> Some folks have said that my interest in this is "for Canonical", or "just for Ubuntu". And that’s really not true.
>
> On y croit vachement.
Biensûr qu'on n'y croit pas deux secondes.
L'un des problèmes est aussi le mépris des forces en présence. Ce n'est pas "force" que dans le sens "celui qui a les plus grosses parts de marché où celui qui rapporte le plus pognon".
Si on prend l'aspect pognon, RHEL (et aussi SLES) gagne haut la main. Mais ses dernières ne vont pas imposer leurs calendriers/désires aux projets upstream ni aux autres distributions.
Pourtant Red Hat ne doit pas manquer de communiquants de talent pour enrober des fadaises du style : "synchronisez vous sur nous (ou 2 ou 3 distributions pour que l'intention soit moins criante), c'est bon pour le logiciel libre".
Red Hat ne le dira surtout pas car :
- RHEL répond à des exigences commericiales (pas aux exigences du libre)
- RHEL "se fout du libre", elle répond aux besoins des clients Red Hat, pas du libre.
Ubuntu est comme RHEL dans une certaine mesure.
Évidemment, Red Hat sera ouvert aux participations externes, accèpte très bien que le libre profite de RHEL (CentOS, etc), voire en est heureux. RHEL est aussi une distribution libre (mais commerciale) et Red Hat a toujours eu un comportement presque exemplaire avec le libre.
La "force" de RHEL pour le développement du libre est quasi nulle. Sauf le pognon que ça génère qui est ensuite en parti mis dans Fedora, développeurs upstream, etc. Mais c'est indirect.
Red Hat pourrait faire le coup de Mark S. avec Fedora. La force de Fedora est le développement et surtout le développement en bonne entente avec les développeurs upstreams. En bonne entente et non dans un rapport de force.
Debian pourrait aussi le faire, mais on touche à des problèmes quasi culturels et d'organisation. M'enfin, de par sa nature non commerciale, Debian est bien placé.
Mais même pour Fedora c'est malvenu. Fedora est aussi la base d'un produit commercial.
L'aide qu'a Fedora de la communauté, des développeurs upstream, Fedora la tient de ses participations au libre. Pas d'un calendrier commercial, pas d'un discours bisounours "c'est bon pour le libre". Fedora se met au service du libre (dans une certaine mesure évidemment mais une bonne et belle mesure). Via l'infrastructure (qui est libre dans le cas Fedora :-)), via des développeurs, etc. Pas l'inverse, le libre n'est pas au service de Fedora. Puis Fedora en tire profit car Fedora fait parti du libre et est dans la logique du libre.
Qu'es-ce qui "dicte" le calendrier de Fedora et ses fonctionnalités ?
Sa communauté qui veut une distribution vivante (donc qui sort souvent, avec le dernier cri du libre), ses objectifs (le développement du libre, rien à foutre si le driver proprio bidule explose), les développements upstream et la participation de Red Hat évidemment. Ce ne sont pas des besoins commerciaux (ou très accessoirement puisque Fedora est la base de RHEL).
On peut dire évidemment grosso-modo la même chose pour OpenSuSE.
On peut aussi le dire pour Ubuntu et Mandriva. Mais nettement moins.
Ce n'est pas une critique de Mandriva. Mandriva assume (aussi bien son choix d'être une distribution (partiellement) commerciale que son faible poid et ne joue le rôle de "nouveau leader du libre"). Si on veut un calendrier commercial, être driver proprio friendly, on assure. On ne demande pas gratuitement la coopération du libre pour vous aider à gagner du pognon.
Évidemment, tout ceci ne dit pas que la coopération est mauvaise. Si KDE aligne son calendrier sur Gnome, ça peut peut-être sympa, etc. Mais assurement, la demande ne doit pas venir de Canonical qui est clairement ici motivé par des enjeux commerciaux.
Donc, où veut en venir Mark S. avec cette magouille. Je fais ici une simple supposition.
Mark S. veut :
1) soit créer à une masse critique (Ubuntu + Debian + ....)
2) soit appartenir à une masse critique (RHEL ou SLES)
Pour le 1), on a déjà vue des tentatives qui ont bien foiré. La dernière, et dans une moindre mesure, est Mandriva avec TurboLinux (où en est ce truc ?)
Pour le 2), ben il y a déjà CentOS, Oracle Linux, etc.
