• [^] # Re: Mon dieu quelle horreur

    Posté par . En réponse au journal Projet Églantine et les ouinedoziens - Épisode 2. Évalué à 4.

    Je ne peux qu'être totalement en désaccord avec ce que tu écris

    C'est ton droit.

    je trouve ton point de vue très intégriste et élitiste.

    Si tu souhaites appeller ça ainsi. Je déplore juste qu'on promeuve bec et ongles un système dont les atouts principaux disparaissent au fur et à mesure de la promotion.

    Après, que ce soit la méthode de promotion (Ubuntu & co, sans parler des blaireaux qui collent du Linux partout sans réfléchir trente secondes à la pertinence de leur solution) qui montre ses limites, ou bien le produit lui-même qui ne soit pas aussi génial qu'on ait pu le croire, je ne sais pas. Reste qu'on est en train de flinguer le pingouin aux œufs d'or.

    Il faudrait déjà que cette communauté se dilue avec l'arrivée de jean-kevins et mesdames michu. Faire partie d'une communauté c'est d'abord que celui qui veut en faire partie ait l'envie, et que la communauté l'accepte en son sein.

    Va (re)voir un forum d'aide pour débutants Linux. Et reviens me soutenir que la communauté ne se dilue pas. Va (re)voir un forum d'informatique "généraliste" et les posts limite haineux des Linuxiens tous neufs qui clament du "Zindoz$ sux0r" à tour de bras. Et reviens me soutenir que la communauté ne se dilue pas.

    Du coup croire que parce que de simples utilisateurs vont intégrer une communauté, cette dernière va perdre en qualité c'est à mon sens faire preuve de prétention mal placée.

    Il y a des simples utilisateurs qui sont bénéfiques ou neutres. Moi-même, je n'ai rien codé d'utile depuis bien trop longtemps. Le hic, ce sont les utilisateurs néfastes, et désolé si le mot te choque. Celui qui va aller brailler sur son blog que Linux est une sous-merde parce que le dernier jeu à la mode ne marche pas. Le père de famille qui va passer de "je ne connais pas Linux" à "je me méfie de Linux" juste parce que le fiston aura installé ça sur l'ordinateur familial en omettant d'assurer le suivi.

    De manière générale tous les gens qui ont acheté un EeePC sous Xandros et en ont été déçus. Rien que de voir que la seule réaction unanime de la "communauté" à ce problème (et je n'ai pas été différent) a été "oui mais c'est normal, ces blaireaux d'Asus ils ont mis cette grosse bouse de Xandros", c'est terriblement révélateur.

    Trop de linuxiens, moi compris, sont contaminés jusqu'à la racine par le syndrome du "chez moi ça marche". En gros, on aide les gens tant qu'on comprend, et du moment où l'on ne comprend plus (et je persiste : le Linux "user-friendly" de 2009 est bien plus compliqué à comprendre dans son ensemble que celui de 99) on a tendance à accuser le matériel, l'utilisateur ou les fabricants de logiciels.

    Heureusement, il y a des gens - et pas des codeurs - qui prennent du temps pour vraiment expliquer les choses et accompagner les gens dans leur migration. Seulement, ça demande un certain talent et ça prend du temps. Et faute de l'un des deux, c'est bien pire que rien du tout.

    Ah ? Pour utiliser Mandriva sur mon portable perso, et XP pro au boulot je ne partage pas du tout cet avis.

    Tu vois ce que je veux dire par "chez moi ça marche"? C'est exactement les réponses que faisaient les réfractaires à Linux il y a dix ans ("mais mon Windows marche très bien comme ça!").

    Si si on peut !! Je n'ai pas de console ouverte et je m'en tire très bien, pourtant je suis totalement convaincu que dans certains cas elle est bien plus rapide et puissante que l'interface graphique, sauf que pour moi c'est inutile (dans le sens où je n'en ai pas l'utilité)

    Je sais pas, mais installation d'une Ubuntu à jour sur le portable d'une proche, il y a peu. Ne me demande pas ce qui a merdé exactement, mais suite au branchement d'un écran externe la résolution est fuckée. Très simple à régler (un coup de xrandr au démarrage de la session), mais c'est tout sauf élégant (après tout, c'est une rustine, pas une solution) et ça nécessite de fréquenter la ligne de commande. Et tout est un peu comme ça.

    Non que ça me dérange. Mais avoir fait semblant qu'on puisse se débrouiller sans, c'est hypocrite, contre-productif et dangereux à long terme. Je préfère largement prévenir mes utilisateurs de l'existence de la-dite console - déjà ça les stresse beaucoup moins quand, lors d'un dépannage à distance, je leur demande de l'ouvrir - quitte à ce qu'ils restent sous Windows si vraiment ça les effraie.

    Sauf que tes besoins de linuxien ne sont pas mes besoins de linuxien.

    Les besoins de base d'un ordinateur "desktop" sont à peu près les mêmes pour tout le monde. Linux ou pas. Aujourd'hui, Linux - du moins les distributions grand-public et bureautiques - est devenu un Windows gratuit sans virus : il fait globalement la même chose, pas fondamentalement mieux (et même bien pire sur certains points), et c'est tout. Pour la plupart des gens, Linux c'est ça. Je suis navré si ça te choque, mais ce n'est pas ce que j'escomptais, et j'ai la nette impression de n'être pas le seul.

    Et l'aspect "sans virus" n'est plus lié qu'à la masse d'utilisateurs, et non plus à des mécanismes qui rendent leur propagation difficile. Quand je vois le nombre de personnes qui installent sans aucune arrière pensée un .deb venu d'on ne sait où...

    La richesse de linux est dans la multitude des distributions ce qui permet de trouver la sienne.

    Celle-là, je l'ai trop entendue. Ce serait peut-être vrai si l'essentiel des utilisateurs (bureautique, laissons les serveurs tranquilles pour l'instant) n'étaient pas concentrés sur quatre distributions.

    En conclusion, je suis désolé si je te choque, et je reconnais que j'ai volontairement formulé ma pensée de manière brutale. Mais je suis de plus en plus déçu de la tournure que prend le monde Linux actuellement, tout du moins sur le poste de travail. J'ai le sentiment que si l'on avait été, il y a quelques années, moins enthousiastes et plus pragmatiques, on aurait pu éviter la débâcle qui se prépare.

    Je ne comprends même pas, pour reprendre l'exemple cité plus haut, qu'on n'ait pas davantage réagi à l'échec des netbooks Linux. J'ai l'impression qu'on a davantage cherché à prouver qu'il n'y avait pas d'échec qu'à le contrer. Cette incapacité à nous remettre en question pourra nous coûter cher avant longtemps.