> Si je prends mon dictionnaire d'économie, je vois qu'un bien économique est
> « produit par du travail humain et/ou dont la rareté lui confère une valeur d'échange ».
Pour ce que je comprends des intentions de l'auteur du texte (sinon du texte lui-même), c'est précisément l'ambivalence de cette définition qui encouragerai à chercher un terme moins ambigu.
La culture est effectivement (et entre autres) un bien économique en tant qu'elle est « produite par du travail humain ». Mais nous souhaiterions qu'elle ne le soit pas parce que sa « rareté lui confère une valeur d'échange ».
À l'aire du numérique en particulier, la « rareté » n'est entretenue qu'artificiellement, à grands efforts, par le droit, par l'interdiction légale de modification, de redistribution, etc. là où les conditions matérielles permettent souvent une réutilisation à l'infini sans coûts. DADVSI contre les usagers, brevets, choix de licences des logiciels propriétaires, prolongation des droits patrimoniaux, ... : il s'agit toujours d'établir par la loi une rareté qui n'est pas intrinsèque à l'oeuvre elle-même.
A contrario, la culture libre prouve qu'une économie de la culture peut exister sans s'étayer sur une « rareté artificielle ». Par exemple l'économie du service autour des oeuvres est celle d'un bien monnayable parce que « produit par du travail » et non parce qu'il est rare : support pour les distributions commerciales, développements sur mesure, Jamendo, concerts pour les musiciens, ...
Cette nouvelle alternative ne va pas de soi, est peu intuitive pour beaucoup de gens, et le fait que nos « ennemis » aient choisi les mots, c'est-à-dire le terrain de bataille, y est pour quelque chose.
Enfin l'auteur du texte dénonce l'expression « produits culturels », et tu donne celle de « bien économique ». C'est légèrement différent. Le terme « produit » n'est pas faux, mais il s'enracine dans l'économie des biens matériels, et convoque une charge sémantique qui n'aide pas à présenter une approche différente.
Cela dit je trouve aussi que ce paragraphe n'est pas le plus heureux, j'aurais plutôt écrit que la culture n'est pas en premier lieu un produit de consommation, que ce terme décrit mal ce qu'elle (la culture) a de spécifique, y compris dans le champ de l'économie, encore moins hors de ce champ, etc.
[^] # Re: Branlette intellectuelle.
Posté par herodiade . En réponse au journal Termes de propagande à ne pas utiliser malgré soi. Évalué à 4.
> « produit par du travail humain et/ou dont la rareté lui confère une valeur d'échange ».
Pour ce que je comprends des intentions de l'auteur du texte (sinon du texte lui-même), c'est précisément l'ambivalence de cette définition qui encouragerai à chercher un terme moins ambigu.
La culture est effectivement (et entre autres) un bien économique en tant qu'elle est « produite par du travail humain ». Mais nous souhaiterions qu'elle ne le soit pas parce que sa « rareté lui confère une valeur d'échange ».
À l'aire du numérique en particulier, la « rareté » n'est entretenue qu'artificiellement, à grands efforts, par le droit, par l'interdiction légale de modification, de redistribution, etc. là où les conditions matérielles permettent souvent une réutilisation à l'infini sans coûts. DADVSI contre les usagers, brevets, choix de licences des logiciels propriétaires, prolongation des droits patrimoniaux, ... : il s'agit toujours d'établir par la loi une rareté qui n'est pas intrinsèque à l'oeuvre elle-même.
A contrario, la culture libre prouve qu'une économie de la culture peut exister sans s'étayer sur une « rareté artificielle ». Par exemple l'économie du service autour des oeuvres est celle d'un bien monnayable parce que « produit par du travail » et non parce qu'il est rare : support pour les distributions commerciales, développements sur mesure, Jamendo, concerts pour les musiciens, ...
Cette nouvelle alternative ne va pas de soi, est peu intuitive pour beaucoup de gens, et le fait que nos « ennemis » aient choisi les mots, c'est-à-dire le terrain de bataille, y est pour quelque chose.
Enfin l'auteur du texte dénonce l'expression « produits culturels », et tu donne celle de « bien économique ». C'est légèrement différent. Le terme « produit » n'est pas faux, mais il s'enracine dans l'économie des biens matériels, et convoque une charge sémantique qui n'aide pas à présenter une approche différente.
Cela dit je trouve aussi que ce paragraphe n'est pas le plus heureux, j'aurais plutôt écrit que la culture n'est pas en premier lieu un produit de consommation, que ce terme décrit mal ce qu'elle (la culture) a de spécifique, y compris dans le champ de l'économie, encore moins hors de ce champ, etc.