Je me suis ensuite rappelé [2] qu'une grande partie des gènes d'un être vivant ne porte aucune information utile à la "construction" de cet être.
Presque ; )
En fait, ce qu'on appelle gène est justement les parties de l'ADN qui sont exprimées et qui sont donc transcrites par l'ARN polymérase, cad l'usine à ARN.
L'ARN polymérase lit le brin d'ADN (2 séquences complémentaires antiparallèles) et fabrique une molécule d'ARN (1 seul séquence) contenant la même info.
Ensuite, cette molécule est soit traduite en protéine (il s'agissait alors d'un ARNm, m pour messager), soit reste à l'étape d'ARN (les ARNs, s pour small) et deviens une molécule utile au fonctionnement de la cellule.
Donc un gène = 1 molécule d'ARN transcrite.
Les gènes ( ~ 26 517 chez l'Homme, pour une taille moyenne de 72 000 paires de bases, soit 1908 * 10^6 paires de bases au total, pour une taille de génome de 3 400 *10^6) sont donc entouré de séquences non codantes.
En gros, pas mal de chose qui traîne, c'est un peu le /tmp du génome, avec plein de bouts d'ADN qui sont des vieux gènes qui ont été mutés jusqu'au point d'être intranscriptibles, des motifs répétés jusqu'à des milliers de fois, genre ..AGCAGCAGCAGC...) et aussi des motifs en début en extrémités des chromosomes.
On appelais avant toutes ces bouts d'ADN "Junk ADN", mais on s'est rendu compte de plus en qu'en fait, pas mal de ces séquences avaient un rôle structurel et/ou fonctionnel. Les motifs à la fin des chromosomes par exemple servent dans un mécanisme qui protège le rognage qui se produit lorsqu'un chromosome se réplique.
Après, pour rajouter de l'information, on utilise en fait un mécanisme naturel, commun à pas mal de virus et aux transposons ( des séquences d'ADN capables de s'extraire du brin d'ADN pour aller s'insérer ailleurs) : on prend leur séquence d'ADN, on vire tout ce qui ne sert pas à l'insertion dans le brin d'ADN (on obtient alors ce qu'on appelle un vecteur), on met à la place ce qu'on veut insérer (d'autres gènes, par exemple pour la thérapie génique; ou de l'information), on injecte le tout et on prie pour que le vecteur s'insère dans l'endroit qu'il faut.
C'est la technique qui a été utilisé sur les enfants bulle, qui n'ont pas de gène opérationnel pour le système immunitaire. On insère les gènes qu'il faut. Les premiers essais ont été assez concluant, avec une guérison chez les 10 enfants. Mais un des enfants a été atteint d'une leucémie suite à l'insertion du vecteur en plein milieu d'un gène). C'est donc encore très expérimental, mais beaucoup plus en avance chez les bactéries, du faite que leur mécanisme génomiques sont beaucoup plus simple.
[^] # Re: Johnny Mnemonic
Posté par Jérôme . En réponse au journal Insolite ou pas?. Évalué à 10.
Presque ; )
En fait, ce qu'on appelle gène est justement les parties de l'ADN qui sont exprimées et qui sont donc transcrites par l'ARN polymérase, cad l'usine à ARN.
L'ARN polymérase lit le brin d'ADN (2 séquences complémentaires antiparallèles) et fabrique une molécule d'ARN (1 seul séquence) contenant la même info.
Ensuite, cette molécule est soit traduite en protéine (il s'agissait alors d'un ARNm, m pour messager), soit reste à l'étape d'ARN (les ARNs, s pour small) et deviens une molécule utile au fonctionnement de la cellule.
Donc un gène = 1 molécule d'ARN transcrite.
Les gènes ( ~ 26 517 chez l'Homme, pour une taille moyenne de 72 000 paires de bases, soit 1908 * 10^6 paires de bases au total, pour une taille de génome de 3 400 *10^6) sont donc entouré de séquences non codantes.
En gros, pas mal de chose qui traîne, c'est un peu le /tmp du génome, avec plein de bouts d'ADN qui sont des vieux gènes qui ont été mutés jusqu'au point d'être intranscriptibles, des motifs répétés jusqu'à des milliers de fois, genre ..AGCAGCAGCAGC...) et aussi des motifs en début en extrémités des chromosomes.
On appelais avant toutes ces bouts d'ADN "Junk ADN", mais on s'est rendu compte de plus en qu'en fait, pas mal de ces séquences avaient un rôle structurel et/ou fonctionnel. Les motifs à la fin des chromosomes par exemple servent dans un mécanisme qui protège le rognage qui se produit lorsqu'un chromosome se réplique.
Après, pour rajouter de l'information, on utilise en fait un mécanisme naturel, commun à pas mal de virus et aux transposons ( des séquences d'ADN capables de s'extraire du brin d'ADN pour aller s'insérer ailleurs) : on prend leur séquence d'ADN, on vire tout ce qui ne sert pas à l'insertion dans le brin d'ADN (on obtient alors ce qu'on appelle un vecteur), on met à la place ce qu'on veut insérer (d'autres gènes, par exemple pour la thérapie génique; ou de l'information), on injecte le tout et on prie pour que le vecteur s'insère dans l'endroit qu'il faut.
C'est la technique qui a été utilisé sur les enfants bulle, qui n'ont pas de gène opérationnel pour le système immunitaire. On insère les gènes qu'il faut. Les premiers essais ont été assez concluant, avec une guérison chez les 10 enfants. Mais un des enfants a été atteint d'une leucémie suite à l'insertion du vecteur en plein milieu d'un gène). C'est donc encore très expérimental, mais beaucoup plus en avance chez les bactéries, du faite que leur mécanisme génomiques sont beaucoup plus simple.
J'espère que c'était suffisamment clair ^^