• [^] # Re: Logique

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Année record pour le cinéma: bravo au piratage !. Évalué à 10.

    - Faudrait qu'on m'explique comment autant d'internautes arrivent à considérer comme indispensable d'utiliser un client de P2P over-chiffré garanti anti-Hadopi pour échanger une des milliers de copies d'un fichier avec de parfaits inconnus, tout en faisant sa déclaration d'amour sur Facebook ou via MSN sans la moindre once de chiffrement.

    Tout simplement parce que tu ne risques une condamnation si tu fais ta déclaration d'amour sur Facebook ou WLM. D'ailleurs cette question de la confidentialité sur ces plateformes commence à avoir beaucoup plus sa place dans les questionnements des utilisateurs (enfin, il me semble, et je l'espère). Enfin il faut voir que la confidentialité des données personnelles et la gestion du patrimoine ne sont pas du tout placés, légalement, à la même enseigne. Selon moi, le problème Facebook et WLM et infiniment plus grave (alors qu'il semble plus anodin) que le problème du droit d'auteur. Pour corroborer ce que je dis, je cite Eolas (http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/vu_sur_le_web/2009(...) )

    N'est-il pas fort distrayant de voir ceux-la même qui piétinent allègrement les droits des auteurs réclamer le respect de leur droit a la vie privée en ligne ? Mes droits oui, ceux des autres non ?

    Ce sont deux droits de nature différente, et les auteurs jouissant d'un brin de notoriété ne dédaignent pas non plus s'offusquer de la publication de photos ou d'infos privées les concernant. Les droits d'auteurs dont les artistes exigent le respect sont purement patrimoniaux. Il s'agit de leur rémunération. Le droit à la vie privée est un droit de la personnalité, un droit de l'homme en quelque sorte. Voyez la convention européenne des droits de l'homme. Elle protège la vie privée (art. 8). Elle est muette sur les droits d'auteur, qui relèvent de l'OMC.


    - "Quand on voit que ce sont les mêmes grands succès commerciaux (qui, niveau culture, bof bof) "
    Ben moi j'aime Star Trek... :) Par contre Transformers j'ai pas vu.

    - "La culture uniformisée, qui consiste à posséder à tout prix une copie du dernier blockbuster dont la TV nous a vanté les mérite, sans s'intéresser au reste, c'est pas crédible."
    La première partie est vraie à mon sens, mais elle l'est avec ou sans téléchargement. Les CD de Johnny et Britney Spears ont toujours été parmi les mieux vendu, et les Beatles à leur époque en Angleterre. Mais la liberté (non légale, mais technique) de télécharger de nombreux morceaux a permis à de nombreux groupes de sortir d'un anonymat complet. Je connais un groupe de Jazz, qui fait de la musique depuis presque 30 ans, qui a dit que le téléchargement l'a fait connaître, et que maintenant ses concerts ont beaucoup plus de public qu'à l'époque ou les gens étaient limités dans leurs choix. Alors peut être que ça ne concerne que 5, 15, 15% des gens, que sais-je... mais pourquoi les oublier ?

    - "Sauf qu'installer apache et rediriger le port 80 pour héberger son site perso, ça a l'air super compliqué, coûteux en électricité et tout et tout. Dès qu'il s'agit d'installer eMule, de rediriger un port TCP et un autre UDP, et de laisser tourner la babasse toute la nuit, ce ne sont plus des obstacles."

    Ce sont divers morceaux discours qu'on entends, en effet, mais je ne crois pas que ça soit les même qui en prononcent toutes les parties. Je vois où tu veux en venir, et je suis très loin de dire que ce que tu dis est faux. Mais je pense que dans ton désir de faire comprendre ton point de vue, tu mets tout le monde dans le même panier, et sans le vouloir tu joues le jeu des majors (risque d'amalgames etc...) sauf que contrairement à eux, tu le fais dans le cadre d'une vision politique voire sociale, mais eux dans un but purement économico-rentable.

    A mon avis, la disparition du téléchargement par P2P ne serait pas une victoire de la culture, car ce serait toujours les blockbusters qui prendraient la part du lion en écransant toutes les autres œuvres. Les œuvres libres n'ont en effet pas encore trouvé leur rythme de croisière, mais j'espère que ça va finir par venir aussi de ce côté là.