Oui, je comprends bien que les gens pensent qu'ils vivent dans un système qui n'est pas si mauvais que ça, et bien que je n'ai jamais testé ailleurs en réel, je conçois quand même que ça pourrait être pire.
Ensuite je pense qu'il ne faut pas se méprendre sur l'utilisation du mot démocratique. On peut en avoir d'autres acceptations que la mienne, mais je considère qu'un régime démocratique est un régime où le pouvoir est exercé pour le peuple, et pas uniquement en son nom. C'est pourquoi je ne considère pas un régime purement représentatif comme démocratique, à partir du moment où les représentants ne servent pas ceux qui les ont élus, ou que je considérerait plus démocratique un régime où les dirigeants sont toujours les mêmes mais sont sans cesse soumis à ne faire que les exécutants des lois populaires.
Après je ne considère pas spécialement la population française comme profondément satisfaite. On peut aimer des boulots qu'on n'aimait pas avant de les faire. On peut aimer un régime qu'on considère comme n'étant pas un choix qu'on a fait, ou qu'on aurait fait. Qu'on vive dans un régime signifie que quelque part on y adhère, mais je n'irais pas jusqu'à dire que l'adhésion est joyeuse ou totalement consentante. Si tout le monde m'affirmait qu'il vit dans le meilleur des mondes, je ne dirais pas ça. Par exemple, si les quartiers les plus pauvres à Paris adhéraient vraiment à notre régime, je pense qu'il ne voteraient pas ou majoritairement très à gauche, ou pas du tout.
Quand je discute le peu que je discute avec d'autres, il y a souvent le refrain que les gens savent de quoi ils parlent quand ils parlent de leur boulot, sont loin d'être cons généralement dedans, et ont plutôt tendance à essayer de bien faire ce qu'ils font. Tandis que leur encadrement a tendance à les prendre pour des cons (particulièrement les manuels), à leur imposer des manières de travailler qui ne leur conviennent pas, et considèrent qu'ils sont des voleurs et dangereux pour l'entreprise par défaut.
Bref, leur activité principale (temps et investissement personnel) et nécessaire (pour vivre) est une activité contrôlée de toute part. De plus la considération est mauvaise: les vendeuses ou ouvriers ont moins de classe que leurs dirigeants. Moi, ce qui me paraitrait logique, c'est qu'au lieu d'employer les gens uniquement pour leur force de travail canalisée, on les embaucherait pour leur capacité à gérer leur job de A à Z, et non pas pour remplir les exigences décrétées dans un bureau à 500 km. C'est à dire que les ouvriers seraient capables de contrôler leur production ou les vendeuses le catalogue, ce qui suppose que la formation pour devenir soudeur par exemple incluerait une formation d'ingé, que l'ingé aurait des compétences d'ouvrier et vice-versa. Ça suppose aussi que les objectifs de rentabilité ou la gestion du personnel viendrait plutôt d'une corporation d'ouvriers-ingés que du besoin de produire un maximum d'argent avec le moins de monde possible.
Désolé d'être aussi long, mais clair en peu de mots c'est plus dur, et tu évoques beaucoup de choses en même temps pour moi.
[^] # Re: Bien plus efficace
Posté par llaxe . En réponse au journal La technologie permettant à Madame Michu de contourner Hadopi déjà disponible!. Évalué à 3.
Ensuite je pense qu'il ne faut pas se méprendre sur l'utilisation du mot démocratique. On peut en avoir d'autres acceptations que la mienne, mais je considère qu'un régime démocratique est un régime où le pouvoir est exercé pour le peuple, et pas uniquement en son nom. C'est pourquoi je ne considère pas un régime purement représentatif comme démocratique, à partir du moment où les représentants ne servent pas ceux qui les ont élus, ou que je considérerait plus démocratique un régime où les dirigeants sont toujours les mêmes mais sont sans cesse soumis à ne faire que les exécutants des lois populaires.
Après je ne considère pas spécialement la population française comme profondément satisfaite. On peut aimer des boulots qu'on n'aimait pas avant de les faire. On peut aimer un régime qu'on considère comme n'étant pas un choix qu'on a fait, ou qu'on aurait fait. Qu'on vive dans un régime signifie que quelque part on y adhère, mais je n'irais pas jusqu'à dire que l'adhésion est joyeuse ou totalement consentante. Si tout le monde m'affirmait qu'il vit dans le meilleur des mondes, je ne dirais pas ça. Par exemple, si les quartiers les plus pauvres à Paris adhéraient vraiment à notre régime, je pense qu'il ne voteraient pas ou majoritairement très à gauche, ou pas du tout.
Quand je discute le peu que je discute avec d'autres, il y a souvent le refrain que les gens savent de quoi ils parlent quand ils parlent de leur boulot, sont loin d'être cons généralement dedans, et ont plutôt tendance à essayer de bien faire ce qu'ils font. Tandis que leur encadrement a tendance à les prendre pour des cons (particulièrement les manuels), à leur imposer des manières de travailler qui ne leur conviennent pas, et considèrent qu'ils sont des voleurs et dangereux pour l'entreprise par défaut.
Bref, leur activité principale (temps et investissement personnel) et nécessaire (pour vivre) est une activité contrôlée de toute part. De plus la considération est mauvaise: les vendeuses ou ouvriers ont moins de classe que leurs dirigeants. Moi, ce qui me paraitrait logique, c'est qu'au lieu d'employer les gens uniquement pour leur force de travail canalisée, on les embaucherait pour leur capacité à gérer leur job de A à Z, et non pas pour remplir les exigences décrétées dans un bureau à 500 km. C'est à dire que les ouvriers seraient capables de contrôler leur production ou les vendeuses le catalogue, ce qui suppose que la formation pour devenir soudeur par exemple incluerait une formation d'ingé, que l'ingé aurait des compétences d'ouvrier et vice-versa. Ça suppose aussi que les objectifs de rentabilité ou la gestion du personnel viendrait plutôt d'une d'ouvriers-ingés que du besoin de produire un maximum d'argent avec le moins de monde possible.
Désolé d'être aussi long, mais clair en peu de mots c'est plus dur, et tu évoques beaucoup de choses en même temps pour moi.