• [^] # Re: Parce que...

    Posté par . En réponse au journal ubuntu ?== linux ?== gnome. Évalué à 2.

    Oui oui c'est bien "cogito ergo sum". Je viens de vérifier. Mais une tradition universitaire à fait passer le "cogito, sum" comme sens véritable. Dès lors certains souvenir de cours me laissaient croire qu'il s'agissait originellement de cogito, sum.
    Pour ce qui est de la devise, il y a bien incohérence au sens "politique". Politique ici au sens strict.

    Hannah Arendt explique très bien le problème de la notion de fraternité en politique dans "Vies politiques" :

    «Mais Lessing était gêné par le caractère égalitaire de la pitié: le
    fait que, comme il l'a souligné, nous sentions «quelque chose qui
    ressemble à la compassion» à l'égard aussi de qui fait le mal. Cela ne gênait pas Rousseau : d'accord avec l'esprit de la Révolution française, qui s'appuyait sur ses idées, il voyait dans la fraternité
    l'accomplissement de l'humanité. Lessing, au contraire, considérait que c'était l'amitié - aussi sélective que la pitié est égalitaire - le
    phénomène central où, seul, s'atteste l'humanité. (...) La compassion est devenue pour la première fois le mobile central du révolutionnaire avec Robespierre. (...) À travers la compassion, l'humanitarisme révolutionnaire de l'humanité du XVIIIe siècle cherche une solidarité avec le malheur et la misère, pour remonter aux sources même de la fraternité. Mais il est bien vite apparu que ce type d'humanité, qui sous sa forme pure est un privilège des parias, n'est pas transmissible, et ne peut pas facilement s'acquérir quand on n'en est pas.»

    Le problème de la non-transmissibilité de la fraternité lui interdit tout rôle politique, au sens ou la politique s'occupe aussi de la transmission de ce qu'elle créé pour les générations futures.

    De même notre égalité est une égalité en droit, mais pas de fait. Or en politique, c'est à dire l'espace publique des apparences dans laquelle la parole est libre, et dans laquelle il est possible d'agir pleinement, l'égalité n'est pas une égalité des persones, mais une égalité de statut. En ce sens règne en politique une profonde inégalité qui est une inégalité consécutive de la singularité de chaque êtres.