• [^] # Re: Pas d’accord

    Posté par . En réponse au journal Hadopi en débat sur rue89.com avec Versac. Évalué à 4.

    Le raisonnement des 80%-15%, c’est surtout caractéristique d’une économie de rareté.

    Du point de vue du consommateur, faute de pouvoir tout obtenir, on ne prend que le plus important (et comme la culture est plus un phénomène sociologique qu’artistique, on privilégie le plus souvent le plus conventionnel). Quand on peut tout obtenir, on va plus chercher à découvrir et à se laisser pousser par des coups de cœur.

    Du point de vue du commerçant, les étalages physiques et l’espace publicitaire coûtent cher dans l’ancien modèle, donc on privilégie aussi ce qui plaît à 80% du public. Dans le nouveau modèle, le stockage coûte peanuts, donc on peut proposer une offre variée (et qui plaira à encore plus de clients) sans que cela ne coûte plus cher (ce qui fais aussi qu’on peut se permettre d’avoir « en rayon » des œuvres dont on ne fait pas ou peu la promotion).
    Entre un FAI qui me propose une offre de musique « illimitée » sur un catalogue de 200 000 titres et un autre qui propose 3 millions pour le même prix, le choix du consommateur est vite fait.

    Étant donné cela, le 80%-15% devrait s’aplatir, et il devient donc relativement plus rentable de financer des œuvres confidentielles. Je dis relativement, par rapport aux block busters, car il est possible aussi, mais pas dit, que la production en général devienne moins rentable.

    Pour ce qui est de la surfacturation, c’est un problème orthogonal à ce glissement de paradigme, mais qui nous pend aussi au nez si la concurrence n’est pas préservée dans le secteur. Et en effet je pense que ça ne va pas dans la bonne direction de ce côté-là, avec nos 3 opérateurs ADSL restant et notre quasi-unique cablo-opérateur.