Quelle maladresse de laisser ainsi le flou sur le sens de ces deux lettres...
IP pour Intellectual Property, j'ai mis un moment avant de comprendre, alors je le dis à tout le monde :
IP = Propriété Intellectuelle.
Donc en gros le tableau page 56 mis en avant par Tiwaz montre une courbe des revenus générés par chaque industrie en fonction de la quantité de propriété intellectuelle qui la concerne.
En premier et en très gros, la nourriture, très peu de propriété intellectuelle, quasiment aucune jusqu'aux semences OGM, n'importe qui peut copier une recette et proposer la même chose que son voisin sans restriction. La propriété intellectuelle entre par le biais des marques et du marketing, mais ça reste peu limitatif pour la concurrence.
Très très gros revenus : pas loin de 1000 milliard de dollars au USA en 2007.
En second, l'automobile, nettement plus de brevets, mais encore très peu, globalement tout les constructeurs proposent les mêmes options, tout se fait sur l'image de marque, mais la concurrence ne se fait pas dans les tribunaux.
900 milliards de dollars aux USA en 2007, presque aussi gros que la bouffe !
Ca chute ensuite drastiquement, mais la mode où tout l'idée de la présentation est de dire que la copie est possible, et donc la propriété intellectuelle faible, génère dans les 250 milliards de dollars aux USA en 2007.
A la fin on a les films, les livres et en dernier la musique. Trois domaines où chaque « création » est sur-protégée, on serre la vis de partout, on réglemente, etc... Surtout depuis Internet c'est du délire. Ben les revenus totaux n'ont pas l'air d'excéder environ 100 milliards de dollars aux USA en 2007.
En résumé, l'idée derrière tout ça, c'est que de laisser libre cours à la copie, au plagiat, ne tue pas une industrie, au contraire. Au niveau de la mode, les créateurs proposent des produits outrageusement hors de prix, mais on retrouve les idées chez des « sous-marques » qui copient éhontément, à des tarifs abordables pour le commun des mortels. Et donc la mode se répand, est accessible à tous, ce qui fait que les créateurs en haut de la chaîne se voient conforté dans leur position de maîtres de la mode, et engrangent aussi les bénéfices sur le produit de luxe. On paye la marque, on paye le créateur, et au final ils sont très content d'être copiés : ça augmente leur notoriété et ils peuvent se contenter de faire du luxe sans se soucier de faire de l'abordable.
Il n'y a pas de secret, si l'architecture PC est aujourd'hui l'essentiel de toute la micro-informatique c'est parce que c'était libre et librement copiable, plagiable à l'infini sans contraintes. IBM a créé, le reste du monde a produit. IBM reste la grosse marque, on achète chez IBM (entre autre) pour la qualité, on paie la marque, même si je trouve que c'est moins vrai en informatique. Le serveur SUN est extrêmement réputé par exemple, et des clients peuvent demander explicitement d'avoir du SUN, alors qu'un cluster de PC peut faire mieux, moins cher, en consommant moins.
Les standards *ouverts* se répandent ce n'est pas une grande nouvelle.
Mais ici on le voit de façon appliquée dans un domaine qui n'a rien à voir avec l'informatique, qui vit selon ses règles, et qui vit bien : la mode.
Depuis pas mal d'années j'ai l'impression que les centres commerciaux se transforment en magasins de fringues. Quand j'étais môme, il y avait des magasins très divers, de jeu, de bricolage, des papeteries, plein de trucs, dans les gros centres commerciaux.
Aujourd'hui pour trouver un bout de ficelle ou un tube de colle il faut aller dans le supermarché rayon bricolage Les magasins sont des magasins de bouffe et de fringues, le reste est négligeable, un opticien par-ci par-là, une boutique de bibelots débiles, la librairie est aussi entrée dans le supermarché...
Comme quoi la mode ça marche du tonnerre !
Et plus de librairies, plus de magasins de musique, plus de magasins de vidéos, plus de magasins d'art. tout est entré dans les grandes surface, rayon bouquins, DVD, CD, hop, c'est là qu'on trouve. Il n'y a plus de boutiques spécialisées. Alors que pour les fringues, il y en a partout partout, ça pullule tellement que je n'y comprend jamais rien et que je suis incapable de m'acheter un caleçon à la Défense !
Mais je suis aussi presque incapable de trouver un tube de néoprène : il faut aller à Auchan, et se payer les kilomètres de queue...
Et pourtant il y a un rayon fringue dans les grandes-surfaces, mais il ne bouffe pas les petits magasins.
