La conscience, c'est quand-même quelque chose de particulier, quand on y pense.
Qu'on arrive à programmer une machine qui passe le test de Turing, pourquoi pas.
Qu'on m'explique que la conscience d'un humain est un phénomène émergent de son réseau neuronal, ok.
Maintenant, rien de tout ça m'explique pourquoi je vois le monde au travers de *ma* conscience, émergeant de *mon* cerveau. Pourquoi est-ce que je suis là ? Pourquoi je ne vois pas par les yeux de mon voisin ? Qu'est-ce que mon cerveau a de particulier par rapport à celui des autres ? Quel est le statut de ce "pointeur" qui fait le lien entre le "je" et cette boîte crânienne ? (Que celui qui me répond "void* je;" sorte de cette pièce immédiatement !).
Il y a donc une espèce de notion de point d'observation du monde que je n'arrive pas à m'expliquer.
Dans une grande partie de la science, la question de l'observateur est secondaire : on a présupposé que le monde était connaissable, et que c'était le même pour tous. On a donc plus ou moins posé l'universalité de la conscience. Tout au plus on peut se doter d'outils (logiques de connaissance, par exemple) permettant de prendre en compte la "connaissance" de telle ou telle entité, tout en distinguant la réalité du monde vrai de la représentation que telle ou telle entité s'en fait. L'herbe est verte quelle que soit la personne qui la regarde, pour peu qu'elle ne soit pas daltonienne, donc, pour simplifier, on pose qu'elle est verte même quand on ne la regarde pas !
Mais voilà, il y a la physique quantique, qui elle redonne tout son sens à la notion d'observation. Pour résumer, le fait qu'un phénomène ait été observé modifie radicalement le phénomène. Un photon peut-être en A et en B avec une probabilité égale... jusqu'au moment où on l'aura observé, et il va dire "ah, au fait, j'étais en A, en vrai ! Si si je vous jure !".
Je ne suis pas spécialiste en la matière, mais cela me laisse perplexe. Qu'est-ce qu'une observation ?
Si moi j'observe, le photon choisit. Si mon collègue observe, il en est de même, me dit-il (mais peut-être que mon collègue me ment ?). Si son chien (ou le chat de Schrödinger, tant qu'à faire !) observe, ce sera pareil, non ? Et si c'est Marvin, le robot super-intelligent du guide du routard ? Et si c'est Aïbo, le chien-robot de Sony ?
En pratique, rien que le fait de poser un détecteur compte comme une observation potentielle, qui influera, par exemple, sur la disposition des taches lumineuses sur l'écran de projection. Mais si je ne regarde ni le détecteur, ni l'écran, que se passe-t-il "en vrai" ?
Plus de lecture : http://fr.wikipedia.org/wiki/Problème_de_la_mesure_quantique
où l'on voit qu'il est difficile d'avoir une explication satisfaisante pour tout le monde !
[^] # Re: Voila d'ou viennent les 20%
Posté par Aldoo . En réponse au journal [Science] On n'utilise environ 10% de notre cerveau. Évalué à 2.
La conscience, c'est quand-même quelque chose de particulier, quand on y pense.
Qu'on arrive à programmer une machine qui passe le test de Turing, pourquoi pas.
Qu'on m'explique que la conscience d'un humain est un phénomène émergent de son réseau neuronal, ok.
Maintenant, rien de tout ça m'explique pourquoi je vois le monde au travers de *ma* conscience, émergeant de *mon* cerveau. Pourquoi est-ce que je suis là ? Pourquoi je ne vois pas par les yeux de mon voisin ? Qu'est-ce que mon cerveau a de particulier par rapport à celui des autres ? Quel est le statut de ce "pointeur" qui fait le lien entre le "je" et cette boîte crânienne ? (Que celui qui me répond "void* je;" sorte de cette pièce immédiatement !).
Il y a donc une espèce de notion de point d'observation du monde que je n'arrive pas à m'expliquer.
Dans une grande partie de la science, la question de l'observateur est secondaire : on a présupposé que le monde était connaissable, et que c'était le même pour tous. On a donc plus ou moins posé l'universalité de la conscience. Tout au plus on peut se doter d'outils (logiques de connaissance, par exemple) permettant de prendre en compte la "connaissance" de telle ou telle entité, tout en distinguant la réalité du monde vrai de la représentation que telle ou telle entité s'en fait. L'herbe est verte quelle que soit la personne qui la regarde, pour peu qu'elle ne soit pas daltonienne, donc, pour simplifier, on pose qu'elle est verte même quand on ne la regarde pas !
Mais voilà, il y a la physique quantique, qui elle redonne tout son sens à la notion d'observation. Pour résumer, le fait qu'un phénomène ait été observé modifie radicalement le phénomène. Un photon peut-être en A et en B avec une probabilité égale... jusqu'au moment où on l'aura observé, et il va dire "ah, au fait, j'étais en A, en vrai ! Si si je vous jure !".
Je ne suis pas spécialiste en la matière, mais cela me laisse perplexe. Qu'est-ce qu'une observation ?
Si moi j'observe, le photon choisit. Si mon collègue observe, il en est de même, me dit-il (mais peut-être que mon collègue me ment ?). Si son chien (ou le chat de Schrödinger, tant qu'à faire !) observe, ce sera pareil, non ? Et si c'est Marvin, le robot super-intelligent du guide du routard ? Et si c'est Aïbo, le chien-robot de Sony ?
En pratique, rien que le fait de poser un détecteur compte comme une observation potentielle, qui influera, par exemple, sur la disposition des taches lumineuses sur l'écran de projection. Mais si je ne regarde ni le détecteur, ni l'écran, que se passe-t-il "en vrai" ?
Plus de lecture : http://fr.wikipedia.org/wiki/Problème_de_la_mesure_quantique
où l'on voit qu'il est difficile d'avoir une explication satisfaisante pour tout le monde !