Internet n'est pour la politique ni bon ni mauvais, ce n'est qu'un outil d'une grande flexibilité qui sera bon ou non suivant la manière dont on s'en sert. À nous, la génération Internet, d'inventer des formes positives pour la démocratique. Quelques exemples de réussites : la campagne de la FFII, le pacte écologique de Nicolas Hulot.
Ceci dit, si à une échelle limitée, Internet ouvre des perspectives plus qu'alléchantes, je suis plutôt pessimiste sur son rôle en tant que média de masse.
Tout d'abord parce que l'éclosion d'Internet a fait que paradoxalement la télévision est plus puissante que jamais vu qu'elle a fait vaciller son contre-pouvoir classique, la presse écrite, tandis qu'elle était elle-même très peu affectée (c'est pas le même public).
Deuxièmement, parce qu'Internet ne devient un média de masse qu'à partir du moment où s'enclanche un effet viral, et l'expérience montre que seuls les trucs les plus frappants, y compris les pamphlets et les rumeurs et autres demi-informations simplistes, anxiogènes, nauséabondes, ad hominem, théories du complot... se propagent de manière virale. Je trouve que du coup les campagnes où Internet a joué un rôle massif ont jusqu'ici plutôt favorisé les orientations les plus réctionnaires (réélection de Bush en 2004, effet d'amplificateur des thèses des extrêmes et des nationalistes en 2005, actuellement ça ne vole pas très haut non plus).
Donc méfiance ! À nous de faire preuve de maturité : s'interroger sur la provenance et la pertinence des "infos", ne pas céder à la facilité, ne pas relayer n'importe quoi, s'imposer un temps de réflexion et une vérification minimale avant de forwarder un mail ou une info sur un forum, faire gaffe aux emballements bloguesques dont la rapidité n'est pas une feature mais un défaut structurel majeur, ...)
# Un outil qui n'est ni bon ni mauvais en soi
Posté par Minos . En réponse au journal [HS]Politique et Web. Évalué à 9.
Ceci dit, si à une échelle limitée, Internet ouvre des perspectives plus qu'alléchantes, je suis plutôt pessimiste sur son rôle en tant que média de masse.
Tout d'abord parce que l'éclosion d'Internet a fait que paradoxalement la télévision est plus puissante que jamais vu qu'elle a fait vaciller son contre-pouvoir classique, la presse écrite, tandis qu'elle était elle-même très peu affectée (c'est pas le même public).
Deuxièmement, parce qu'Internet ne devient un média de masse qu'à partir du moment où s'enclanche un effet viral, et l'expérience montre que seuls les trucs les plus frappants, y compris les pamphlets et les rumeurs et autres demi-informations simplistes, anxiogènes, nauséabondes, ad hominem, théories du complot... se propagent de manière virale. Je trouve que du coup les campagnes où Internet a joué un rôle massif ont jusqu'ici plutôt favorisé les orientations les plus réctionnaires (réélection de Bush en 2004, effet d'amplificateur des thèses des extrêmes et des nationalistes en 2005, actuellement ça ne vole pas très haut non plus).
Donc méfiance ! À nous de faire preuve de maturité : s'interroger sur la provenance et la pertinence des "infos", ne pas céder à la facilité, ne pas relayer n'importe quoi, s'imposer un temps de réflexion et une vérification minimale avant de forwarder un mail ou une info sur un forum, faire gaffe aux emballements bloguesques dont la rapidité n'est pas une feature mais un défaut structurel majeur, ...)