Justement, j'ai l'impression que l'idée défendue ici c'est que cette surcharge de propriété intellectuelle freine justement les gains.
Les vêtements sont de plus grande nécessité que la musique ou les livres, oui, mais beaucoup de gens se contentent de peu, deux pantalons, quelques t-shirts, trois chemises, deux paires de chaussures à pas cher et solide, ça peut faire un budget très réduit par an.
Et les sous non dépensés en vêtements peuvent l'être en « culture », en particulier livres, films et musique.
Il pourrait y avoir un budget culture et divertissement (hors jeux vidéo, c'est vraiment un cas particulier) plus important que le budget vêtements.
Ce n'est pas le cas. Loin de là.
Le matériel mis en œuvre pour la fabrication de l'objet CD, DVD, livre, est de l'ordre de grandeur de celui nécessaire aux vêtements. Je parle bien ici de fabrication et non de création.
Ici on explique que pour ce qui est de la mode, la copie et le plagiat se font allègrement et dans le bonheur général. Le fabricant pompe les idées où il veut sans rien demander ni devoir à qui que ce soit, et se contente de fabriquer, pour certains à très bas prix, et vendent. Et cette copie fait vivre les créateurs, les grandes marques, parce qu'ils sont la référence, donc ce que les gens souhaitent avoir, par image. Le fait d'être copié donne de la valeur !
Si il n'y avait pas de propriété intellectuelle sur par exemple les livres, nul doute que des imprimeurs à bas prix en produiraient plein pour vraiment pas cher. Qualité de l'objet plus basse, disponibilité plus élevée. Le choix des titres à éditer se ferait simplement en regardant comment se débrouillent les grandes enseignes, le livre qui plaît, hop, plagié, copié, répliqué, disponible, lu encore plus !
Je crois que la thèse présentée ici c'est de dire que cet état de fait serait profitable à toute l'industrie du livre, y compris les « créateurs » qui profiteraient de la notoriété accrue de leurs produits les plus copiés. Et auraient l'image de marque de celui qui est à l'origine.
Ca ne marche pas si simplement que ça, les domaines ne sont pas directement transposables, et dans ce qu'on appelle la "culture", les vrais créateurs ne sont pas les plus rémunérés, c'est l'industrie qui l'est, très flagrant pour la musique en particulier. Mais le système complet est moisi pour la musique, et il n'est pas prêt de changer, parce que les puissants ont un paquet de pognon.
Mais ça marche quand même déjà un peu : combien de petits groupes inconnus font des petits concerts dans des bars, où ils jouent et chantent des chansons d'autres personnes ? Il est fort probable que la SACEM vienne leur pourrir la vie et leur pomper des sous, et si ce n'était pas le cas les petits groupes en vivraient peut-être plus aisément, et donc il y en aurait plus, et donc on irait plus facilement voir un concert au bar du coin.
Et quoi ? Et bien on découvrirait des chansons qui nous étaient peut-être inconnues, et on irait voir un peu l'auteur, le créateur, pour aller lui acheter directement ses CDs, ou assister à ses concerts.
C'est ce qui se passe avec le téléchargement, c'est une thèse aussi très discutée, et à mon avis très vraie : plus un auteur est "piraté", plus il est répandu, et a priori plus il gagne de sous. enfin ça devrait être le cas si le système n'était pas pourri jusqu'au trognon...
Quel autre moyen de convaincre ton voisin, un ami, de la famille, que tel artiste vaut le coup que de lui faire voir, écouter, lire une de ses œuvres, et sans payer le moindre centime à qui que ce soit ? Ca a toujours fonctionné ainsi, aujourd'hui c'est un fonctionnement planétaire et débridé, ce qui gène énormément les structures en place. Ca ne devrait pas. Si elles suivaient le modèle économique de la mode, elles vivraient des conséquences de ces plagiats.
