• [^] # Re: Re:

    Posté par . En réponse au journal [HS] Pour un athéisme de combat. Évalué à 3.

    Théorie, au sens logique du terme : à savoir l'ensemble des conséquences (théorèmes) d'un ensemble d'axiomes donné convient bien. Un théisme en serait une autre avec un axiome de l'existence de Dieu en plus (axiome sous la forme : « il existe une entité que nous appellerons Dieu et qui a les propriétés suivantes : a- ... b- ... »). Reste a vérifier que la théorie n'est pas contradictoire.

    De la même manière, il existe une théorie des ensembles avec et sans axiome du choix. Heureusement ledit axiome est indépendant des axiomes ZF : à savoir qu'il n'en est pas la conséquence, et qu'heureusement il ne les contredit pas. Cela fait que les deux théories sont non autocontradictoires et sont toutes deux utilisables.

    Maintenant, dans le vocabulaire courant, théorie a pris une connotation négative, au sens « vague explication du réel sans fondement ». Or toute explication du réel est en fait une modélisation du réel par une théorie. Mais certaines sont plus mauvaises que d'autres pour diverses raisons :
    - certaines sont autocontradictoires
    - certaines sont fausses car contredites par l'expérience (la terre plate)
    - certaines certaines sont non-falsifiables. Au sens où certaines hypothèses ne peuvent être invalidées par aucune expérience
    - certaines sont non-parcimonieuses (au sens d'Ockahm) : certaines hypothèses sont inutiles, ou bien affreusement complexes quand des hypothèses plus simples expliquent plus de choses. Ce cas rejoint un peu le précédent.

    Pour moi il est à peu près clair que tous les théismes modernes revus et corrigés entrent dans les 2 dernières catégories (alors que les vieilles croyances pré-scientifiques entraient dans la première et la deuxième).

    En quoi ces 2 dernières catégories sont elles mauvaises ? Déjà parce que plus il y a d'hypothèses, plus il y a de chances qu'en fait elles soient vraiment contradictoires soit entre elles soit avec le réel. En tout cas, c'est très dur à vérifier. Ensuite parce qu'une hypothèse inutile est tout de même une hypothèse, et va donc orienter les raisonnements... qui vont naturellement chercher à l'utiliser alors que dans une démarche saine, cela devrait se passer dans l'autre sens : on essaye d'expliquer un phénomène, et voyant qu'on n'y arrive pas avec la théorie courante on est amené à modifier les hypothèses de départ. La suite de la démarche est d'imaginer une suite d'expérience testant les conséquences des modifications, susceptibles d'invalider la nouvelle théorie.
    De plus une théories trop compliquée ralentit la recherche et risque plus facilement d'induire en erreur.