• [^] # Re: Mon dieu quelle horreur

    Posté par . En réponse au journal Projet Églantine et les ouinedoziens - Épisode 2. Évalué à 8.

    Tu souhaites donc restreindre l'accès à Linux à des personnes triées sur le volet ?

    Non. Juste j'aimerais qu'on arrête d'utiliser pour défendre Linux un argumentaire qui n'est plus bon depuis qu'il est (a commencé à être) grand public. Typiquement le "les administrateurs sont plus cons sous windows que sous linux" du journal initial.

    J'ai vu en entreprise des "serveurs" Fedora avec le bon gros Gnome de base activé et un méchant "azerty" comme mot de passe admin. Alors certes, on va me rétorquer que c'est parce qu'un admin windows est passé par là. Et puis aussi que quand un windows est correctement administré, c'est que le responsable a été formé sous Linux? Ce serait tellement pratique...

    Ton discours me semble emprunt de supériorité et avec des gens comme toi, je n'utiliserais pas Linux (Mandriva pour citer la distribution que j'utilise).

    Mon discours est clair : une des grandes forces de Linux, c'est la qualité de sa communauté. Si la communauté se dilue dans un grand bain de jean-kevins et de madames michu, un des grands atout de Linux devient caduc.

    Ce que je trouve flippant c'est de refuser à d'autres le droit d'utiliser linux sous prétexte qu'ils le font avec des assistants graphiques (voire ils ne veulent pas entendre parler de la ligne de commande)

    Je ne refuse rien à personne. Je signale juste que les gens de chez Microsoft ou Apple ne sont pas plus cons que les développeurs bénévoles du libre, en moyenne. Quand j'ai lâché le monde Microsoft pour Linux, c'est parce que le premier avait une furieuse tendance (on était en plein Win95/98) à être imprévisible et erratique, malgré son abord plutôt agréable. Le second avait, en revanche, une appréciable capacité à marcher comme prévu, mais le payait pas un accès beaucoup moins aisé.

    Aujourd'hui, le monde Linux a intégré suffisamment de "sucre" pour pouvoir se comparer au voisin. Et de ce que je constate trop souvent, il peut aussi se comparer en matière de plantages inexpliqués et de petites merdes agaçantes. Et oui, c'est _aussi_ parce que je suis devenu moins courageux face à mon système. Autrefois, quand ça merdait, j'étais prêt à passer la nuit pour comprendre. Aujourd'hui, je préfère réinstaller que d'y passer trois jours. Et si tout le monde prend ce chemin, il ne faudra pas s'étonner que Linux - sur le bureau tout du moins - devienne une sorte de sous-Windows alors qu'il était promis à beaucoup mieux.

    La ligne de commande, justement, elle me gène bien plus qu'avant. Quand j'ai commencé, elle régnait en maître. Quelques années après, elle est restée incontournable malgré les environnements graphiques (KDE, Gnome, GNUstep) naissants : on savait qu'on en aurait besoin régulièrement. Aujourd'hui, on essaye de nous faire croire qu'on peut tout faire sans. Et c'est faux, et frustrant. Moi qui passe mon temps sur MON poste avec une console ouverte (au minimum), je me sens toujours trahi quand je dois recourir à ce genre de procédé sur les Linuxettes de mes proches.

    Arrêtons d'essayer de rendre Linux accessible à tous, et essayons déjà de faire en sorte qu'il convienne à nos besoins de linuxiens. Pour ma part, c'est de moins en moins le cas (et si j'y reste, c'est surtout parce que je n'ai rien de plus séduisant en vue).