Bref, tout ça se discute, mais pour ce qui est des revenus générés, la "culture", ici livre, musique et films, pourrait très largement dépasser la mode, le budget alloué par les gens à ces deux domaines pourrait être en faveur de la culture plutôt que des vêtements. De même les gens pourraient acheter bien plus de livres, de CD ou de DVD en achetant une clio au lieu d'un 4x4, les budgets pourraient s'inverser.
Ce n'est pas le cas, et il est bien possible que l'accessibilité soit un frein.
La musique c'est casse-couille, on est emmerdé par un support peu pratique : le CD, ou par des supports informatiques merdiques et plein de DRM, qui ne permettent pas d'écouter son machin sur son iPod et son auto-radio à la fois sans se faire chier comme un fou. Ca ne donne pas envie d'acheter.
Personne ne vient nous emmerder avec les fringues : on achète ce qu'on veut où on veut, on profite des soldes, on achète des marques plagiat ou originales, et on en fait ce qu'on veut, même les porter sous la douche, alors qu'on veut nous faire chier quand on siffle un refrain sous cette même douche !
Et c'est tout le principe du logiciel libre : copiez tant que vous voulez, faites comme vous voulez, faites-en ce que vous voulez, distribuez comme vous le souhaitez, gagnez des sous avec ça si vous en êtes capable. L'origine d'un logiciel est unique : il est presque toujours plus intéressant de contribuer à améliorer l'outil initial plutôt que de repartir de son côté : les cas de fork sont vraiment très rares.
Les retombées positives arrivent donc réellement sur les créateurs, et ça peut leur permettre d'en vivre, même si l'équilibre n'est pas forcément évident à trouver, mais ça c'est à cause de la jeunesse du secteur.
L'article nous explique en gros (à nous lecteurs de LinuxFR) que le domaine de la mode fonctionne sur le principe du logiciel libre, et que ça marche du tonnerre pour eux depuis bien longtemps.
Plutôt encourageant pour notre avenir de libristes non ?
[^] # Re: IP !
Posté par Yth (Mastodon) . En réponse au journal Modèle économique de la mode... transposable en informatique?. Évalué à 4.
Les vêtements sont de plus grande nécessité que la musique ou les livres, oui, mais beaucoup de gens se contentent de peu, deux pantalons, quelques t-shirts, trois chemises, deux paires de chaussures à pas cher et solide, ça peut faire un budget très réduit par an.
Et les sous non dépensés en vêtements peuvent l'être en « culture », en particulier livres, films et musique.
Il pourrait y avoir un budget culture et divertissement (hors jeux vidéo, c'est vraiment un cas particulier) plus important que le budget vêtements.
Ce n'est pas le cas. Loin de là.
Le matériel mis en œuvre pour la fabrication de l'objet CD, DVD, livre, est de l'ordre de grandeur de celui nécessaire aux vêtements. Je parle bien ici de fabrication et non de création.
Ici on explique que pour ce qui est de la mode, la copie et le plagiat se font allègrement et dans le bonheur général. Le fabricant pompe les idées où il veut sans rien demander ni devoir à qui que ce soit, et se contente de fabriquer, pour certains à très bas prix, et vendent. Et cette copie fait vivre les créateurs, les grandes marques, parce qu'ils sont la référence, donc ce que les gens souhaitent avoir, par image. Le fait d'être copié donne de la valeur !
Si il n'y avait pas de propriété intellectuelle sur par exemple les livres, nul doute que des imprimeurs à bas prix en produiraient plein pour vraiment pas cher. Qualité de l'objet plus basse, disponibilité plus élevée. Le choix des titres à éditer se ferait simplement en regardant comment se débrouillent les grandes enseignes, le livre qui plaît, hop, plagié, copié, répliqué, disponible, lu encore plus !
Je crois que la thèse présentée ici c'est de dire que cet état de fait serait profitable à toute l'industrie du livre, y compris les « créateurs » qui profiteraient de la notoriété accrue de leurs produits les plus copiés. Et auraient l'image de marque de celui qui est à l'origine.
