• [^] # Re: sinon

    Posté par . En réponse au journal [HS] Tester les intuitions morales. Évalué à 3.

    Il se trouve que j'ai travaillé avec d'anciens résistants et déportés, dont un des rares rescapés des mains de Klaus Barbie (évasion). Pour eux, les choix ne se posaient pas dans les mêmes termes.
    Quelques remarques:
    Ils se battaient en connaissance de cause, en ayant mesuré les conséquences, jusqu'au sacrifice. On s'engageait (au sens fort), on ne rentrait pas comme ça dans un réseau.
    Certains d'entre eux avaient de la famille dans la résistance. D'autre part, sans toujours être amis avec les autres membres du groupe ou du réseau, ils avaient partagés des aventures, la haine de l'ennemi et la volonté de libérer le territoire (pas seulement par patriotisme).
    Et puis l'honneur de ne pas parler...

    50 ans plus tard, lorsqu'ils se demandent si ça valait le coup de se battre (beaucoup pensent que non), ils n'ont pas d'hésitation sur la valeur de l'engagement: il n'était pas question de parler.

    Tout ça pour dire que le problème est assez particulier, ce n'est pas seulement que sa propre vie entre dans l'équation. L'engagement et le vécu dans la Résistance subjuguaient un homme.

    C'est très bien exprimé par le poète René Char (lui même ancien résistant): celui qui a "épousé la Résistance, a découvert sa vérité".

    "La liberté est à l'homme ce que les ailes sont à l'oiseau" Jean-Pierre Rosnay