• # différence de finalité

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal interrogation philosophique. Évalué à 2.

    Il y a plusieurs choses qui rendent le développement et la diffusion de jeux libres différent du développement d'autres logiciels, je dirais même que c'est plus difficile. On ne demande pas la même chose à un utilitaire qu'à un jeu. Le premier doit faire son boulot, et le faire bien. Le second doit nous faire plaisir.

    Un utilitaire peut être intéressant même si il est incomplet. Une version 0.1 est déjà utilisable, il ne reste qu'à y ajouter des fonctionnalités. De plus, ce développement se marie bien avec les contributions de la communauté. Il n'y a pas ou peu d'ordre dans les tâches à accomplir et le cahier des charges tient en une ligne : "Le programme X sert à faire un truc."

    Du coté des jeux, je distingue deux catégories. D'une part les jeux sans scénario, une série de niveaux dont l'ordre n'a pas d'importance si ce n'est une augmentation de la difficulté (jeu de course, puzzles). On y joue de temps en temps et ça roule. Là, il y a une similarité avec les utilitaires.

    D'un autre coté, il y a les jeux scénarisés. Ici, il n'y a pas d'état "fonctionnel" tant que le jeu n'est pas terminé car le cahier des charges inclus une histoire complète. Avoir un jeu avec 5 des 10 niveaux, sans finalité, ce n'est pas mieux que ne rien avoir. Les contributions des utilisateurs dans ce cas me semblent plus difficiles.

    De plus, il y a un vrai problème de style dans les jeux libres. Ils sont laids ou font intervenir des manchots, ils ont une musique désagréable. On sent que les développeurs ont aimé développer leur jeu, mais qu'il manque une équipe artistique. Or, la première chose qui saute au yeux quand on lance un logiciel, c'est bien le look. Ensuite, ça ne doit pas être désagréable d'entendre la musique. Enfin, une fois ces deux étapes passées, il reste le gameplay. Il faut que ça soit fun et agréable.

    De plus, la sélection des contributions me semble plus contrainte. S'il est facile de suivre un style de programmation, c'est beaucoup plus difficile de suivre un style graphique ou sonore. Aussi, les contributions doivent suivre la ligne scénaristique, il y a moins de libertés sur la créativité, moins de "tiens je vais ajouter ça, ça sera cool."

    Pour finir, les logiciels utilitaires que nous utilisons seront toujours
    améliorables, et on sera toujours plus satisfait d'eux. Alors que lorsque l'on a terminé un jeu, c'est terminé. On y rejouera par nostalgie et on finira par le supprimer.