• # Privateur/Propriétaire, Libre/Ouvert

    Posté par . En réponse au journal Logiciel "privateur" Vs "propriétaire". Évalué à 5.

    Bonsoir, je profite de ce journal pour poster mon premier commentaire sur linuxfr \o/ Gageons qu'il sera loin d'être le dernier.

    J'aimerais intervenir sur le choix des mots utilisés dans les diverses propagandes (ici ce mot n'a rien de provocateur, ni de réducteur; je fais référence à la publicité faite dans un sens ou dans l'autre) mettant en avant les logiciels dits libres contre les logiciels dits propriétaires.

    En effet comme indiqué dans ce journal on peut tout à fait considérer que des logiciels tels qu'emacs ou d'autres sont propriétaires au sens indiqué par Wikipédia, alors même que ce sont des fleurons du logiciel dit libre (je reviendrais plus tard sur mon utilisation du mot "dit"). Je trouve cependant gênante l'utilisation du terme privateur pour désigner les logiciels non libres.

    Il ne me semble pas que la liberté induite par une licence telle que la GPL ou la licence BSD (puisqu'il y a été fait référence dans ce journal) soit un droit fondamentale de tout utilisateur, quand bien même je suis convaincu que c'est une bonne chose (je tiens à le préciser: je suis absolument convaincu que le modèle libre est la meilleure chose qui soit arrivée au monde de l'informatique).

    Il s'agit ici de bien comprendre les implications du terme privateur, cela implique que l'utilisateur final se voit privé d'un droit qui serait légitime de modifier, redistribuer, etc (vous connaissez le topo). Or ce droit là irait à l'encontre d'un droit que l'on peut estimer tout aussi fondamental: le droit d'une personne à disposer de sa création comme il l'entend. Et précisément ici, les éditeurs de logiciels dits propriétaires ont le droits de ne pas autoriser ceci.

    Il me semble donc que l'utilisation du terme privateur est mal venue, car elle implique de notre part (nous qui utilisons ce mot) que nous retirions le droit à une personne de disposer de sa création comme elle l'entend. Les deux termes en vigueur me semblent donc mal choisis, pour des raisons différentes.

    Revenons maintenant à ce droit auquel je fait référence, le droit de disposer de sa création etc. Ce droit est de même fondamental pour nous autres libristes car il nous permet de distribuer dans les conditions qui nous conviennent le fruit de notre travail. Ces conditions que sont la libre redistribution, modification et étude du travail effectué. Il faut bien comprendre que parce que nous pouvons disposer de notre création comme nous l'entendons, nous pouvons faire du "libre".

    Venons en au libre justement. Il me semble que pour les mêmes raisons que le terme privateur est mal venu, le terme de libre est ici utilisé à mauvais escient. En effet les licences dites libres nous apportent à nous utilisateurs des libertés que nous estimons fondamentales dans notre modèle. Mais il ne me semble pas que le créateur du logiciel en question est été plus libre que celui qui à fait le chois de maintenir ses sources closes. Il a usé de la même liberté que le second de disposer de son code comme il l'entendait.

    Je préfère pour cela le terme d'open source, que l'on devrait absolument traduire en français (si une traduction satisfaisante existe dors et déjà n'hésitez pas à me l'apprendre). En effet ici les choses sont claires. On ne part pas sur des appréciations de liberté ou de privation mais sur un fait généralement admis: le code source est ouvert et à disposition de qui souhaite s'en servir.

    L'idéal serait donc, je crois, de trouver un terme équivalent à contrario pour désigner les logiciels dits privateurs. Ce terme pourrait tout à fait être logiciel à sources fermées. Il existe d'ailleurs, nous l'avons tous rencontré je pense à un moment ou à un autre.

    Il me semble que ce sujet est absolument fondamental vis à vis de l'image que l'on donne au reste du monde. Le risque à utiliser des termes tes que "privateur" et "libre" est de passer pour un énième groupe de gens moralisateurs et précisément, antilibertaire (!). Je vais loin, peut-être trop, mais je pense que le risque existe, et que cela nous fait dors et déjà du mal, d'une manière larvée.

    Prendre garde aux terme que nous employons, rester dans les faits, et sortir des schémas moraux pour entrer dans des schémas rationnels ne peut probablement que nous faire le plus grand bien.

    Merci à tous d'avoir pris le temps de me lire, j'espère que vous aurez trouvé mon point de vue intéressant.