D'aucuns se demandent si finalement la solidarité n'est pas le seul modèle économique viable et respectueux de l'essence du mouvement solidaire qu'est le logiciel libre.
Bien sûr, il n'y a rien de mal à vouloir rentabiliser un logiciel libre. Si ma mémoire est bonne, le Grand Manitou lui-même, j'ai nommé Richard Matthiew Stallman, n'a pas hésité à vendre des copies d'Emacs.
C'est possible, mais on pourrait réfléchir sur ça quand même.
Stallman a en effet toujours dit que libre ne signifie pas gratuit, mais quelles en sont les réelles raisons ? Officiellement c'est parce que vendre doit être une liberté très importante et qu'un mouvement qui se dit lui-même libre se doit de défendre toute liberté... ouai... c'est pas si simple.
La notion de liberté est très subtile, on peut lui faire dire tout et n'importe quoi. Je pourrais dire par exemple qu'une très grande liberté est offerte par une société qui appliquerait la "loi de la jungle" et j'aurais raison : on y a la grande liberté de tuer quelqu'un si on en a les moyens, ça enlève peut être la liberté de vivre à certains mais globalement si on compte le nombre de libertés on en a plus : liberté de vivre et liberté de tuer quelqu'un. Certes tous n'exercent pas ces libertés mais il y en a plus.
On remarque là que la notion de liberté ne se suffit pas à elle-même, c'est mieux si elle va avec l'égalité de la liberté. Or l'égalité de la liberté va automatiquement avec la suppression de certaines libertés (si tous ont la liberté de vivre, plus personne n'a celle de tuer, et hop une liberté de moins). Quel est alors réellement le système le plus libre ? personnellement j'aurais tendance à dire que c'est celui où le meurtre n'est pas permis, mais ce ne sera qu'une interprétation subjective de "la liberté" de ma part.
Ainsi on a avec une licence comme la GPL, une interdiction de distribution si on ne partage pas le code. C'est de manière évidente la perte d'une liberté : celle de distribuer des logiciels sans se faire voler son travail par les autres... eh oui le libre c'est pas libre, paradoxal hein ?
En réalité, comme tout le monde le sait je suppose, la perte de cette liberté permet d'assurer la garantie d'autres libertés : celles de pouvoir toujours réutiliser le travail des autres, et cette liberté est forcément exercée par un bien plus grand nombre de personnes. Là où en autorisant à cacher le code, la personne pouvait exercer sa liberté exclusive sur ce code, avec la GPL, tout travail issu de code sous GPL pourra faire l'objet de la liberté de tous les membres de la communauté, pas seulement de celui qui a fait l'apport de code. Donc il s'agit là aussi d'une extension de l'égalité de la liberté d'utiliser le code, au détriment d'une liberté d'utilisation exclusive du code.
Examinons maintenant la commercialisation du code défendue actuellement par le mouvement du libre. Si on l'autorise, ça permet aux personnes qui créent le code d'avoir la liberté de gagner de l'argent, mais si on l'interdit, ca permettrait à plus de personnes d'être sûr d'avoir la liberté de profiter de ce code, le créateur du code n'ayant plus la liberté de restreindre la distribution en demandant de l'argent en échange, ne pourrait que donner le code. Donc là aussi comme précédemment, interdire la commercialisation permettrait une extension de l'égalité de la liberté d'exploiter le code, au détriment de la liberté d'exclusivité de ce code pour son auteur. (là c'est aps une stricte exclusivité mais quand même une tendance à restreindre l'utilisation pour les autres).
On pourrait se dire que de toute façon l'auteur a la liberté de ne pas divulguer son code et que personne ne peut l'en empêcher alors pourquoi ne pas le laisser vendre si dans le cas inverse il ne le divulguerait pas ? D'ailleurs le même argument est là pour la liberté qu'enlève la GPL : publier un logiciel sans le code. La personne risquerait de ne pas publier ni le logiciel ni le code si son code devait obligatoirement être "volé" par la communauté.
Ces arguments ne tiennent pas car dans la pratique si on laisse la liberté de vendre ou de ne pas publier le code, les personnes l'exercent, mais si on ne laisse pas cette liberté, on constate que les gens n'arrêtent pas de publier leur travail. D'autres mécanismes sociaux les poussent à le faire.
