> J'ajouterai qu'en matière de climat, je ne pense pas vraiment que le cahos soit vraiment problématique, c'est un faux argument
Non, les deux systèmes sont chaotiques et ont les mêmes problèmes de divergence des modèles.
L’objection des climato-sceptiques « naïve » (pour rester poli) est de dire que puisque nous ne savons pas prédire le temps sur une semaine, alors il est absurde de dire que nous ne pouvons pas le prédire dans dix ans. L’objection tout aussi naïve des réchauffistes (mais on ne va pas leur en vouloir : comme on dit chez moi, GIGO), est que les échelles de temps sont tellement différentes qu’elles ne peuvent pas être comparées.
Ça, c’est le débat niveau café du commerce (ou forum politique). Je vais essayer d’expliquer ce que j’ai compris du débat, du haut de mon niveau d’ingénieur pas du tout dans ce domaine à l’intention d’ingénieurs pas dans le domaine. Si certains ont des choses plus précises sans nécessiter d’avoir bossé dix ans dans le domaine, je suis preneur, ce sujet m’intéresse :)
Les modèles climatiques et météorologiques sont de même nature : des tonnes d’équations différentielles (appelons ce système d’équadiffs S)avec des tas de variables, et d’ordre comme de degré assez élevé.
Les seuls algorithmes connus pour résoudre de telles équations ont beau être raffinés, ils ne sont qu’une version astucieusement (mais pas qualitativement) plus intelligente que la méthode naïve :
(1) x(0) = x0, t(0) = 0
(2) remplacer dans S dx par delta(x), dt par delta(t). On obtient un système d’équations non différentielles S’
(3) connaissant (fixant) delta(t), x(n) et t(n) résoudre delta(x) (on sait le faire numériquement)
(4) on en déduit donc t(n+1) = t(n) + delta(t) et x(n+1) = x(n) + delta(x)
(5) retourner à (2)
Par récurrence, on connait tous les x(n) (x pouvant représenter la température, l’humidité,...) et t(n). On en déduit x(t)
Problème : cette méthode diverge très rapidement, d’où la difficulté à prédire le temps sur plus d’une semaine. Comment font les climatologues pour s’en sortir ? Simple, ils réduisent le nombre d’itérations en augmentant delta(t).
Le débat est donc : cette simplification est-elle valide ? dt représente une quantité infiniment petite de temps ; peut-on impunément remplacer dt par des jours, des mois, voire des années ? (à algorithme constant, réduire dt réduit les erreurs dues à cette approximation, mais augmente les itérations nécessaires et donc les erreurs provenant de la nature chaotique du système) Présenté comme ça, on serait tenté de répondre trivialement, non, mais la réponse n’est pas aussi simple, cela dépend de la modélisation physique sous-jacente : pour prendre une métaphore dans le domaine scientifique, il est parfaitement valide de prendre une « distance infiniment petite » comme étant 1 u.a., si l’on travaille à l’échelle de la galaxie, alors qu’un millimètre est beaucoup trop grand en électronique. Mon prof de physique en prépa m’avait montré un exemple où on pouvait assimiler une surface élémentaire (c’est à dire infiniment petite) à un... plan infini ! Pourquoi ? Parce que dans l’échelle où l’on faisait cette approximation (c’est à dire au degré 2), une surface infiniment petite (au degré un) apparaissait comme infiniment grande.
[^] # Re: Qu'est-ce que le principe de precaution ?
Posté par Moonz . En réponse au journal [HS] Pour en finir avec le réchauffement climatique anthropique.... Évalué à 2.
Non, les deux systèmes sont chaotiques et ont les mêmes problèmes de divergence des modèles.
L’objection des climato-sceptiques « naïve » (pour rester poli) est de dire que puisque nous ne savons pas prédire le temps sur une semaine, alors il est absurde de dire que nous ne pouvons pas le prédire dans dix ans. L’objection tout aussi naïve des réchauffistes (mais on ne va pas leur en vouloir : comme on dit chez moi, GIGO), est que les échelles de temps sont tellement différentes qu’elles ne peuvent pas être comparées.
Ça, c’est le débat niveau café du commerce (ou forum politique). Je vais essayer d’expliquer ce que j’ai compris du débat, du haut de mon niveau d’ingénieur pas du tout dans ce domaine à l’intention d’ingénieurs pas dans le domaine. Si certains ont des choses plus précises sans nécessiter d’avoir bossé dix ans dans le domaine, je suis preneur, ce sujet m’intéresse :)
Les modèles climatiques et météorologiques sont de même nature : des tonnes d’équations différentielles (appelons ce système d’équadiffs S)avec des tas de variables, et d’ordre comme de degré assez élevé.
Les seuls algorithmes connus pour résoudre de telles équations ont beau être raffinés, ils ne sont qu’une version astucieusement (mais pas qualitativement) plus intelligente que la méthode naïve :
(1) x(0) = x0, t(0) = 0
(2) remplacer dans S dx par delta(x), dt par delta(t). On obtient un système d’équations non différentielles S’
(3) connaissant (fixant) delta(t), x(n) et t(n) résoudre delta(x) (on sait le faire numériquement)
(4) on en déduit donc t(n+1) = t(n) + delta(t) et x(n+1) = x(n) + delta(x)
(5) retourner à (2)
Par récurrence, on connait tous les x(n) (x pouvant représenter la température, l’humidité,...) et t(n). On en déduit x(t)
Problème : cette méthode diverge très rapidement, d’où la difficulté à prédire le temps sur plus d’une semaine. Comment font les climatologues pour s’en sortir ? Simple, ils réduisent le nombre d’itérations en augmentant delta(t).
Le débat est donc : cette simplification est-elle valide ? dt représente une quantité infiniment petite de temps ; peut-on impunément remplacer dt par des jours, des mois, voire des années ? (à algorithme constant, réduire dt réduit les erreurs dues à cette approximation, mais augmente les itérations nécessaires et donc les erreurs provenant de la nature chaotique du système) Présenté comme ça, on serait tenté de répondre trivialement, non, mais la réponse n’est pas aussi simple, cela dépend de la modélisation physique sous-jacente : pour prendre une métaphore dans le domaine scientifique, il est parfaitement valide de prendre une « distance infiniment petite » comme étant 1 u.a., si l’on travaille à l’échelle de la galaxie, alors qu’un millimètre est beaucoup trop grand en électronique. Mon prof de physique en prépa m’avait montré un exemple où on pouvait assimiler une surface élémentaire (c’est à dire infiniment petite) à un... plan infini ! Pourquoi ? Parce que dans l’échelle où l’on faisait cette approximation (c’est à dire au degré 2), une surface infiniment petite (au degré un) apparaissait comme infiniment grande.