• # Faire peur

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Vidéo-surveillance : sécurité ou menace ?. Évalué à 10.

    J'adore car c'est facile de se faire peur.

    Maintenant tu dis "la sécurité des élèves qui est en jeu". Mais justement, il faudrait encore un élément qui nous dise que la question jouera sur la sécurité des élèves. Ca reste à prouver.

    Tu peux poser de sérieuses questions pour te décider :
    - qu'est ce qu'a permis de faire le précédent système ? les agressions ont-elles diminué avec sa mise en place (oui, non, ou juste déplacées) ?
    - est ce qu'un délit a été filmé, que le coupable n'a pas été identifié (même par d'autres moyens), et qu'une meilleure résolution aurait permis cette identification ?
    - est-ce que la police a déjà souhaité avoir accès aux archives dans le délai de deux jours et que l'absence de ces archives a empêché l'identification des coupables (ils n'ont pas été identifiés, même par d'autres moyens) ?

    Si on ne te répond pas "oui" avec des chiffres concrets à la première question alors tout le reste est sans objet et tu peux même demander l'arrêt de la vidéo-surveillance actuelle.

    Si on ne te répond pas "oui" avec un cas concret (et pas seulement hypothétique) à une des deux questions suivantes alors la mise à jour est sans objet et tu n'as aucune raison de l'approuver.

    Ce sont des questions concretes et simples, sur lesquelles on ne pourra pas t'accuser d'idélologie. Je doute franchement d'un oui à la première question mais surtout je suis convaincu à priori que tu auras un "non" aux deux questions suivantes (ou plutot un refus de répondre avec une excuse quelconque).

    Note : pour moi un "on ne sait pas" est comme un "non" parce que si on n'identifie pas un manque concret alors la mise à jour des caméra est basé sur des pré-jugés et la peur. Ca n'est pas suffisant vis à vis du cout et des risques.

    Après, si il s'avère que ces caméras et la mise à jour sont utiles (ce qui est toujours possible hein, soyons ouverts), alors la grande question à poser est :
    - qui a accès aux enregistrements, sous quelles conditions et comment sont-ils stockés ?
    Avec la question annexe :
    - ses conditions d'accès sont-elles écrites quelque part de manière ferme et publique pour consultation par les étudiants ?

    Le risque de la première question c'est que le chef d'établissement, un professeur ou un membre de l'administration puisse utiliser les enregistrements à des fins tierces. Par exemple pour repérer les retardataires, pour savoir qui est présent à une manifestation, pour savoir qui traine devant les portes, etc.
    Si ces enregistrements sont simplement là dans la loge du gardien et/ou dans un endroit qui ne soit pas gardé par une entité indépendante (genre une société de gardiennage) il y a un risqe de dérapage.
    Tu ne convaincras probablement personne de lacher la vidéo surveillance en sous entendant qu'il peut y avoir des dérapages de la part du cher d'établissement mais il reste important de le signaler. Signaler que ces dérapages peuvent aussi être faits aux dépends des professeurs et pas que des étudiants peut aider à faire prendre conscience (surtout si tu en parle au délégue du corps enseignant face à face avant le conseil, ce que je te ..conseille).

    Le sous entendu de la seconde question c'est qu'il est facile de mettre plein de bonnes volonté dans les propos sur "on ne s'en servira que sur requête de la police, seul le gardien les visionnera, l'administration s'interdit l'accès hors incident" mais ça n'engage personne et surtout ça ne sera pas opposable si jamais plus tard l'administration décide d'en faire un autre usage.
    Je doute fortement que l'administration souhaite faire un document public qui l'engage, et encore plus qu'elle l'ait préparé. Par contre il sera de ta responsabilité de demander à faire apparaître dans les minutes du conseil les déclarations qui t'auront été faites (le "ça ne servira que sur requête de la police", que tu devrais pouvoir obtenir si tu le demandes avec une légère insistance).

    C'est ta responsabilité et ton droit en tant que délégué du conseil que de faire inscrire des choses au compte rendu. Là dessus il ne faut pas lacher car il est possible qu'on ne t'écoute pas sur tout le reste.

    Voilà, en espérant t'avoir été utile. De manière générale, même si c'est facile à dire, il faut pointer l'inutilité avec des arguments concrets : "en deux ans ça ne vous aurait pas été utile, voilà le fait". Après la peur de la dérive ne convaincra personne mais te permettra d'obtenir des déclaration qu'il faudra faire archiver par écrit, car c'est ce que tu pourras opposer en cas de dérive plus tard.