Le but est d'avoir, par exemple, Oracle supporté sur Ubuntu. Il n'y a pas de honte à ça. La méthode employée est par contre très très discutable pour ne pas dire pire.
Je vais parler que d'Oracle et RHEL, mais on peut généraliser.
Si Ubuntu est quasi la même chose que RHEL, Ubuntu va dire à Oracle : "on est populaire, vous avez fait tout le boulot pour RHEL, c'est trois fois rien pour vous de supporter Ubuntu".
Ubuntu pourrait faire une sorte de clone de RHEL (un clone pas aussi parfait que CentOS ou Oracle Linux). Mais les acheteurs ne sont pas dupes, ils savent que l'expertise est chez Red Hat et donc il achète du support Red Hat (du support c'est de l'expertise). L'échec d'Oracle Linux en dit long.
Cette voix doit être abandonnée. Ubuntu tente donc de diluer l'expertise de Red Hat. Ubuntu n'est plus alors une repompe de RHEL, mais Ubuntu et Red Hat des acteurs du noyau d'une distribution utilisée par Red Hat et Ubuntu (et d'autres).
C'est malin (quoique pas très nouveau), mais Red Hat (ou Novell) n'est pas con au point de se faire pièger. NB : On parle d'entreprises commerciales !
L'objectif, si je le comprend bien, est respectable. Canonical veut Oracle, etc sur Ubuntu. Mais le moyen utilisé est n'importe quoi.
Il est méprisant pour le libre. Il est irréaliste (sauf dans un cas, j'y reviens). Faut vraiment prendre Red Hat et Novell pour des gogos pour y croire.
Ça allège aussi les coûts d'Ubuntu mais je crois que l'essentiel n'est pas là.
Il serait très bien d'avoir une troisième acteur GNU/Linux pour les entreprises. Mais pas comme le fait Ubuntu. L'insistance de Mark S. montre qu'il y a un vent de panique chez Canonical.
Ou, si ça marche, c'est que Novell est aussi dans la même panique que Canonical et que sa survie dépend d'un partenariat avec Canonical.
Pourquoi pas. Mais le discours pipo de Mark S. me chauffe les oreilles.
[^] # Re: La réponse d'Aaron Seigo
Posté par IsNotGood . En réponse au journal Mark Shuttleworth : il remet (encore) ça. Évalué à 2.
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> On y croit vachement.
Biensûr qu'on n'y croit pas deux secondes.
L'un des problèmes est aussi le mépris des forces en présence. Ce n'est pas "force" que dans le sens "celui qui a les plus grosses parts de marché où celui qui rapporte le plus pognon".
Si on prend l'aspect pognon, RHEL (et aussi SLES) gagne haut la main. Mais ses dernières ne vont pas imposer leurs calendriers/désires aux projets upstream ni aux autres distributions.
Pourtant Red Hat ne doit pas manquer de communiquants de talent pour enrober des fadaises du style : "synchronisez vous sur nous (ou 2 ou 3 distributions pour que l'intention soit moins criante), c'est bon pour le logiciel libre".
Red Hat ne le dira surtout pas car :
- RHEL répond à des exigences commericiales (pas aux exigences du libre)
- RHEL "se fout du libre", elle répond aux besoins des clients Red Hat, pas du libre.
Ubuntu est comme RHEL dans une certaine mesure.
Évidemment, Red Hat sera ouvert aux participations externes, accèpte très bien que le libre profite de RHEL (CentOS, etc), voire en est heureux. RHEL est aussi une distribution libre (mais commerciale) et Red Hat a toujours eu un comportement presque exemplaire avec le libre.
La "force" de RHEL pour le développement du libre est quasi nulle. Sauf le pognon que ça génère qui est ensuite en parti mis dans Fedora, développeurs upstream, etc. Mais c'est indirect.
Red Hat pourrait faire le coup de Mark S. avec Fedora. La force de Fedora est le développement et surtout le développement en bonne entente avec les développeurs upstreams. En bonne entente et non dans un rapport de force.
Debian pourrait aussi le faire, mais on touche à des problèmes quasi culturels et d'organisation. M'enfin, de par sa nature non commerciale, Debian est bien placé.
Mais même pour Fedora c'est malvenu. Fedora est aussi la base d'un produit commercial.
