• [^] # Re: Super

    Posté par . En réponse au journal "Et l'économie créa la femme". Évalué à 10.

    Sauf que pour le coup, tes a priori sur les compétences (supposées « innées ») des femmes pour certains domaines font quand même 'achement penser à du sexisme (pas de la misogynie hein du sexisme).

    Pour reprendre mon sempiternel exemple: au début du 20è siècle, les hommes étaient bien évidemment plus naturellement doués pour étudier les lettres, les langues mortes, et tout ce qui menait à un poste de pouvoir (car l'importance de la science à l'époque n'était clairement pas la même que maintenant). On attribuait souvent ça à la capacité supérieure des hommes à ... se concentrer et à être rigoureux pour faire ce genre d'études. Je te laisse transposer cette pensée au système éducatif d'aujourd'hui avec « sciences dures » à la place de « lettres ».

    Même contexte : aujourd'hui, un mec qui met un t-shirt rose, ses potes se foutent de lui (sauf s'il fait partie du XV de France). Au début du 20è siècle, porter du « rose saumon » était normal pour certains militaires (ça allait avec le costume). Alors, les militaires de 14-18, tous des tapettes ?

    Normalement là, tu te poses la question de mon paragraphe précédent. Un peu de patience. :-)

    Le droit de vote n'a été accordé aux femmes qu'en 1946 en France. Ce n'est pas faute d'avoir essayé de le leur donner plus tôt, mais y'avait toujours un corps élu qui refusait de faire passer la loi (je te laisse regarder sur Wikipedia). Si ce sujet avait été traité sur linuxfr à l'époque, penses-tu que tu aurais fait partie de ceux qui expliquaient à l'époque « mais comment vont-elles choisir ? », « ça ne les intéresse visiblement pas, pourquoi les embêter avec ça ? », ou pire, des témoignages de femmes elles-mêmes qui expliquaient qu'elles ne savaient pas du tout pour qui voter, et qu'elles voteraient sans doute pour le même candidat que leur mari...

    Concernant l'informatique et la programmation en elle-même, je conseille fortement la lecture de « Coders at work » décrit sur le site officiel ici : http://www.codersatwork.com. En particulier, l'interview de Fran Allen (la seule femme interrogée dans ce livre) est extrêmement intéressante :
    « Over her career, Allen has observed the changing role of women in computing, from her earliest days when women were specifically recruited by companies like IBM for the new and ill-defined job of "programmer," to later decades when the field became largely male-dominated. »

    Les femmes, d'un point de vue purement cérébral, malgré toutes les différences qui objectivement existent avec les hommes, sont parfaitement à même de programmer, faire de l'informatique, etc. Ta question sur « pourquoi les femmes ne sont-elles pas aussi passionnées que les hommes » tient beaucoup, selon moi, à la façon dont
    1/ On "explique" aux femmes et aux hommes que les trucs techniques sont des trucs d'hommes (mécanique pour les voitures, informatique, etc. [1])
    2/ On associe généralement informatique et mathématiques dans les études, et ce surtout en France (dans plein d'autres fac aussi, mais en France c'est vraiment étonnant). Or, comme je l'expliquais plus haut, on explique là-encore depuis très jeune aux filles que les garçons y arrivent généralement mieux en maths que les filles.

    Bon, mais c'est quoi cette histoire de rose et de saumon dont je parlais 2 paragraphes plus haut ? Ben c'est simple: qu'il s'agisse de maths, de littérature, ou de la « couleur des filles » et de la « couleur des garçons », tout ça est à mon sens sociétal. On nous explique depuis la naissance ce que nous pouvons ou ne pouvons pas faire en tant que catégorie garçon/fille (on pourrait bien entendu parler d'autres catégories mais elles sont moins intéressantes pour la discussion ici).

    [1] D'ailleurs z'avez remarqué comme, dans les films/séries US notamment, si une fille connaît bien la mécanique auto, 9 fois sur 10 elle explique qu'elle a 15 frères ? Un peu comme si sans frère, elle n'aurait jamais été intéressée par la méca (et pour le moment c'est parfaitement possible, en tant que résultat du formattage que nous subissons depuis l'enfance).