• [^] # Re: Couleur politique du libre

    Posté par . En réponse au journal Le libriste de droite. Évalué à 4.

    > le libre a-t-il une couleur politique ?
    Mon analyse à deux balles:

    La question n'est pas "le libre a t-il UNE couleur politique" (évidemment que non, ne serais-ce que parce que le côté purement virtuel du logiciel interdit l'application systématique des pratiques du LL dans la vie réelle) mais peut on classer le mouvement du logiciel libre sur les axes de positionnement "courants" des doctrines politiques (hors de l'axe tout pourri gauche/droite). Ma réponse: sur certains axes, clairement oui, sur d'autres, non.

    Je vais essayer de définir les axes que je retiens en général pour classer des mouvements politiques. C'est strictement personnel, on peut certainement trouver mieux, mais ça fait un petit point de départ:
    - nationaliste/internationaliste ? Trivial ici. Je n'arrive même pas à imaginer la possibilité d'un logiciel libre nationaliste...
    - progressiste/conservateur ? Sans objet, le libre est indépendant des mœurs (on peut discuter des effets de bord de la philosophie sous-jacente, mais rien d'absolument tranché)
    - constructiviste/anarchiste ? (Note: anarchiste dans le sens: pas d'organe central d'organisation, quelle que soit la forme de cette organisation (dirigiste ou libérale), on fait confiance à l'ordre spontané tel que défini par Hayek (non, pas Salma ;)), pas dans le sens franco-français de socialiste libertaire. Son sens est plus clair quand on voit le contraire, constructiviste: la société est organisée par un organisme central, qu'on appelle en général l'État ou le gouvernement, quel que soit ensuite sa forme (démocratique, autocratique,...)) Clairement, anarchiste {\troll même si je sens parfois des relents de velléité constructiviste de la part de la FSF}
    - dirigiste/libéral ? Sans objet, ne s'applique qu'à un mouvement constructiviste (la question étant: est-ce que l'organisme central organise la société selon des règles de droit générales ou selon les ordres d'un "organisateur suprème" (que cet organisateur))
    - de même toutes les formes d'organisation de l'autorité centrale constructiviste (démocratique, autocratique,...) est sans objet
    - socialiste/capitaliste ? (acceptation inconditionnelle de la propriété privée) Largement discutable, selon la définition de "propriété privée" retenue dans le cadre de la "société" numérique. Intuitivement, je dirais que le libre sauce FSF/GPL est plutôt capitaliste (avec une mentalité assez forte de touche-pas-à-mon-travail-de-la-manière-dont-je-le-veux-pas) tandis que le côté BSD serait plutôt socialiste (l'archétype étant la WTFPL). Grosse objection intuitive à cette intuition: je suis capitaliste en général mais BSDiste dans le libre :D. Remarquez qu'après tout, cette position n'est pas incohérente: le socialisme étant possible dans une certaine mesure dans une société capitaliste libérale (dans une dirigiste c'est déjà plus discutable), l'inverse étant évidemment faux ({\troll ergo, le capitalisme est clairement supérieur au socialisme}), ce serait juste un cas pratique de "je reconnais les droits de propriété, mais dans ce cas je préfère m'organiser sur des bases socialistes avec ceux qui sont d'accord avec moi, et vous verrez, on finira par avoir raison". C'est le gros point sur lequel vous pouvez vous entre-tuer, profitez-en. Moi, je me contenterai de compter les points.