• [^] # Re: Faut quand même un peu garder les pieds sur terre.

    Posté par . En réponse au journal L'Europe telle que nous l'avons perdue. Évalué à 2.

    Et malheureusement, je dois te corriger, la politique sociale est un des rares domaines qui ne passe pas à la majorité qualifiée.

    Restons sobres : si il s'agit de passer un decret pour exiger que les entreprises rétribuent les femmes au même salaire que les hommes à expérience et diplômes égaux d'ici à l'horizon 2020 sous peine de sanctions de 10cts d'Euro par année de retard sur la promulgation de la loi dans les etats membres; alors oui ca peut se passer de l'unanimité ou de la majorité des deux tiers.
    Par contre si il on essaye de passer des lois sur un salaire minimum, un nombre de jours de congés, la notion de salubrité des habitations ou une prise en charge santé par des mutuelles obligatoires, on voit alors immédiatement le projet de loi être redirigé vers l'ecconomie, la santé, l'équipement ou autre et donc soumis au vote unanime.

    Par contre je ne suis pas vraiment d'accord avec ta remarque sur les petits pays. Je pense que la plupart d'entre eux aspirent tout de même à plus de sécurité sociale.

    Nous sommes tout à fait d'accord. Mais il existe deux façon d'améliorer les protections sociales. la première consiste à faire du social forcé via les syndicats ou les élus pour obtenir des lois qui obligent les entreprises à dédier uen plus grande part de leur revenu aux droits des travailleurs, la seconde consiste à faire tourner l'ecconomie a plein régime pour avoir un effet de levier qui développe les infrastructures et le cadre de vie. Pour un pays dans lequel les infrastructures sont archaïques ou inexistantes et le cadre de vie terne le choix est très vite fait. Le septits pays ont tout interet à faire venir les capitaux d'abord et à remettre à plus tard le coté législatif du social.

    Mais perso je préfère être légiféré et gouverné par des gens optimistes. :)

    Je n'ai rien contre les optimistes, mais je pense que le temps est plus au réalisme - j'ai peur que si, dans un avenir proche, on ne corrige pas le tir, il faudra passer au pragmatisme austère.

    Il n'y a qu'à voir comment le parlement a réduit en charpie le projet de directive Bolkenstein. Leur donner la codécision sur une majorité de domaines, c'est forcément rendre l'europe moins néo-libérale (à condition que les européens votent centre ou gauche aux élections européennes).

    Tout d'abord, je me dois par honnêteté intellectuelle de préciser que je suis libéral (lachez vous sur le moissage), ensuite la directive Bolkenstein n'est pas neo-libérale a moins de considérer que l'Europe peut être neo-libérale vis à vis d'elle même. Bolkenstein n'avait pas d'autre but que d'harmoniser la libre circulation des travailleurs qui existe déjà soit dit en passant et qui un foutoir innomable. Pour la France par exemple si vous voulez ouvrir une entreprise en étant de nationalité étrangère Européenne le nombre de papiers requis et de démarche dépend du domaine d'activité, de vos parts dans la société, de votre possession d'un permis de sejour, de la distance de votre entreprise à la frontière, de la bonne volontée de votre prefecture, de la zone d'implantation etc. Mais par exemple il n'y a déjà rien qui empêche un citoyen Européen (polonais par exemple) de venir ouvrir une entreprise individuelle en s'inscrivant au registre des artisans plombiers. La peur éprouvé vis à vis de Bolkenstein est la même que celle qui a été éprouvé vis à vis du TCE, irraisonnée.

    Et dans certaines matières, comme la culture, chaque gouvernement dispose d'un droit de veto. Si ça ce n'est pas un véritable frein à la néo-libéralisation, et à la propriétarisation de la connaissance (brevets logiciels), je mange mon chapeau.

    En ce qui concerne les brevets logiciels comme en ce qui concerne les mesures de protection anti-copie, ce n'est pas la culture qui est en charge, mais l'ecconomie (et parfois la cellule chasse pêche et autres). Si ca freine, ca ne vient absolument pas du droit de veto de la culture (qui est non utilisable et donc inutile) mais bel et bien d'une réelle volonté d'opposition aux projets concernés. Bon appétit pour le chapeau.
    Ensuite le neo-libéralisme est le libéralisme tourné vers l'extérieur. Pour le conseil de l'Europe l'extérieur c'est beaucoup plus l'Inde, la Chine ou le Brésil, lesquels se foutent royalement de ce qui a été voté à Bruxelle. Finalement le libéralisme comme le néo-libéralisme voient d'un assez sale oeuil les brevets exclusifs et/ou fermés qui vont à l'encontre de la libre entrée sur le marché (et donc de la concurence pure et parfaite qui est un des piliers fondamentaux du libéralisme).
    Les seuls "libéraux" qui pourraient voir d'un oeuil clément les brevets sur le logiciel, les DRM et autres consortium privés sur les formats sont les ultras, et encore pas tous.