• # 2 cents

    Posté par . En réponse au journal La quadrature du net en difficulté. Évalué à 3.

    Je vais profter du vendredi pour exprimer ma gêne sur le sujet :
    Je n'aime pas l'amalgame qui a été fait entre téléchargement et logiciels libres. Que ceux pompant des films et des musiques sur les réseaux P2P se soient servis de l'argument "logiciel libre" pour défendre le téléchargement illégal, ça me reste en travers de la gorge. (en fait pour être honnête il s'agit d'une conjonction d'intérêts qui a mené à cette situation. Mais cette conjonction d'intérêts n'aurait pas dû mener à une mise en commun du discours.)
    J'ai plusieurs fois trouvé très limite certains articles publié sur PCinpact. Pourtant ce média excelle bien souvent, et là encore j'ai trouvé que se servir de la réputation de ce média pour y publier des articles défendant clairement une position "tout gratuit, téléchargeons" m'a également géné : clairement j'ai trouvé cela totalement démagogique.

    Mr Bayard a un discours d'une telle limpidité, malgrès une prise en compte de la complexité du problème, que c'est un régal de l'écouter (plus que de le lire). Mais je crois simplement, et bien humblement, qu'à partir du moment où "on" a commencé à défendre des positions, des propositions, alors que peut être "on" aurait dû se contenter de pointer la réalité de la globalité du problème, on a pactisé avec le diable. J'exagère, bien sûr, mais néanmoins, le risque est pris de voir le logiciel libre mis dans le même sac que des demandes de solutions de type "licence globale" (pour le téléchargement). Or je ne crois que cela soit aux intellectuels de proposer des modèles économiques aux industriels. Si ces derniers se sont laisser déborder, tant pis pour eux, ils seront remplacés par de nouvelles industries et de nouveaux acteurs. Pointer les dangers du verrouillage du marché, et rapeller l'importance d'une vraie inter-opérabilité, ok. Mais se transformer en centre de la défense des intérêts des téléchargeurs : pas d'accord + danger et démagogie.

    L'édition commence à proposer, par contre, des choses intéressantes, par la voix d'une entreprise française, pour les livres électroniques. Les drm empêchent de copier (c'est bien ça évite le piratage, mais c'est con aussi ça empêche l'interopérabilité et ça empêche aussi de préter son livre à un pote... sans le donner à la terre entière). Les drm, donc, et finalement, empêche de pouvoir jouir du bien posséder. Alors pourquoi posséder ce bien sur son ordi ? Pourquoi ne pas confier cela à un service en ligne web2.0 ?
    Bien entendu cette société ne présente pas sa solution comme cela, mais c'est ce que moi j'en retiens car c'est il me semble très très intéressant.
    1. ne pas permettre le partage n'importe comment de fichiers protégés
    2. préserver le modèle économique actuel, ajoutant simplement la dimension "électronique"
    3. garantir l'interopérabilité et l'accès depuis de multiples plateformes.
    4. fédérer les acteurs autours de formats standardisés et pérennes
    Je ne sais si cette société va réussir à devenir partenaire des éditeurs, mais je suis sûr que les éditeurs vont être très attentifs à l'idée ;) Ben ouaih, car après tout : le fichier drmisé est présent sur mon ordi, ok, mais je peux rien en faire (d'ailleurs mon ordi comprends pas les drm...), alors pourquoi ne pas plutôt y avoir accès en-ligne ? physiquement il est pas sur mon ordi, mais réellement j'ai plus de liberté.

    Mes deux cents à moi qui ne quitte pas sa place de grain de sable sur une plage ;-)