Avant de voter une loi, on s'assure peut-être que son fondement est légitime, non ?
Le dernier rapport en date de cette page, commandé par le gouvernement néerlandais date de février 2009, bien plus tard que celui de l'OCDE... et d'ailleurs, si tu lis ce dernier, peu ou prou tout au long du texte, il ne cesse de relativiser l'influence du téléchargement sur les baisses de ventes de CD, par exemple, en évoquant notamment la diversification des postes de dépenses culturels. D'ailleurs, il faudra m'expliquer en quoi ce lien, par exemple, me contredit - page 88 du rapport, juste au-dessus de la citation de la Quadrature :
Il est très difficile d’établir une relation causale entre l’ampleur de la chute du chiffre d’affaires de l’industrie musicale (l’importance du manque à gagner lié au téléchargement) et l’augmentation du partage de fichiers (voir Conseil d’Analyse Économique, 2004). Une multitude de facteurs peuvent influencer les ventes de disques et il est difficile d’évaluer isolément l’impact du partage de fichiers. Beaucoup de facteurs jouent sur la demande et l’offre, lesquels déterminent le chiffre d’affaires de l’industrie musicale (Vogel 2004). L’industrie musicale elle-même reconnaît que l’impact du partage de fichier n’est pas directement quantifiable, notant que d’autres facteurs peuvent influencer les ventes, comme la qualité du travail des éditeurs (répertoire, marketing, promotion et distribution), le piratage commercial, la concurrence d’autres secteurs, l’état de l’économie dans son ensemble et la part du loisir dans les dépenses de consommation. D’autres facteurs sont invoqués : l’augmentation du piratage de CD physiques, le prix des produits, la concurrence accrue d’autres types de divertissements comme les jeux vidéo et les DVD, et la réduction de la diversité de la musique due aux concentrations dans le secteur de la radio.137
Dans le cas de la France, il était noté récemment que le poids croissant de la grande distribution dans la vente de musique avait contribué à la dégradation des ventes (l’effort de promotion étant concentré sur une gamme limitée de produits à gros succès que l’on peut aussi se procurer sur les réseaux P2P et via les services de musique en ligne payante138).
Ouais, c'est sûr, elle me contredit 'achement cette étude... avant de me reprocher de ne pas argumenter, tu ferais bien de commencer par aller voir le contexte de la citation sur laquelle tu t'appuies (un bien grand mot... surtout quand tu me reproches la paresse intellectuelle ; hôpital, charité, tout-ça...), dans le PDF - il est fait pour ça, le lien.
... qui évoque les travaux de Waelbroeck (pas mal de liens, hélas, seulement vers des abstracts - malheureusement pratique générale, dans la recherche - on a beau payer les études avec des fonds publics, le public n'y a pas accès, à moins de payer une souscription aux journaux de publication), de l'ENST, qui tendent aussi à démontrer l'innocuité _globale_ du téléchargement sur l'industrie des ayant-droits.
Tiens, autre truc marrant, dans ce billet :
Car oui, les chiffres utilisés dans le Rapport Hadopi, à défaut d’être incontestables, sont incontestés, et l’on s’attend à ce que vous fassiez de même : leur provenance ne prête pas à discussion, jugez plutôt de l’impartialité des fournisseurs, et surtout, de leur contributions respectives, avec, par ordre d’apparition : Nielsen/Netrating (p9), le Ministère de la Culture (page 10), l’Observatoire de la Musique (pages 12 et 13), le SNEP (pages 14, 15, 16, 17, 18, 51 et 63), le CNC (pages 19, 23, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 34, 37, 42 et 43), l’IPI (page 20), l’ALPA (pages 23 et 35), Xerfi (pages 24, 26, 28, 42, 57 et 59), GfK (pages 29, 42 et 51 ), Mediametrie (pages 43), TF1 (page 43), M6 (page 43), France Télévision (page 43), Canal+ (page 43), la FNAC (pages 48 et 59) et le SNE (pages 54 et 59).
Seulement, on nous sert toujours la même connerie selon laquelle un téléchargement équivaut à une vente de moins. Ce n'est même pas discuté... personne n'a remis ça en cause à l'assemblée. Et j'en ai plus que ras le cul de ces accusations calomnieuses : je télécharge beaucoup, j'achète beaucoup, et je constate qu'autour de moi, la situation est analogue... Ceux que je vois le moins télécharger, ce sont ceux qui n'achetaient déjà, avant le P2P, et n'achètent, encore, que peu de produits dérivés de la culture...
Mais bien sûr, c'est moi qui fait du "bourrage de crane et de l'autopersuasion, pour pas dire de la propagande"... j'hallucine.
[^] # Re: On n'arrête pas l'inéluctabilité du progrés
Posté par Aefron . En réponse au journal Douce France, cher pays de mon errance. Évalué à 2.