En suivant ce raisonnement on constate donc que ne pas vendre le code serait plus libre que le vendre (car plus grande égalité de la liberté). Mais il se trouve que ne pas vendre amène à ne pas pouvoir survivre puisqu'on a besoin d'argent dans notre société... et mourir de faim c'est moyen. Donc il faut pouvoir vendre.
Au début de mon raisonnement on devait vendre parce que c'était une liberté essentielle, et là il faut vendre par obligation, parce que sinon on ne survit pas. Il y a une différence fondamentale entre les deux : dans le premier cas on pourrait se dire que c'est très bien comme ça si c'est plus libre, mais dans le deuxième cas on peut légitimement contester la situation et vouloir arriver au cas où c'est plus libre (au sens où je l'entends en tout cas, d'une liberté optimisée, en tenant compte de l'égalité de la liberté).
Donc à la question Le logiciel libre doit-il être développé exclusivement sous l'égide d'organisations à but non lucratif et ce pour éviter que l'esprit du libre ne soit mis à rude épreuve par des entreprises dont le but, sinon ultime en tout cas principal, est de faire de l'argent et d'en faire le plus possible ? je répondrais oui puisqu'une telle organisation dans le monde de la programmation permet d'augmenter les libertés. Oui à condition que l'organisation en question soit réellement à but non lucratif bien sûr. Dans le cas de dérive elle serait rapidement délaissée par les personnes l'entourant.
Doit-on « acheter » la liberté logicielle en achetant, au juste prix, les logiciels libres que l'on utilise ? Doit-on s'acquitter d'un « impôt » du libre (consenti, sans obligation autre que morale) calculé par un ratio nombre/valeur des logiciels installés sur nos machines ?
Comme l'a dit Zenitram plus haut, ça ne marche pas parce que la plupart des gens n'obéissent pas en pemier à leur "morale". Pourquoi ? en partie parce qu'ils ont déjà leur argent à dépenser pulsionnellement dans des achats que par exemple la publicité leur forcera à faire. Sinon à quoi sert d'investir des milliards dans la publicité si ça ne manipule pas les gens ? ce serait une perte d'argent.
[^] # Oui
Posté par namor . En réponse au journal Le prix de la liberté. Évalué à 1.
En somme une économie de don.
http://www.adullact.org/IMG/pdf/doc-191.pdf
Bien sûr, il n'y a rien de mal à vouloir rentabiliser un logiciel libre. Si ma mémoire est bonne, le Grand Manitou lui-même, j'ai nommé Richard Matthiew Stallman, n'a pas hésité à vendre des copies d'Emacs.
C'est possible, mais on pourrait réfléchir sur ça quand même.
Stallman a en effet toujours dit que libre ne signifie pas gratuit, mais quelles en sont les réelles raisons ? Officiellement c'est parce que vendre doit être une liberté très importante et qu'un mouvement qui se dit lui-même libre se doit de défendre toute liberté... ouai... c'est pas si simple.
La notion de liberté est très subtile, on peut lui faire dire tout et n'importe quoi. Je pourrais dire par exemple qu'une très grande liberté est offerte par une société qui appliquerait la "loi de la jungle" et j'aurais raison : on y a la grande liberté de tuer quelqu'un si on en a les moyens, ça enlève peut être la liberté de vivre à certains mais globalement si on compte le nombre de libertés on en a plus : liberté de vivre et liberté de tuer quelqu'un. Certes tous n'exercent pas ces libertés mais il y en a plus.
On remarque là que la notion de liberté ne se suffit pas à elle-même, c'est mieux si elle va avec l'égalité de la liberté. Or l'égalité de la liberté va automatiquement avec la suppression de certaines libertés (si tous ont la liberté de vivre, plus personne n'a celle de tuer, et hop une liberté de moins). Quel est alors réellement le système le plus libre ? personnellement j'aurais tendance à dire que c'est celui où le meurtre n'est pas permis, mais ce ne sera qu'une interprétation subjective de "la liberté" de ma part.
Ainsi on a avec une licence comme la GPL, une interdiction de distribution si on ne partage pas le code. C'est de manière évidente la perte d'une liberté : celle de distribuer des logiciels sans se faire voler son travail par les autres... eh oui le libre c'est pas libre, paradoxal hein ?
