• [^] # Re: J'en ai trouvé une :-P !

    Posté par . En réponse au journal Python çaymal. Évalué à 2.

    « Les fautes basiques les plus fréquentes étant l'emploi de la forme infinitive d'un verbe en lieu et place de son participe passé comme, par exemple, « j'ai manger » et l'emploi du 't' à la première personne, du genre « je moulait ».
    Personne ne devrait faire ce genre de fautes récurrentes en ayant atteint le CM2 ! »

    Deux choses :

    1/ J'étais plutôt bon en orthographe et grammaire, ce qui ne m'a pas empêché de mettre des 't' à tous mes imparfaits lors d'une dictée en 4è. 14/20 en grammaire, mais 0/20 en dictée, ça marque suffisamment pour ne plus faire de fautes. Cela dit, je faisais déjà relativement peu de fautes, du coup forcément ça marque plus dans ce genre de cas. Ça signifie entre autres que les gens qui (se) sont persuadés qu'ils sont nuls en orthographe ou grammaire, de toute manière, ça ne leur fait plus ni chaud ni froid.

    Je réagis ici parce que dire « on devrait ne plus faire la faute en CM2 ! », c'est un peu facile. Je fais relativement peu de fautes, et j'ai toujours été bon élève en Français, mais si les dictées se sont perpétuées (au moins dans mon cas) jusqu'en 4è, voire en 3è, ce n'est pas pour rien. C'est qu'on estime que c'est nécessaire. Idem pour la lecture à voix haute [1]. Idéalement, il faudrait que tout le monde sache parler à la naissance. Et si possible, savoir résoudre des équations différentielles du second ordre. On sait jamais, ça peut servir. Si en plus, la compilation d'un noyau Linux est sue au troisième jour, c'est le bonheur. Sauf que ... Pas de secret, il faut de la pratique pour ces trois sujets. Et si la seule pratique du Français se fait en cours de Français (parce que l'élève lit peu; parce qu'en plus sa famille parle déjà mal la langue; etc.), alors exiger qu'un élève sache parfaitement parler et écrire le Français en CM2, cette langue si dure, remplie d'exceptions et de règles semi-exceptionnelles, je trouve ça un peu fort.

    2/ Il existe une réforme de l'orthographe en France. Elle est conspuée un peu partout. Elle enlève son 'i' à « oignon », elle supprime les accents circonflexes qui n'introduisent pas une précision sur le sens d'un mot (comme par exemple dans le cas d'homophones dont la seule différence dans l'orthographe est due à ces mêmes accents), etc. Certes, il ne s'agit pas de 't' ou d'infinitif. Certes, je ne me ferai sans doute jamais à cette réforme. Par contre, je ne ferai plus de remarques concernant l'orthographe lorsqu'il s'agira d'une forme... réformée. Pourquoi ? Tout simplement parce que vouloir s'accrocher à ces maudits circonflexes, qui eux-mêmes cachent des lettres muettes (le plus souvent des 's'), c'est aller contre l'évolution de la langue; que vouloir absolument garder le 'i' d'oignon, même si je préfère cette orthographe, c'est forcer les gens à se souvenir d'une énième exception. Bref, si en acceptant l'orthographe simplifiée que nous proposent les dernières réformes de notre langue, on permet à nos chères têtes blondes de plus se concentrer sur les 't' ou les 's' qui vont au bon endroit à l'imparfait; si l'infinitif arrête d'être confondu avec le participe passé grâce à d'autres simplifications orthographiques et logiques [2]; alors je suis pour la réforme.

    Évidemment, ce point n°2 n'est pas directement lié à ce que tu disais. Sauf que... Sauf qu'après les 't' et les mauvaises conjugaisons de verbe, je vois très souvent poindre les gens qui vomissent sur ces réformes (et je sais de quoi je parle, j'en ai fait partie). Du coup, c'est de la contre-argumentation préventive. Parce qu'à jouer un peu trop aux maîtres orthographiques et grammaticaux zélés, on en oublie que le pronom « on », par exemple, dénote un sujet neutre ou impersonnel. Que nous ne devrions pas l'utiliser en lieu et place de « nous ». Mais on le fait quand même. Parce que notre langue évolue, tant dans sa grammaire/conjugaison que dans son orthographe. Et qui, sait, peut-être qu'un jour, oOoOoOoh oui, un jour, elle sera mienn^W^W^Wle 't' sera considéré comme une terminaison normale pour les trois premières personnes de l'imparfait, étant donné le fait que le pronom personnel qui le précéderait ou le suivrait établirait un contexte non-ambigu. Va savoir.

    [1] Et là pour le coup, je rejoins Brighelli, qui pourtant a le don de m'insupporter sur pas mal de choses. Il explique très bien dans « La fabrique du crétin » que l'arrêt de la lecture à voix haute en seconde (et sans doute en troisième, je n'ai pas souvenir de l'avoir pratiquée cette année-là -- mais je peux me tromper) a aussi amplifié les problèmes liés à la langue française dans les classes. J'ai tendance à être d'accord.
    [2] Oui, logiques. Très important la logique. Par exemple, si d'aventure un réformateur voulait mettre des 'é' partout pour les infinitifs des verbes du premier groupe, ce serait totalement débile, tout bêtement à cause de la règle que tu as rappelée pour les verbes des 2è et 3è groupes (sauf « aller »... ;-) ) : on perdrait en cohérence pour la conjugaison des verbes.