Le dernier rapport en date de cette page, commandé par le gouvernement néerlandais date de février 2009, bien plus tard que celui de l'OCDE... et d'ailleurs, si tu lis ce dernier, peu ou prou tout au long du texte, il ne cesse de relativiser l'influence du téléchargement sur les baisses de ventes de CD, par exemple, en évoquant notamment la diversification des postes de dépenses culturels. D'ailleurs, il faudra m'expliquer en quoi ce lien, par exemple, me contredit - page 88 du rapport, juste au-dessus de la citation de la Quadrature :
Il est très difficile d’établir une relation causale entre l’ampleur de la chute du chiffre d’affaires de l’industrie musicale (l’importance du manque à gagner lié au téléchargement) et l’augmentation du partage de fichiers (voir Conseil d’Analyse Économique, 2004). Une multitude de facteurs peuvent influencer les ventes de disques et il est difficile d’évaluer isolément l’impact du partage de fichiers. Beaucoup de facteurs jouent sur la demande et l’offre, lesquels déterminent le chiffre d’affaires de l’industrie musicale (Vogel 2004). L’industrie musicale elle-même reconnaît que l’impact du partage de fichier n’est pas directement quantifiable, notant que d’autres facteurs peuvent influencer les ventes, comme la qualité du travail des éditeurs (répertoire, marketing, promotion et distribution), le piratage commercial, la concurrence d’autres secteurs, l’état de l’économie dans son ensemble et la part du loisir dans les dépenses de consommation. D’autres facteurs sont invoqués : l’augmentation du piratage de CD physiques, le prix des produits, la concurrence accrue d’autres types de divertissements comme les jeux vidéo et les DVD, et la réduction de la diversité de la musique due aux concentrations dans le secteur de la radio.137
Dans le cas de la France, il était noté récemment que le poids croissant de la grande distribution dans la vente de musique avait contribué à la dégradation des ventes (l’effort de promotion étant concentré sur une gamme limitée de produits à gros succès que l’on peut aussi se procurer sur les réseaux P2P et via les services de musique en ligne payante138).
Ouais, c'est sûr, elle me contredit 'achement cette étude... avant de me reprocher de ne pas argumenter, tu ferais bien de commencer par aller voir le contexte de la citation sur laquelle tu t'appuies (un bien grand mot... surtout quand tu me reproches la paresse intellectuelle ; hôpital, charité, tout-ça...), dans le PDF - il est fait pour ça, le lien.
Sinon, un autre lien, foutré d'argumentation : http://fr.readwriteweb.com/2008/11/18/a-la-une/rapport-hadop(...)
... qui évoque les travaux de Waelbroeck (pas mal de liens, hélas, seulement vers des abstracts - malheureusement pratique générale, dans la recherche - on a beau payer les études avec des fonds publics, le public n'y a pas accès, à moins de payer une souscription aux journaux de publication), de l'ENST, qui tendent aussi à démontrer l'innocuité _globale_ du téléchargement sur l'industrie des ayant-droits.
Tiens, autre truc marrant, dans ce billet :
Car oui, les chiffres utilisés dans le Rapport Hadopi, à défaut d’être incontestables, sont incontestés, et l’on s’attend à ce que vous fassiez de même : leur provenance ne prête pas à discussion, jugez plutôt de l’impartialité des fournisseurs, et surtout, de leur contributions respectives, avec, par ordre d’apparition : Nielsen/Netrating (p9), le Ministère de la Culture (page 10), l’Observatoire de la Musique (pages 12 et 13), le SNEP (pages 14, 15, 16, 17, 18, 51 et 63), le CNC (pages 19, 23, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 34, 37, 42 et 43), l’IPI (page 20), l’ALPA (pages 23 et 35), Xerfi (pages 24, 26, 28, 42, 57 et 59), GfK (pages 29, 42 et 51 ), Mediametrie (pages 43), TF1 (page 43), M6 (page 43), France Télévision (page 43), Canal+ (page 43), la FNAC (pages 48 et 59) et le SNE (pages 54 et 59).
Seulement, on nous sert toujours la même connerie selon laquelle un téléchargement équivaut à une vente de moins. Ce n'est même pas discuté... personne n'a remis ça en cause à l'assemblée. Et j'en ai plus que ras le cul de ces accusations calomnieuses : je télécharge beaucoup, j'achète beaucoup, et je constate qu'autour de moi, la situation est analogue... Ceux que je vois le moins télécharger, ce sont ceux qui n'achetaient déjà, avant le P2P, et n'achètent, encore, que peu de produits dérivés de la culture...
Mais bien sûr, c'est moi qui fait du "bourrage de crane et de l'autopersuasion, pour pas dire de la propagande"... j'hallucine.