Si tu entends par là les relecteurs des conf., tu te fais des illusions, notamment parce qu’ils n’y peuvent rien.
En théorie, un article ne doit être publié que dans une seule conf. Mais ça n’empêche pas de le soumettre à plusieurs conf., à chaque fois un peu modifié bien sûr : on change le titre, on suit les directives particulières de chaque conf. (format, nombre de pages), on change les mots-clefs et le résumé pour mieux coller au sous-domaine de la conf., si on veut se casser un peu, on creuse un peu plus par ici, un peu moins par là, et hop, on a un article tout neuf à moindre frais.
Il y a plusieurs raisons de faire ça :
— le fait que l’on doive publier quatre articles par an quand on bosse sur un seul sujet pendant cinq ans ;
— ajoute à cela que les appels des confs tombent assez serrés et qu’on n’a pas le temps d’attendre la réponse (surtout si on veut avoir une chance d’être publié 4 fois dans l’année) ;
— tu as aussi les articles « de progression » : généralement, ça s’applique à un thésard qui commence par expliquer son travail comme une hypothèse puis comme une ébauche, un prototype, une réussite (ou un échec, mais, ça, on le dit plus rarement). Et pouf ! quatre articles avec la même idée (l’hypothése de départ). En même temps, le thésard, ça lui est utile d’avoir des retours (et de l’expérience) dès l’étape de l’hypothèse.
En plus, c’est très difficile de tout lire (surtout quand tout est publié en même temps) et c’est difficile de dire quand deux articles sont les mêmes (les « idées » présentées ? on fait un diff et on s’arrête à 50%, 70% ?).
En fait, ceux que je vise le plus, ce sont les chercheurs établis (les chefs quoi) qui ont en plus l’avantage d’avoir des « articles éditoriaux » (ils sont invités à la conf, ils ne passent pas par le comité de lecture (quand ils n’en font pas partie)) et qui ressassent quand même toujours les mêmes vagues propos (vu que le vrai boulot est fait par leurs thésards), sans présenter de résultat.
C’est à la lecture que c’est chiant : tu cherches des trucs qui s’approchent de ce que tu fais et tu te tapes tous les articles en essayant de trouver s’il y a du nouveau dans leur idée, pour te retrouver à lire quatre fois la même chose pas finie...
[^] # Re: Fields medal
Posté par Sylvain Sauvage . En réponse au journal Où l'on trolle sur la médaille Fields.. Évalué à 6.
En théorie, un article ne doit être publié que dans une seule conf. Mais ça n’empêche pas de le soumettre à plusieurs conf., à chaque fois un peu modifié bien sûr : on change le titre, on suit les directives particulières de chaque conf. (format, nombre de pages), on change les mots-clefs et le résumé pour mieux coller au sous-domaine de la conf., si on veut se casser un peu, on creuse un peu plus par ici, un peu moins par là, et hop, on a un article tout neuf à moindre frais.
Il y a plusieurs raisons de faire ça :
— le fait que l’on doive publier quatre articles par an quand on bosse sur un seul sujet pendant cinq ans ;
— ajoute à cela que les appels des confs tombent assez serrés et qu’on n’a pas le temps d’attendre la réponse (surtout si on veut avoir une chance d’être publié 4 fois dans l’année) ;
— tu as aussi les articles « de progression » : généralement, ça s’applique à un thésard qui commence par expliquer son travail comme une hypothèse puis comme une ébauche, un prototype, une réussite (ou un échec, mais, ça, on le dit plus rarement). Et pouf ! quatre articles avec la même idée (l’hypothése de départ). En même temps, le thésard, ça lui est utile d’avoir des retours (et de l’expérience) dès l’étape de l’hypothèse.
En plus, c’est très difficile de tout lire (surtout quand tout est publié en même temps) et c’est difficile de dire quand deux articles sont les mêmes (les « idées » présentées ? on fait un diff et on s’arrête à 50%, 70% ?).
En fait, ceux que je vise le plus, ce sont les chercheurs établis (les chefs quoi) qui ont en plus l’avantage d’avoir des « articles éditoriaux » (ils sont invités à la conf, ils ne passent pas par le comité de lecture (quand ils n’en font pas partie)) et qui ressassent quand même toujours les mêmes vagues propos (vu que le vrai boulot est fait par leurs thésards), sans présenter de résultat.
C’est à la lecture que c’est chiant : tu cherches des trucs qui s’approchent de ce que tu fais et tu te tapes tous les articles en essayant de trouver s’il y a du nouveau dans leur idée, pour te retrouver à lire quatre fois la même chose pas finie...