# IP !
Posté par Yth (Mastodon) . En réponse au journal Modèle économique de la mode... transposable en informatique?. Évalué à 10.
IP pour Intellectual Property, j'ai mis un moment avant de comprendre, alors je le dis à tout le monde :
IP = Propriété Intellectuelle.
Donc en gros le tableau page 56 mis en avant par Tiwaz montre une courbe des revenus générés par chaque industrie en fonction de la quantité de propriété intellectuelle qui la concerne.
En premier et en très gros, la nourriture, très peu de propriété intellectuelle, quasiment aucune jusqu'aux semences OGM, n'importe qui peut copier une recette et proposer la même chose que son voisin sans restriction. La propriété intellectuelle entre par le biais des marques et du marketing, mais ça reste peu limitatif pour la concurrence.
Très très gros revenus : pas loin de 1000 milliard de dollars au USA en 2007.
En second, l'automobile, nettement plus de brevets, mais encore très peu, globalement tout les constructeurs proposent les mêmes options, tout se fait sur l'image de marque, mais la concurrence ne se fait pas dans les tribunaux.
900 milliards de dollars aux USA en 2007, presque aussi gros que la bouffe !
Ca chute ensuite drastiquement, mais la mode où tout l'idée de la présentation est de dire que la copie est possible, et donc la propriété intellectuelle faible, génère dans les 250 milliards de dollars aux USA en 2007.
A la fin on a les films, les livres et en dernier la musique. Trois domaines où chaque « création » est sur-protégée, on serre la vis de partout, on réglemente, etc... Surtout depuis Internet c'est du délire. Ben les revenus totaux n'ont pas l'air d'excéder environ 100 milliards de dollars aux USA en 2007.
En résumé, l'idée derrière tout ça, c'est que de laisser libre cours à la copie, au plagiat, ne tue pas une industrie, au contraire. Au niveau de la mode, les créateurs proposent des produits outrageusement hors de prix, mais on retrouve les idées chez des « sous-marques » qui copient éhontément, à des tarifs abordables pour le commun des mortels. Et donc la mode se répand, est accessible à tous, ce qui fait que les créateurs en haut de la chaîne se voient conforté dans leur position de maîtres de la mode, et engrangent aussi les bénéfices sur le produit de luxe. On paye la marque, on paye le créateur, et au final ils sont très content d'être copiés : ça augmente leur notoriété et ils peuvent se contenter de faire du luxe sans se soucier de faire de l'abordable.
Il n'y a pas de secret, si l'architecture PC est aujourd'hui l'essentiel de toute la micro-informatique c'est parce que c'était libre et librement copiable, plagiable à l'infini sans contraintes. IBM a créé, le reste du monde a produit. IBM reste la grosse marque, on achète chez IBM (entre autre) pour la qualité, on paie la marque, même si je trouve que c'est moins vrai en informatique. Le serveur SUN est extrêmement réputé par exemple, et des clients peuvent demander explicitement d'avoir du SUN, alors qu'un cluster de PC peut faire mieux, moins cher, en consommant moins.
Les standards *ouverts* se répandent ce n'est pas une grande nouvelle.
Mais ici on le voit de façon appliquée dans un domaine qui n'a rien à voir avec l'informatique, qui vit selon ses règles, et qui vit bien : la mode.
Depuis pas mal d'années j'ai l'impression que les centres commerciaux se transforment en magasins de fringues. Quand j'étais môme, il y avait des magasins très divers, de jeu, de bricolage, des papeteries, plein de trucs, dans les gros centres commerciaux.
Aujourd'hui pour trouver un bout de ficelle ou un tube de colle il faut aller dans le supermarché rayon bricolage Les magasins sont des magasins de bouffe et de fringues, le reste est négligeable, un opticien par-ci par-là, une boutique de bibelots débiles, la librairie est aussi entrée dans le supermarché...
Comme quoi la mode ça marche du tonnerre !
Et plus de librairies, plus de magasins de musique, plus de magasins de vidéos, plus de magasins d'art. tout est entré dans les grandes surface, rayon bouquins, DVD, CD, hop, c'est là qu'on trouve. Il n'y a plus de boutiques spécialisées. Alors que pour les fringues, il y en a partout partout, ça pullule tellement que je n'y comprend jamais rien et que je suis incapable de m'acheter un caleçon à la Défense !
Mais je suis aussi presque incapable de trouver un tube de néoprène : il faut aller à Auchan, et se payer les kilomètres de queue...
Et pourtant il y a un rayon fringue dans les grandes-surfaces, mais il ne bouffe pas les petits magasins.
Yth.