• [^] # Re: Avec quel argent ?

    Posté par . En réponse au journal Les 100 propositions de Ségolène Royal - Logiciels libres dans l'administration. Évalué à 5.

    C'est vraiment une vision ras des paquerettes : penser qu'il faut gérer un Etat en "bon père de famille". Problème : le budget d'un Etat n'a rien à voir avec celui d'un ménage. Un Etat est éternel, ne peut pas faire faillite et peut choisir d'augmenter ses recettes en levant plus d'impôts (essaye d'augmenter ton budget à volonté de ton côté) . Ensuite, les experts de Bercy sont de meilleurs gestionnaires que le père de famille moyen (si si) et l'Etat peut emprunter à un coût bien moindre qu'un ménage individuellement.

    L'État ne peut pas faire faillite, mais on lui cède de l'argent qu'à partir du moment où il est considéré comme solvable. Être solvable, c'est avoir un PIB supérieur aux intérêts de la dette. Forcément, une fois que les intérêts dépassent la dette, on ne peut plus rembourser. Actuellement, la dette de la France est à 66% du PIB. Je t'accorde qu'on est loin de la faillite, mais on ne pourra pas éternellement emprunter. Sinon pourquoi certains états comme le Canada se seraient donnés tant de mal à réduire leur dette ?

    La proposition de Bayrou est du monétarisme poussé jusqu'à l'absurde. Le monétarisme, c'est l'idéologie qui veut faire croire que l'argent a une valeur en soi alors que ce n'est qu'un outil pour créer une véritable croissance. C'est un outil qu'il faut réorienter vers la recherche, l'éducation, la production, l'économie réelle. Du coup, un déficit temporaire peut être une bonne chose à terme si l'Etat est bien géré.Si l'Etat finance une ligne de TGV qui coûte très cher au début mais qui rapporte beaucoup pendant des dizaines d'années, il est totalement crétin de payer cash les travaux d'infrastructure.

    AMHA, le financement d'une ligne de TGV est un investissement et pas une dépense de fonctionnement. Une dépense de fonctionnement est une dépense qui permet à un service/bien public de continuer à fonctionner correctement (donc ce serait plutôt la rémunération des employés de la SNCF, l'entretien des rails, etc...).

    Tu me diras, on pourrait exclure les dépenses d'avenir qui coûte à un moment t mais rapporte beaucoup à t+T de l'interdiction constitutionnelle. Pas si simple que cela : payer des professeurs c'est une dépense de fonctionnement ou un investissement pour l'avenir ? En clair, il suffira de labelliser à son gré les dépenses pour respecter l'interdiction constitutionelle. On ne peut pas imposer dans la Constitution que le gouvernement mène une politique économique intelligente !

    Je suppose qu'il y a quand même des critères précis en comptabilité pour "labelliser" une dépense. Sinon comme tu le dis, cette loi (comme de nombreuses autres) n'aurait aucun intérêt.