En réalité, comme tout le monde le sait je suppose, la perte de cette liberté permet d'assurer la garantie d'autres libertés : celles de pouvoir toujours réutiliser le travail des autres, et cette liberté est forcément exercée par un bien plus grand nombre de personnes. Là où en autorisant à cacher le code, la personne pouvait exercer sa liberté exclusive sur ce code, avec la GPL, tout travail issu de code sous GPL pourra faire l'objet de la liberté de tous les membres de la communauté, pas seulement de celui qui a fait l'apport de code. Donc il s'agit là aussi d'une extension de l'égalité de la liberté d'utiliser le code, au détriment d'une liberté d'utilisation exclusive du code.
Examinons maintenant la commercialisation du code défendue actuellement par le mouvement du libre. Si on l'autorise, ça permet aux personnes qui créent le code d'avoir la liberté de gagner de l'argent, mais si on l'interdit, ca permettrait à plus de personnes d'être sûr d'avoir la liberté de profiter de ce code, le créateur du code n'ayant plus la liberté de restreindre la distribution en demandant de l'argent en échange, ne pourrait que donner le code. Donc là aussi comme précédemment, interdire la commercialisation permettrait une extension de l'égalité de la liberté d'exploiter le code, au détriment de la liberté d'exclusivité de ce code pour son auteur. (là c'est aps une stricte exclusivité mais quand même une tendance à restreindre l'utilisation pour les autres).
On pourrait se dire que de toute façon l'auteur a la liberté de ne pas divulguer son code et que personne ne peut l'en empêcher alors pourquoi ne pas le laisser vendre si dans le cas inverse il ne le divulguerait pas ? D'ailleurs le même argument est là pour la liberté qu'enlève la GPL : publier un logiciel sans le code. La personne risquerait de ne pas publier ni le logiciel ni le code si son code devait obligatoirement être "volé" par la communauté.
Ces arguments ne tiennent pas car dans la pratique si on laisse la liberté de vendre ou de ne pas publier le code, les personnes l'exercent, mais si on ne laisse pas cette liberté, on constate que les gens n'arrêtent pas de publier leur travail. D'autres mécanismes sociaux les poussent à le faire.
En suivant ce raisonnement on constate donc que ne pas vendre le code serait plus libre que le vendre (car plus grande égalité de la liberté). Mais il se trouve que ne pas vendre amène à ne pas pouvoir survivre puisqu'on a besoin d'argent dans notre société... et mourir de faim c'est moyen. Donc il faut pouvoir vendre.
Au début de mon raisonnement on devait vendre parce que c'était une liberté essentielle, et là il faut vendre par obligation, parce que sinon on ne survit pas. Il y a une différence fondamentale entre les deux : dans le premier cas on pourrait se dire que c'est très bien comme ça si c'est plus libre, mais dans le deuxième cas on peut légitimement contester la situation et vouloir arriver au cas où c'est plus libre (au sens où je l'entends en tout cas, d'une liberté optimisée, en tenant compte de l'égalité de la liberté).
Donc à la question Le logiciel libre doit-il être développé exclusivement sous l'égide d'organisations à but non lucratif et ce pour éviter que l'esprit du libre ne soit mis à rude épreuve par des entreprises dont le but, sinon ultime en tout cas principal, est de faire de l'argent et d'en faire le plus possible ? je répondrais oui puisqu'une telle organisation dans le monde de la programmation permet d'augmenter les libertés. Oui à condition que l'organisation en question soit réellement à but non lucratif bien sûr. Dans le cas de dérive elle serait rapidement délaissée par les personnes l'entourant.
Doit-on « acheter » la liberté logicielle en achetant, au juste prix, les logiciels libres que l'on utilise ? Doit-on s'acquitter d'un « impôt » du libre (consenti, sans obligation autre que morale) calculé par un ratio nombre/valeur des logiciels installés sur nos machines ?
Comme l'a dit Zenitram plus haut, ça ne marche pas parce que la plupart des gens n'obéissent pas en pemier à leur "morale". Pourquoi ? en partie parce qu'ils ont déjà leur argent à dépenser pulsionnellement dans des achats que par exemple la publicité leur forcera à faire. Sinon à quoi sert d'investir des milliards dans la publicité si ça ne manipule pas les gens ? ce serait une perte d'argent.