• [^] # Re: TVA...

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Dénonces ur site ?. Évalué à 2.

    Du point de vue de mon analyse et pour reprendre les termes que j'ai employé, le marché noir est un acteur économique qui entretient artificiellement la rareté...ou l'abondance selon les cas. Il est au même niveau que les vendeurs de second niveau de notre système actuel (pourrait-on les confondre ?). Pour faire simple, il y en a toujours qui essayent de tricher ou de profiter du système. Ma petite expérience me permet d'évaluer en mode purement pifométrique qu'une moyenne de 10 à 20% de la population concernée, quelque-soit le système ou la question étudiée, tente de tricher, d'abuser ou de profiter de ce qui est mis en place (mais c'est un autre sujet).

    D'ailleurs, on pourrait se poser la question suivante: ''Dans notre cas, que constitue le marché noir ?''
    Pour résumer, les vendeurs de premier niveau définissent un prix qui sera fonction d'un marché. Dans le monde dit des bisounours, personne ne vient pervertir le système de régulation cité précédemment (faut suivre). Dans le monde réel, le marché noir vient pervertir le système. Pervertir revient à ne pas respecter la règle de régulation qui je le rappelle consiste à dire: ''pas de vendeur de second niveau''. Du coup le marché noir c'est comme les vendeurs de second niveau dans notre monde actuel. La différence essentielle est que leur activité est déclarée illégale. Elle comporte donc plus de risques et pour que ce soit rentable, il faut entretenir la rareté donc capturer une bonne partie du marché des billets de concert. Ca finit forcément par se voir...
    Mais je te rejoins pour dire que la régulation qui consisterait simplement à dire ''pas de vendeur de second niveau'' ne semble pas être suffisante pour régler notre problème. Mais ça n'est pas une raison pour ne rien faire !

    Quand au reste des propos:
    Comme le communisme : ça part d'une bonne intention, et au final les étals sont vides, le marché noir prospère, c'est tout.

    Si effectivement, tu considères les systèmes à économie planifiée des régimes autoritaires soviétiques, cubains, chinois, khmer (rouge) comme du communisme... tu prends les plus mauvais exemples.

    Prend un truc communiste qui marche assez bien depuis près de 100 ans: les kibboutzim. Ils ont, certes, connu des évolutions mais la doctrine de fond qui s'approche du socialisme et/ou du communisme n'a guère changée. De toute manière, cette doctrine semble avoir subit des aléas au moins aussi forts que ceux du système capitaliste.

    Je pense que l'économie planifiée des systèmes que j'ai cité plus haut et que tu emploies pour montrer les limites du communisme est beaucoup plus sensible à ce qu'on pourrait appeler les ''perversions'' portées au système. En effet, sachant que l'organisation de l'ensemble de l'économie passe par un plan, une prévision, avoir une action ''perverse'' sur ce plan a des conséquences sur toute l'économie alors que pour le capitalisme, il est assez difficile d'avoir des ''perversions'' qui ont autant de conséquences. Par exemple, en trichant sur le prix des billets de concert, une minorité de vendeurs de second niveau s'en met dans les poches mais ça ne remet pas en cause le niveau de bouffe. Dans une économie planifiée, si les quelques personnes au pouvoir (une minorité elles aussi) trichent sur leur rémunération ou leurs avantages, ou bien orientent l'utilisation des crédits vers des choses discutables (armée, installations nucléaires, armes, etc...) et c'est le peuple qui n'a plus grand chose à se mettre sous la dent.
    Le système capitaliste est beaucoup moins sensible à ces perversions. En fait les cas de perversions ayant un impact important sur l'économie sont assez rares. Ca ne s'est produit que 2 ou 3 fois: je veux parler des banques bien entendu et de tout ce qui existe autour. Les 2 ou 3 fois étaient donc en 1929 et en 2008 !

    Pour en terminer avec l'économie planifiée, je pense qu'elle peut fonctionner. Tout bon codeur sait qu'il doit effectuer une analyse et une expression de besoin assez proche de la réalité. Dans tout projet, il y a une étape d'organisation, de réflexion avant de lancer les efforts dans le développement de l'application. Il faut pouvoir toutefois tenir compte des aléas de la vie et savoir intégrer les modifications adaptées. Mais il est quand même assez rare qu'il faille reprendre intégralement un projet bien conçu au départ. On va dire que ces principes s'appliquent également à l'économie... A condition de trouver des remèdes efficaces, des barrières impossibles à franchir pour contenir la perversion, bref, des bonnes conditions de mise en place et une impossibilité ou une difficulté extrême de tricher. Tout ça me semble impliquer une bonne adhésion et donc un bon contrat social.
    Pour revenir au logiciel libre, il existe des systèmes peu sensibles à la perversion. Le projet GNU ou le projet Debian sont de bons exemples. Dans ce monde de requins qu'est le développement de logiciels, ils n'auraient jamais pu être encore présents sans cette stabilité des fondements sains dont ils sont partis.

    Tu essayes de démontrer que le système actuel est meilleur, alors que le journal indique justement qu'il est pourri dans la réalité...
    Non non, en fait j'essaye juste de dire que le marché des billets de concert serait mieux s'il était correctement reglementé avec une mesure adaptée (qui, au vu du débat, il faut le reconnaître, n'est sans doute pas facile à trouver).