Dans les faits, je dirais qu'une musique (et plus généralement, toutes les oeuvres culturelles) t'emprisonnent de façon bien plus forte que les logiciels.
J'ai l'habitude de mesurer l'emprisonnement, en mesurant la difficulté qu'il y a à sortir de la supposée prison: si la porte est très difficile à pousser, on est en prison. C'est une mesure qui vaut ce qu'elle vaut.
Partant de là, qu'est-ce que je constate (et n'importe qui peut faire le test):
- si j'utilise des logiciels propriétaires, en suis-je prisonnier? Un peu ou beaucoup, selon mes habitudes et la quantité de données stockées dans des formats imbitables.
- si j'utilise des services propriétaires, en suis-je prisonnier? Ah, là ça coince un peu plus. Pas parce que c'est difficile de récupérer ses données depuis Google, Facebook et compagnie, et de les héberger sur localhost, mais parce qu'il va falloir expliquer à tous mes contacts comment me joindre maintenant. Changement d'adresse mail, bon ok. Remplacement de MSN par Jabber, aïe, la porte est déjà plus difficile à pousser. Pas pour des raisons techniques, mais pour des raisons humaines: mes amis sont dans la prison, et beaucoup refuseront d'en sortir pour me rendre visite.
- si j'écoute et regarde des oeuvres propriétaires, en suis-je prisonnier? Oui, énormément. Même si je n'en écoute pas, ni n'en regarde, d'ailleurs. Sans arrêt les proches, voire les très proches, qui proposent d'aller voir un film, de télécharger telle série, d'écouter telle chanson, y'a-un-concert-tu-viens?
Ça m'a pris un peu de temps de me libérer des logiciels propriétaires, mais c'était somme toute faisable: j'étais seul face à ma machine, à mon rythme. Et, socialement, à part quelques incompréhensions sur le fait que je ne regardais plus les sites en Flash et refusait les .doc, ça a peu affecté mes relations sociales.
Se barrer du service propriétaire "MSN", c'était déjà plus difficile. J'y ai perdu des contacts. La porte de la prison était un peu plus difficile à pousser. Mais bon, j'ai pu rester en contact avec d'autres.
Mais depuis que je rejette les oeuvres propriétaires, là je sens vraiment la lourdeur de la porte à pousser. Pas une journée ne se passe sans que ce choix (ou plutôt ce non-choix, c'est à dire le fait de cesser de choisir de financer le lobbying en faveur de DADVSI, HADOPI, ACTA, le pourrissage du matériel par des DRM, et ainsi de suite) se rappelle à moi. Les oeuvres propriétaires font partie de la culture commune, des sujets de conversations habituels, des référents culturels.
Dire "Non à Windows"? Facile. Dire "Non à MSN"? Plus difficile. Dire "Non à la SACEM?" Ben faut en vouloir. Vraiment.
La prison des oeuvres est une prison sociale. Elle nous tient par ce qui nous est souvent le plus cher, et par ceux qui nous sont chers. C'est finalement facile de refuser quelque chose tant que ce refus a peu d'impact social.
Avant de cliquer sur "inutile" ou de dégainer une réponse rageuse, essayez juste. On ne se rend compte de la solidité d'une prison que quand on essaie d'en sortir. Comme disait Néo dans.. Ah non, zut, j'ai rien dit.
THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.
[^] # Re: Les commentaires du blog
Posté par Grunt . En réponse au journal Canonical cherche des esclaves^W stagiaires pour travailler sur Ubuntu. Évalué à 9.
Une musique ne t'emprisonne pas.
Dans les faits, je dirais qu'une musique (et plus généralement, toutes les oeuvres culturelles) t'emprisonnent de façon bien plus forte que les logiciels.
J'ai l'habitude de mesurer l'emprisonnement, en mesurant la difficulté qu'il y a à sortir de la supposée prison: si la porte est très difficile à pousser, on est en prison. C'est une mesure qui vaut ce qu'elle vaut.
Partant de là, qu'est-ce que je constate (et n'importe qui peut faire le test):
- si j'utilise des logiciels propriétaires, en suis-je prisonnier? Un peu ou beaucoup, selon mes habitudes et la quantité de données stockées dans des formats imbitables.
- si j'utilise des services propriétaires, en suis-je prisonnier? Ah, là ça coince un peu plus. Pas parce que c'est difficile de récupérer ses données depuis Google, Facebook et compagnie, et de les héberger sur localhost, mais parce qu'il va falloir expliquer à tous mes contacts comment me joindre maintenant. Changement d'adresse mail, bon ok. Remplacement de MSN par Jabber, aïe, la porte est déjà plus difficile à pousser. Pas pour des raisons techniques, mais pour des raisons humaines: mes amis sont dans la prison, et beaucoup refuseront d'en sortir pour me rendre visite.
- si j'écoute et regarde des oeuvres propriétaires, en suis-je prisonnier? Oui, énormément. Même si je n'en écoute pas, ni n'en regarde, d'ailleurs. Sans arrêt les proches, voire les très proches, qui proposent d'aller voir un film, de télécharger telle série, d'écouter telle chanson, y'a-un-concert-tu-viens?
Ça m'a pris un peu de temps de me libérer des logiciels propriétaires, mais c'était somme toute faisable: j'étais seul face à ma machine, à mon rythme. Et, socialement, à part quelques incompréhensions sur le fait que je ne regardais plus les sites en Flash et refusait les .doc, ça a peu affecté mes relations sociales.
Se barrer du service propriétaire "MSN", c'était déjà plus difficile. J'y ai perdu des contacts. La porte de la prison était un peu plus difficile à pousser. Mais bon, j'ai pu rester en contact avec d'autres.
Mais depuis que je rejette les oeuvres propriétaires, là je sens vraiment la lourdeur de la porte à pousser. Pas une journée ne se passe sans que ce choix (ou plutôt ce non-choix, c'est à dire le fait de cesser de choisir de financer le lobbying en faveur de DADVSI, HADOPI, ACTA, le pourrissage du matériel par des DRM, et ainsi de suite) se rappelle à moi. Les oeuvres propriétaires font partie de la culture commune, des sujets de conversations habituels, des référents culturels.
Dire "Non à Windows"? Facile. Dire "Non à MSN"? Plus difficile. Dire "Non à la SACEM?" Ben faut en vouloir. Vraiment.
La prison des oeuvres est une prison sociale. Elle nous tient par ce qui nous est souvent le plus cher, et par ceux qui nous sont chers. C'est finalement facile de refuser quelque chose tant que ce refus a peu d'impact social.
Avant de cliquer sur "inutile" ou de dégainer une réponse rageuse, essayez juste. On ne se rend compte de la solidité d'une prison que quand on essaie d'en sortir. Comme disait Néo dans.. Ah non, zut, j'ai rien dit.
THIS IS JUST A PLACEHOLDER. YOU SHOULD NEVER SEE THIS STRING.