• [^] # Re: Contre démonstration ???

    Posté par . En réponse au journal L'effroyable imposture 2. Évalué à 0.

    Voilà un peu mieux. Dans un entretien, Alain de Benoist répond à l'accusation de racisme, qui est associée par beaucoup à l'extrême droite.
    Entre un « raciste masqué » qui dénonce le racisme et un antiraciste qui fait de même, j’aimerais qu’on m’explique la différence ! Je sais bien que, depuis Freud, oute dénégation peut être comprise comme confirmation du symptôme. Mais à ce compte-là, Marx pourrait aussi bien être considéré comme un « anticommuniste masqué ». Or, il se trouve que je ne me suis pas contenté d’affirmer que je ne suis pas raciste. J’ai publié trois livres (dont un intitulé Contra el racismo) et plusieurs
    dizaines d’articles pour démontrer la fausseté intrinsèque des théories racistes.
    Quel
    est l’auteur « de droite » qui en a fait autant ? Et qu’ajouter de plus ?
    Le terme de « racisme » désigne deux choses. D’une part, sur le plan idéologique, une doctrine qui fait de la race le facteur principal de l’existence humaine ; d’autre part, sur le plan sociologique, une attitude d’hostilité systématique envers un ou plusieurs groupes humains. Le racisme théorique est à mes yeux insoutenable : la race, pas plus que l’économie, n’est le concept essentiel qui permet d’éclairer l’histoire. Quant au racisme sociologique, il n’est qu’une variante parmi d’autres de
    l’altérophobie, c’est-à-dire de l’incapacité à reconnaître la valeur des différences et le caractère positif de l’altérité. J’ai horreur des phobies, quelles qu’elles soient, et tout particulièrement de la xénophobie, qui relève de ce que Heidegger appelait très justement la métaphysique de la subjectivité. Toute ma philosophie repose précisément sur le rejet de toute attitude consistant à poser le « moi » ou le « nous »
    (qui n’est qu’un « moi » élargi) comme le critère de la valeur et de la vérité.
    Je n’ai nullement l’« obsession » de la différence. Je constate seulement que nous vivons dans un monde où les identités culturelles, les modes de vie différenciés, tendent de plus en plus à être éradiqués par la logique du capital, par cette Forme-Capital qui homogénise le social en l’assujetissant à l’imaginaire de la marchandise.
    Il n’y a là rien qui puisse légitimer une nouvelle forme de racisme. Pierre-André Taguieff, que vous citez, a fini lui-même par en convenir. Lisez par exemple l’entretien qu’il a publié dans la revue italienne Una Città (« Razzismo e differenza », janvier-février 1996). Il y déclare explicitement que ma position peut être considérée comme « una forma moderata di relativismo culturale che si può ritrovare in Lévi-Strauss e che trovo del tutto legittima ». A la vérité, ceux qui portent contre moi l’accusation de « racisme masqué » n’ont tout simplement pas compris ce qu’est le
    travail de la pensée. Un homme politique peut dire le contraire de ce qu’il pense, car la finalité de son propos est d’accéder au pouvoir. Un intellectuel ne le peut pas, parce que son 1⁄2uvre est la seule chose qui restera de lui.