• [^] # Re: Bof

    Posté par . En réponse au journal [HS] l'hyperlivre ou l'hypermoyen d'organiser l'hyperconsumérisme des hyperpigeons. Évalué à 3.

    avec l'excuse des emplois, on aurait encore les poiçonneurs au métro

    Si tu me lis attentivement, tu constateras qu'en aucun cas je n'invoque ou ne cherche des excuses. Des excuses à propos de quoi, à quel titre ?

    Les poinçonneurs du métro sont particulièrement mal choisis ; savoir-faire proche de zéro, utilité purement économique, tant que le progrès technique n'avait pas fait mieux. Pour les employés de l'édition, de le même manière que ceux, disparus, de l'imprimerie dont j'ai dit pourquoi, particulièrement pour les correcteurs, on peut les regretter, la perte est celle d'emplois intellectuels utiles à une certaine forme de production.

    Ce que je crains ce n'est pas la perte d'un métier mais celle de certaines connaissances intellectuelles.

    Par ailleurs on a pu voir le gag (est-ce un gag ?) de la disparition de 1984 pour certains clients d'Amazon.

    Pour le livre classique, la perte du support équivaut à la perte du contenu. On a fait un progrès : désormais, on peut conserver le support et perdre le contenu.

    Question d'habitude : tu peux faire exactement la même chose avec un lecteur d'ebook.

    Avec les supports classiques, je ne cherche rien à faire quand je mémorise. C'est un résultat que j'obtiens à mon insu, sans le rechercher. Je ne suis pas sûr du tout d'obtenir le même résultat avec un livre électronique. La mémoire dont je parlais est étroitement liée à la manipulation physique de l'objet livre. Autant il est possible de se repérer spatialement sur les propriétés gauche et droite et en haut et en bas des pages, autant le repérage en début et en fin de livre risque de sauter.

    Je ne parlerai pas par crainte d'être partial de la notion physique d'être en fin de livre (est-ce que je veille un peu pour le finir ?) parce que le nombre de pages qui restent à lire se voit bien. Il est possible de trouver des succédanés.

    J'oubliais. Je suis intoxiqué jusqu'à la moelle par la lecture et par les livres. Il est normal que je craigne que le livre électronique soit une pauvre contrepartie au vrai livre.

    Ce qui me surprend, c'est le conservatisme par rapport à la technologie

    Je ne suis pas un conservateur. Pour la musique enregistrée, ça fait longtemps que j'ai converti en FLAC mes CD. Pour acheter directement du FLAC ou équivalent libre, j'attends qu'on m'en propose. En l'espèce le conservatisme n'est pas de mon côté. Je ne porte plus de chandails en laine d'animal, mais en polaire, tant qu'il y a du pétrole. J'attends des FAI qu'ils respectent la neutralité d'Internet, qu'on puisse faire de la téléphonie, et plus, sur IP. De ce côté-là aussi, ce n'est pas de mon bord que le progrès est bloqué.

    C'est pourquoi quand les marchands veulent me faire croire qu'ils sont plus progressistes que moi je me méfie... Dans le livre électronique, le principal progrès qu'ils attendent sont peut-être bien les DRM...

    Ceci dit, si un jour il n'y a plus que ça, je lirai mes livres sur un support électronique. C'est d'ailleurs un support qui se prête assez bien à certains types d'ouvrages, au contenu particulièrement labile, tels que les manuels de logiciels, toujours en évolution, ou les mémoires des vedettes du moment.