L'aide qu'a Fedora de la communauté, des développeurs upstream, Fedora la tient de ses participations au libre. Pas d'un calendrier commercial, pas d'un discours bisounours "c'est bon pour le libre". Fedora se met au service du libre (dans une certaine mesure évidemment mais une bonne et belle mesure). Via l'infrastructure (qui est libre dans le cas Fedora :-)), via des développeurs, etc. Pas l'inverse, le libre n'est pas au service de Fedora. Puis Fedora en tire profit car Fedora fait parti du libre et est dans la logique du libre.
Qu'es-ce qui "dicte" le calendrier de Fedora et ses fonctionnalités ?
Sa communauté qui veut une distribution vivante (donc qui sort souvent, avec le dernier cri du libre), ses objectifs (le développement du libre, rien à foutre si le driver proprio bidule explose), les développements upstream et la participation de Red Hat évidemment. Ce ne sont pas des besoins commerciaux (ou très accessoirement puisque Fedora est la base de RHEL).
On peut dire évidemment grosso-modo la même chose pour OpenSuSE.
On peut aussi le dire pour Ubuntu et Mandriva. Mais nettement moins.
Ce n'est pas une critique de Mandriva. Mandriva assume (aussi bien son choix d'être une distribution (partiellement) commerciale que son faible poid et ne joue le rôle de "nouveau leader du libre"). Si on veut un calendrier commercial, être driver proprio friendly, on assure. On ne demande pas gratuitement la coopération du libre pour vous aider à gagner du pognon.
Évidemment, tout ceci ne dit pas que la coopération est mauvaise. Si KDE aligne son calendrier sur Gnome, ça peut peut-être sympa, etc. Mais assurement, la demande ne doit pas venir de Canonical qui est clairement ici motivé par des enjeux commerciaux.
Donc, où veut en venir Mark S. avec cette magouille. Je fais ici une simple supposition.
Mark S. veut :
1) soit créer à une masse critique (Ubuntu + Debian + ....)
2) soit appartenir à une masse critique (RHEL ou SLES)
Pour le 1), on a déjà vue des tentatives qui ont bien foiré. La dernière, et dans une moindre mesure, est Mandriva avec TurboLinux (où en est ce truc ?)
Pour le 2), ben il y a déjà CentOS, Oracle Linux, etc.
Le but est d'avoir, par exemple, Oracle supporté sur Ubuntu. Il n'y a pas de honte à ça. La méthode employée est par contre très très discutable pour ne pas dire pire.
Je vais parler que d'Oracle et RHEL, mais on peut généraliser.
Si Ubuntu est quasi la même chose que RHEL, Ubuntu va dire à Oracle : "on est populaire, vous avez fait tout le boulot pour RHEL, c'est trois fois rien pour vous de supporter Ubuntu".
Ubuntu pourrait faire une sorte de clone de RHEL (un clone pas aussi parfait que CentOS ou Oracle Linux). Mais les acheteurs ne sont pas dupes, ils savent que l'expertise est chez Red Hat et donc il achète du support Red Hat (du support c'est de l'expertise). L'échec d'Oracle Linux en dit long.
Cette voix doit être abandonnée. Ubuntu tente donc de diluer l'expertise de Red Hat. Ubuntu n'est plus alors une repompe de RHEL, mais Ubuntu et Red Hat des acteurs du noyau d'une distribution utilisée par Red Hat et Ubuntu (et d'autres).
C'est malin (quoique pas très nouveau), mais Red Hat (ou Novell) n'est pas con au point de se faire pièger. NB : On parle d'entreprises commerciales !
L'objectif, si je le comprend bien, est respectable. Canonical veut Oracle, etc sur Ubuntu. Mais le moyen utilisé est n'importe quoi.
Il est méprisant pour le libre. Il est irréaliste (sauf dans un cas, j'y reviens). Faut vraiment prendre Red Hat et Novell pour des gogos pour y croire.
Ça allège aussi les coûts d'Ubuntu mais je crois que l'essentiel n'est pas là.
Il serait très bien d'avoir une troisième acteur GNU/Linux pour les entreprises. Mais pas comme le fait Ubuntu. L'insistance de Mark S. montre qu'il y a un vent de panique chez Canonical.
Ou, si ça marche, c'est que Novell est aussi dans la même panique que Canonical et que sa survie dépend d'un partenariat avec Canonical.
Pourquoi pas. Mais le discours pipo de Mark S. me chauffe les oreilles.