier et uniquement potentiellement représentatif, je suis dans une fac qui s'est mise en grève depuis au moins une semaine. Sans entrer dans les détails, ma fac a la réputation d'être à gauche.
Voilà en quelques indices, ce que sont la grève et le blocage:
-Au niveau des personnes:
- - Une minorité de communistes anarchistes qui créent l'essentiel de l'agitation sur la fac. Pour le ratio, on est en dessous du 1 % d'inscrits qui milite, largement, et peut-être au niveau du 1 % de personnes présentes en moyenne sur la fac.
-- Une majorité de gens qui ne s'impliquent pas directement dans la grève
-Au niveau du matériel:
--Quelques bris de verre à cause de lycéens excités
--Des affiches pour signaler qu'on lutte, sisi
--Des tables ou des poubelles mises là où il faut pour bloquer
Ce que moi j'en retiens comme efficacité:
-Dégâts collatéraux parfois sur le matériel
-Les blocages tiennent deux heures le matin, mais bien vite s'évaporent dans la nature. Les tables et les poubelles sont écartés pour qu'on puisse circuler à travers dès 11h.
-La population étudiante ne s'implique pas plus avant qu'après. Les pancartes et les tracts sont largement ignorés ou regardés avec amusement. Ceux qui s'y intéressent sont ceux qui ont peur qu'on les empêche d'aller en cours si ça empire.
Ce à quoi j'impute le manque d'efficacité:
-Idéologisme forcené des militants. C'est à peine possible de discuter. Il n'y a qu'un nombre de raisons restreintes pour lesquelles on peut ne pas être d'accord avec le gouvernement. Appels récurrents à Marx ou Proudhon.
-Marketing affligeant des militants. Pancartes pourries, pas de site internet, pas de mailing liste ou alors avec des listes de destinataires de 300 personnes. Uniquement possible de se renseigner par des tracts enflammés et des militants détenteurs de la vérité (même s'ils s'engueulent aussi entre eux).
-AGs-foires Imaginez 200+ personnes rassemblées dans un amphi. Certains sont acquis, d'autres viennent en curieux. Une succession d'orateurs qui ne se répondent pas entre eux défilent pendant une heure à la tribune. Puis on vote à la hâte sur des propositions déjà formulées avant les discours.
Pour résumer je dirais que la grève ou le blocage, c'est le bordel, et que créer de l'agitation sur la fac c'est bien, motiver les gens à participer d'une manière ou d'une autre, à aller en manif, c'en est une autre. Pour l'instant moi je vois surtout du bordel inutile. Dire ça aux militants, c'est se faire taxer de dictateur capitaliste qui ne croit qu'au marketing et à la hiérarchie.
Donc bon, la dictature, j'ai du mal. Je vois surtout une bande d'excités traiter les autres de soumis et lavés du cerveau par la dictature libérale et capitaliste mondiale. Quand bien même je pourrais être d'accord, si jamais je voulais imposer mon point de vue dans la fac, je n'utiliserai sans doute pas les mêmes moyens dénués d'efficacité.
Donc, je rejoins complètement un commentaire que j'ai aperçu plus haut où il était dit que le syndicalisme devait être rénové et que la grève était de plus en plus inefficace. Si le syndicalisme ressemble partout à ce que j'ai vu, c'est naze. D'autant plus pour nous que des étudiants qui font grève, au niveau macro-éco, tout le monde s'en fout. De fait c'est juste pour la symbolique, et même pas réel. Il ne faut pas rêver, jusqu'ici, les profs continuent, et les élèves aussi.