• # A qui profite le statu quo ?

    Posté par . En réponse au journal Le buzz autour de l'article du monde sur le téléchargement. Évalué à 9.

    La maladresse des défenseurs auto-proclamés de la "création" est un euphémisme. En dehors d'actions de communication massive dont le simplisme le dispute à la caricature et à la démagogie, le lobbying intense auprès des gouvernements semble être l'unique pratique pour défendre les intérêts des investisseurs et des professionnels du spectacle et du divertissement..
    Jusque il y a peu, dans ce secteur, on avait réussi à prélever une partie du chiffre d'affaire de chaque réseau de distribution, avec des marges confortables.
    L'irruption de la pratique généralisée du partage des fichiers numériques avec le développement des accès haut-débit a provoqué une situation inédite. Un canal de distribution privative, sans aucun prélèvement de la part des fournisseurs des "œuvres", profite essentiellement aux géants des télécoms et de l'industrie informatique qui ne s'en plaignent pas au contraire. Ils en font un argument de vente avec un marketing qui évoque de manière assez transparente que grace à l'achat de technologie de l'information et des services de réseau numériques, on peut "profiter" de l'"aubaine".
    Ces acteurs, bénéficiaires de la situation actuelle, font de plus solides et plus efficaces lobbyistes auprès des instances internationales que les entreprises de "l'entertainment" qui brillent par leur absence auprès de ces institutions.
    En attaquant les consommateurs, en l'occurence en assimilant l'échange de données au piratage, sans jamais établir une corrélation certaine entre la soi-disant baisse de leurs ventes avec le volume des échanges non payants, ils discréditent leur clientèle et ternissent leur image.
    Ils démontrent surtout qu'ils n'ont pas su préserver leurs intérêts et ceux des créateurs face aux nouveaux venues des technologies de l'information.
    Il n'en reste pas moins que la concentration mondiale de la distribution des biens culturels et de loisirs met à mal les droits des auteurs et des créateurs si mal défendus par leurs partenaires naturels (producteurs, éditeurs, télévisions, presse, etc ...)