• [^] # Re: Ça faisait longtemps..

    Posté par . En réponse au journal Une histoire de pirate.... Évalué à 3.

    Pour faire simple, le droit pour tous à l'accès au savoir et à la culture est un droit fondamental.

    De bien grands mots pour désigner 99% du warez.

    Est-ce que je pourrais invoquer ce droit pour entrer gratuitement à Disneyland? Après tout:
    - que je vienne ou pas, les infrastructures coûtent le même prix à entretenir,
    - y'en a qui se cultivent au musée, moi ma culture c'est Disneyland, ne me jugez pas.

    On en est un peu là aujourd'hui. D'un côté les grands mots (culture, savoir), et quand on s'intéresse aux faits, on voit juste défiler des Go encodés dans des formats propriétaires (marrant, je croyais que le but c'était de libérer la culture, pourquoi l'enchaîner volontairement quand on le choix?), diffusés par les moyens les plus pratiques (ils seraient foutus de les mettre sur pastebin en base64 si c'était ce qui marche le mieux), avec zéro, mais alors zéro réflexion éthique derrière: la pub on s'en fout, le codec propriétaire on s'en fout, quel est l'hébergeur on s'en fout.
    Le warez n'a absolument rien de politique, c'est juste une démarche qui consiste à avoir les films les plus convoités, les avoir vite, les avoir gratuit. Du "je veux que ça marche" qui ferait passer un utilisateur de Skype sous Ubuntu pour un dangereux intégriste du libre.

    Ça me rappelle le Parti Pirate qui publie un .doc:
    http://www.numerama.com/magazine/15907-le-parti-pirate-veut-(...)
    Ç'aurait été l'UMP, on leur aurait tapé dessus avec acharnement.
    C'est vraiment avec cette démarche-là qu'on va construire un monde meilleur? Beurk.

    L'accès au savoir, tu l'as déjà, y'a pas besoin de warez pour ça. Les brevets logiciels posent effectivement des problèmes de ce point de vue, mais l'information scientifique et technique est disponible, ça n'a rien à voir avec la question des droits d'auteur.


    De plus le terme de propriété intellectuelle, c'est du grand n'importe quoi.

    "Droit de conserver le monopôle sur la diffusion de l'oeuvre", si tu préfères. Tout simplement parce que si n'importe qui peut diffuser l'oeuvre sur laquelle tu veux faire un business, ton business tombe totalement à l'eau. Autrement dit, l'idée c'est d'interdire aux gens qui reçoivent une copie, de concurrencer celui à qui l'auteur à confié les droits. Afin que l'éditeur ne soit pas sauvagement concurrencé par des copies gratuites alors qu'il essaie d'en vendre.
    Je sais, avec le numérique c'est difficile d'empêcher la copie. Mais ce n'est pas parce que quelque chose est techniquement possible que c'est automatiquement souhaitable. C'est tout aussi difficile d'empêcher la diffusion des informations personnelles, des propos racistes ou de la diffamation, ce n'est pas pour autant qu'on va dire "Ah, Internet le permet, inutile de lutter, on accepte."


    La meilleur façon, à mon sens de favoriser la création est de concéder un monopole (relativement court de 5 à 20 selon le type d'œuvre) à l'auteur sur l'usage commercial (et seulement commercial) de son œuvre.

    Comment veux-tu faire une exploitation commerciale si n'importe qui peut te faire de la concurrence gratuite? Sur le logiciel tu peux vendre du service, sur le contenu audiovisuelle ce n'est pas envisageable.

    En bref, ce n'est pas parce que c'est techniquement possible, et que y'en a à qui ça fait envie, qu'il faut accepter sans réserve l'idée de copie à volonté des oeuvres, indépendamment de la volonté de leurs auteurs.

    Surtout étant donné le très faible engagement de la majorité des téléchargeurs illégaux en faveur d'une réelle liberté informatique. Peut-être que quand on verra les release se faire dans des formats libres, que les bénéfices des boards de warez seront en partie reversés aux artistes qui adoptent des licences libres, qu'on trouvera une offre plus diversifiée que "les 100 blockbusters les plus vendus", une promotion en faveur des oeuvres (logicielles, audiovisuelles) libres, bref un réel engagement en faveur, et de la culture, et de la liberté, ce discours serait crédible. Pour l'instant, ça fait surtout "caprice".

    THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.