Ca ne marche pas si simplement que ça, les domaines ne sont pas directement transposables, et dans ce qu'on appelle la "culture", les vrais créateurs ne sont pas les plus rémunérés, c'est l'industrie qui l'est, très flagrant pour la musique en particulier. Mais le système complet est moisi pour la musique, et il n'est pas prêt de changer, parce que les puissants ont un paquet de pognon.
Mais ça marche quand même déjà un peu : combien de petits groupes inconnus font des petits concerts dans des bars, où ils jouent et chantent des chansons d'autres personnes ? Il est fort probable que la SACEM vienne leur pourrir la vie et leur pomper des sous, et si ce n'était pas le cas les petits groupes en vivraient peut-être plus aisément, et donc il y en aurait plus, et donc on irait plus facilement voir un concert au bar du coin.
Et quoi ? Et bien on découvrirait des chansons qui nous étaient peut-être inconnues, et on irait voir un peu l'auteur, le créateur, pour aller lui acheter directement ses CDs, ou assister à ses concerts.
C'est ce qui se passe avec le téléchargement, c'est une thèse aussi très discutée, et à mon avis très vraie : plus un auteur est "piraté", plus il est répandu, et a priori plus il gagne de sous. enfin ça devrait être le cas si le système n'était pas pourri jusqu'au trognon...
Quel autre moyen de convaincre ton voisin, un ami, de la famille, que tel artiste vaut le coup que de lui faire voir, écouter, lire une de ses œuvres, et sans payer le moindre centime à qui que ce soit ? Ca a toujours fonctionné ainsi, aujourd'hui c'est un fonctionnement planétaire et débridé, ce qui gène énormément les structures en place. Ca ne devrait pas. Si elles suivaient le modèle économique de la mode, elles vivraient des conséquences de ces plagiats.
Bref, tout ça se discute, mais pour ce qui est des revenus générés, la "culture", ici livre, musique et films, pourrait très largement dépasser la mode, le budget alloué par les gens à ces deux domaines pourrait être en faveur de la culture plutôt que des vêtements. De même les gens pourraient acheter bien plus de livres, de CD ou de DVD en achetant une clio au lieu d'un 4x4, les budgets pourraient s'inverser.
Ce n'est pas le cas, et il est bien possible que l'accessibilité soit un frein.
La musique c'est casse-couille, on est emmerdé par un support peu pratique : le CD, ou par des supports informatiques merdiques et plein de DRM, qui ne permettent pas d'écouter son machin sur son iPod et son auto-radio à la fois sans se faire chier comme un fou. Ca ne donne pas envie d'acheter.
Personne ne vient nous emmerder avec les fringues : on achète ce qu'on veut où on veut, on profite des soldes, on achète des marques plagiat ou originales, et on en fait ce qu'on veut, même les porter sous la douche, alors qu'on veut nous faire chier quand on siffle un refrain sous cette même douche !
Et c'est tout le principe du logiciel libre : copiez tant que vous voulez, faites comme vous voulez, faites-en ce que vous voulez, distribuez comme vous le souhaitez, gagnez des sous avec ça si vous en êtes capable. L'origine d'un logiciel est unique : il est presque toujours plus intéressant de contribuer à améliorer l'outil initial plutôt que de repartir de son côté : les cas de fork sont vraiment très rares.
Les retombées positives arrivent donc réellement sur les créateurs, et ça peut leur permettre d'en vivre, même si l'équilibre n'est pas forcément évident à trouver, mais ça c'est à cause de la jeunesse du secteur.
L'article nous explique en gros (à nous lecteurs de LinuxFR) que le domaine de la mode fonctionne sur le principe du logiciel libre, et que ça marche du tonnerre pour eux depuis bien longtemps.
Plutôt encourageant pour notre avenir de libristes non ?
Yth.