• # Différences et similitudes

    Posté par . En réponse au journal Où l'on trolle sur la médaille Fields.. Évalué à 10.

    Je pense qu'une des raisons pour lesquelles les maths françaises se portent si bien c'est qu'il n'y a pas besoin de gros investissements. Un papier, un crayon et zou. Je caricature mais ça doit certainement aider. Je pense qu'il y a aussi une certaine culture des maths en France que je ne retrouve pas aux États-Unis par exemple.

    Aussi, la recherche ce n'est pas que ces gros génies qui débloquent des domaines. Le travail des milliers de chercheurs qui débroussaillent le reste est utile en faisant des petites avancées qui permettent des plus grandes.

    « Pensez-vous que le système français forme des bons chercheurs, ou pensez vous au contraire, qu'il ne fait pas grand-chose pour et qu'il se repose sur ses lauriers, accumulés par de gens qui, d'une certaine manière, étaient déjà compétents ? »

    Du point de vue de la formation, je ne pense pas que ce soit très différent entre la France et les USA. Certes une thèse aux USA dure plus (trop !) longtemps du coup les docteurs sont plus expérimentés qu'en France mais ça s'atténue après quelques années de postdoc. Cependant, pour une raison que je n'arrive pas à saisir, j'ai l'impression qu'en moyenne les américains ont beaucoup plus confiance en eux. Peut-être une conséquence de la tradition bien française de se faire descendre par les profs ?

    « Quelle différence faîtes-vous entre les systèmes académiques français et, disons, américain ? »

    Le pognon ? Un chercheur débutant aux USA est rarement payé moins de 60k$ (et ça monte vite). Par dessus ça, il y a des financements. Pour un *petit* projet c'est facilement 100k$/an. Ça aide. Par contre il y a obligation de résultat. Si on se ramasse, ça devient vite plus musclé pour obtenir de nouveaux financements par la suite. Tout ça est peut-être en train de changer. Les financements européens commencent à arriver à des sommes coquettes alors qu'aux USA la situation budgétaire est mauvaise (en plus il y a un gel quasi total des embauches depuis 2 ans dans mon domaine)
    Aussi aux USA, il y a moins de saucissonage, et du coup moins de petits chef. Les chercheurs sont largement plus indépendants et moins à la merci du chef de labo, le phénomène des mandarins est bien plus rare (ce qui n'empêche pas que certaines personnes influentes arrivent à obtenir des postdocs prestigieux à certains thésards qui ne le méritent pas [ouais, je suis amer]).

    « Un pays doit-il se féliciter d'accueillir les élites ou de les former ? »

    Les deux ? Dans mon domaine, 25% des embauchés en France sont étrangers (certes en large partie des Italiens, la situation est pire chez eux). Ça apporte un certain dynamisme et une certaine fraîcheur. Les USA ont bâti leur succès en important les meilleurs chercheurs étrangers. Certains pays font de la préférence nationale (comme le Canada, les postes sont donnés en priorité aux Canadiens et aux résidents permanent), je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

    « Combien faut-il en moyenne tirer de nombres réels aléatoires entre 0 inclus et 1 exclu pour que leur somme dépasse 1 ? »

    3 ?