• [^] # Re: raz le bol des gens qui parlent de ce qu'ils ne connaissent pas!

    Posté par . En réponse au journal MAI 68: le point de départ d'une révolution dans les oeurs alimentaires ?. Évalué à 1.

    ON n'est pas vendredi, donc

    Je vois que ce j'ai écrit n'était pas très compréhensible, à en juger par certaines réactions. Donc je complète et en resterai définitivement là.
    Pour revenir à la période même, nous (les jeunes salariés), on était bien en phase avec ce qui se passait, certes -et c'est toujours ça qu'on nous montre à la télé, dans les débats ou dans les livresépicerie- il y avait bien des groupes d'étudiants leaders qui parlaient,etc mais pas tant que ça, et quand aux gauchistes en usine ou ailleurs, c'est surtout après qu'on en a vu, qui regrettaient leur révolution hypothétique et de toute façon manquée. En plus, on parle toujours de la Sorbonne et du Quartier Latin, en oubliant que ça se passait dans toute la France, peu touchée par un certain parisianisme. Mais c'est vrai que pendant quelques semaines n'importe qui parlait à n'importe qui, n'importe où, de sujets importants, n'hésitait pas à remettre en cause ce qui lui était inculqué dès l'enfance, le travail bien sur, mais l'autorité, le pouvoir, l'amour, la façon de vivre, tout !

    Non, la réalité, c'est que nous tous les jeunes on a rêvé (I have a dream) à un autre monde que celui qu'on vivait ou qu'on nous offrait, sans avoir toujours quelqu'un qui sait tout et commande tout, parcequ'il est plus vieux ou nommé par le système (que ce soit un contremaitre ou un mandarin universitaire) et ça on le comprenait bien et on le ressentait tous. On pensait qu'il suffisait de tous descendre dans la rue pour changer les choses, on était vraiment des bleus (c'était pas longtemps après le mouvement hippie, Antoine et ses chemises à fleurs...). Et on s'est fait tous bien avoir, mais non pas les ouvriers par les étudiants ou le contraire, mais les jeunes inexpérimentés par les vieux renards, et là je vise aussi bien les parents, les gaullistes, les recteurs que les communistes, la CGT et tous ceux qui avaient eu peur.

    Oui ils nous ont tous bien eu, y compris un certain Tonton qui s'est mis en avant, de peur qu'on face appel à Mendes France qui était trop honnête et désintéressé, donc génant pour ses ambitions. Ils ont tous eu bien peur et ils ont respiré, ils pouvaient reprendre leurs petites guéguerres, leurs pétitions, leurs motions de censure, leurs grèves de 24 heures, leurs luttes pour une chaire, etc... Et on a tous été baisés, les jeunes qui n'avaient pas encore 25 crédits sur le dos comme leurs ainés, et les étudiants qui n'étaient pas encore installés dans la vie !

    Mais, et je ne suis pas tout seul, on est encore pas mal à penser que quoi qu'il arrive, les choses changeront (je n'ai pas parlé de lendemain qui chantent!), on ne sait pas comment, mais ça il n'y aura que les jeunes pour le faire, comme ils le sentiront, et à leur façon à eux, même si elles ne nous plairont pas forcément à nous qui seront vieux, d'autant que là ça ne se fera peut être pas sans casse.

    C'est pour ça que toutes ces commémorations de merde qui ne servent qu'à dénaturer les choses et a nourrir des pseudo-intellos nous gonflent car elles ne servent à rien et n'expliquent pas ce qu'il fallait vivre...
    Aussi j'arrête là pour ne pas faire comme eux.