• [^] # Re: progrès technique ...

    Posté par . En réponse au journal Bientôt des journaux LinuxFr générées automatiquement ?. Évalué à -1.

    Hé bien ce progrès technique qu'on nous a tant vanté, qu'apportera-t-il et à qui ?

    Doit-on le repousser comme le suggérait Barjavel, il reviendra au galop ?
    C'est pourtant ce qu'on nous offre en spectacle aujourd'hui : les journalistes contre google, les libraires contre google, etc... que deviendront les journalistes plutôt que que deviendront les informations, que deviendront les libraires avant que deviendront les livres. La qualité de l'information et du service passe alors au premier plan pour servir de bouclier aux métiers qui se cachent derrière.
    Que deviendront les cochers et les cireurs de pompes se moquait-on du temps du Baron Sellières ?

    La question sur la qualité étant peu à peu remplacée ou cachant celle de l'économie et de la privation de revenus de ceux qui en vivent, on doit la porter sur le bénéfice de ces économies réalisées.
    Le client bien-sûr nous dira-t-on, l'actionnaire plus sûrement, mais plus discrètement aussi. Et le journaliste ? Et le commerçant ? (pensons très fort à tous les épiciers remplacés par les hypermarchés ou les travailleurs de la houille qui font la queue chez Paul)

    Ce matin France Info (décidément très écoutée ici) parlait des cyberpunks, que contrairement à ce qui avait été écrit, les gosses d'aujourd'hui ne pilotent pas les satellites avec leur montre à quartz (quoi on nous aurait menti ? il s'agissait de fiction ? l'essentiel n'était pas dans les détails ?). Bien des auteurs de science-fiction ou des publicitaires (c'est un peu le même métier) nous aurons vanté les mérites de l'automatisation, de la robotisation, du monde meilleur qu'il en résultait naturellement. D'autres nous ont prévenus (plutot la science-fiction que les publicitaires) des dangers de l'automatisation et du manque de controle des hommes sur les machines dont ils dépendent. Mais on peut aussi remonter plus loin, à l'ère de l'industrialisation, pour retrouver des réflexions sur le bénéfice de ces factorisations.
    A qui donc profite l'automatisation ? A ceux qui ont un travail pour payer les services des machines, et qui demain rejoindront les autres. Ces autres qui deviennent inutiles car improductifs au sens marchand.

    Quelle société qui intègre ces travailleurs devenus improductifs, et absorbe le financement d'activités non commerciales ? Car si hier la chair à canon pouvait servir à réduire la surabondance de main d'oeuvre, il est à espérer qu'aujourd'hui notre société trouve d'autres solutions... La société de la connaissance est l'issue la plus souhaitable, le libre et la répartition des droits d'auteur, la gratuité des ressources produites, qui devrait être financées par les gains de productivité qui font disparaître l'emploi.

    Reste à définir ce mode de financement. Qui voudra payer ce qu'il peut avoir gratuitement ? D'un côté ceux qui ont la chance d'avoir encore un emploi, de l'autre ceux qui vivent des économies générées par l'automatisation. Qui paiera pour ceux qui pourraient mettre leur temps et leurs comptétences construire des bases de connaissance ? Car de scanner, rechercher dans une base, ou synthétiser des informations, à construire des archives, des bases de données, des logiciels, et des articles encyclopédiques, il y a un très long chemin. (pour ceux que ça pourrait déranger, la virgule avant le "et" indique que le caractère encyclopédique ne s'applique pas au logiciel, mais seulement aux articles)

    Et si le journaliste s'étonne que les gosses d'aujourd'hui sont engourdis par les jeux, aliénés par la consommation qui rapporte, incapables de piloter des satellites ou de visiter l'intranet de la CIA (le KGB est peut-être resté au papier, c'est plus sûr, puisqu'on n'en parle pas dans les films), chacun ici sait que l'ère d'internet, du réseau, est une révolution qui change la société en profondeur, tant sur les modes de transmission des donénes, que sur une foule d'outils nouveaux qu'il convient de maîtriser, et qui seront obsolètes à peine assimilés.

    Peut-être le journaliste devrait-il s'interroger sur le devenir de cette société en pleine mutation, et le sens des signaux qu'il transmet sans qu'il semble essayer de les comprendre.