• [^] # Re: Au CNRS

    Posté par . En réponse au journal Vote par Internet pour les élections prud'homales sur Paris. Évalué à 7.

    > Oui c'est pire

    Bof... je dirais que c'est pareil. J'estime que l'important est que les représentants représentent légitimement... l'un sans l'autre, ce ne sont jamais que deux avatars de la même ineptie.

    Prenons l'exemple de scrutins uninominaux à deux tours...

    En 2002, je suis prêt à croire (ça n'engage que moi) qu'une majorité de gens auraient préféré "n'importe quoi d'autre que le pen" (fait est que... rétrospectivement... dans les faits...)...

    Avec un scrutin uninominal, qui ne leur permet pas d'exprimer une ordonnance de leurs choix, bah, zobi : dire que leurs choix sont pris en compte, ça me paraît des plus audacieux... avec une méthode Condorcet, Schulze, etc, il y aurait eu de fortes chances qu'il se soit retrouvé avec un score négatif, plutôt que d'arriver au deuxième tour...

    Alors, bon : les bulletins pouvaient être recomptés, ce n'est pas pour autant que l'on peut dire que cette élection était représentative de ce que les gens pensaient vraiment...

    Et puis, quand un candidat obtient ne serait-ce que 31,18% de voix exprimées à un premier tour, et qu'on bidouille le machin pour dire aux gens "non, maintenant, m'voyez, z'avez 'achement moins le choix", est-ce que ça transforme automagiquement les résultats de l'aristotélicien second tour en l'expression de la volonté populaire ? Mouais... c'est très discutable : n'en reste pas moins qu'il n'est jamais que de la plus forte minorité (et encore : ce n'est même pas forcément toujours le cas)...

    Le souci, avec les méthodes plus complexes, c'est qu'il paraît qu'une majorité de gens ne comprendrait rien au recomptage (tiens ! Comme c'est bizarre : ça, par contre, les matches de pool aux sports collectifs, qui fonctionnent eux aussi sur un système de pondération, ça va : il comprend le peuple...)... et s'il fallait utiliser des machines électroniques pour avoir quelque chose de faisable avec elles, on aurait le problème des fraudes...

    Ne parlons même pas des élections parlementaires qui ne représentent que très douteusement la répartition des opinions politiques du peuple français (par exemple)... parce que bon, tu en comptes combien, de députés fn ou lcr, dans l'hémicycle ? Ce n'est peut-être pas très sexy (selon les {é,dé,NULL}go{u,û,û}ts) de prendre ces exemples, m'enfin, pour le coup, tu n'as pas été le dernier à dire " le vote n'est pas démocratique, et donc il ne sert à rien" (je m'en voudrais de te faire dire ce que tu n'as pas dit : ne vois là rien d'autre qu'un malicieux rebondissage).

    Bref, d'une manière ou d'une autre, l'expression de la volonté du peuple, ie le vote démocratique, c'est de toute manière absolument tout, sauf un acquis, sans remettre en cause nos affables conditions de vie, eu regard à "skispassayeur" (d'aucuns, puissants, s'en chargent bien assez à ma place... et autrement bien !)... Après, on s'en satisfait... ou pas. Ça, dans les faits, c'est la question.

    Personnellement, je ne m'en satisfais pas du tout ; mais alors, vraiment pas du tout : la politique m'intéresse vraiment, mais les systèmes de vote en place m'écœurent... et bien, j'en prends acte, bon gré, mal gré. Ça a beau me tourmenter, je me contraints à refuser de participer aux modes de scrutin qui sont iniques, tout autant que si on utilisait des machines à voter... entre tapoter sur une machine à voter, et en être une (avec l'entraînement, je suis presque devenu impassible aux "va voter, va !"... après tout, j'arrive très bien à me tourmenter tout seul) : c'est également que je m'abstiens.

    En remerciant ceux qui m'auront lu jusqu'au bout : c'est bon ; vous pouvez maintenant me lancer des pierres. J'ai la peau dure : j'ai l'habitude des conséquences de ces convictions.