Bon, je vais nourrir le troll, il m'a l'air d'être encore assez affamé, là !
Je voulais juste dire en passant que c'était de l'hypocrisie la plus totale de prétendre enlever toute composante un tant soit peu globale dans les méthodes syllabiques, largement majoritaires aujourd'hui. Vous vous voyez, vous, lire en décomposant tout le temps chaque mot syllabe à syllabe, lettre à lettre ? Il y a bien un moment où la reconnaissance immédiate du mot est indispensable. Bon, ça personne ne le conteste. Une méthode est dite globale ou semi-globale, par contre, lorsque dès le début certains mots sont reconnus de manière globale. Là encore, c'est défendable, dans la mesure où cela permet de lire quelques textes assez vite, et de donner de l'intérêt à la décomposition syllabe par syllabe des autres mots. De bouche d'instit, ce serait ça qui fait qu'on qualifie de mixtes des méthodes qui sinon on tout de syllabique. Le problème arrive quand on abuse de ce procédé, car l'élève aura tendance à tout vouloir déchiffrer de manière globale, même les mots qu'il n'a jamais lus et qui ne ressemblent que de très loin à des mots qu'il connaît déjà.
Le problème, c'est qu'à cause des problèmes que peuvent causer la méthode globale, on est entré dans une sorte de chasse aux sorcières et dans une parano ambiante, où par manque d'information (qui a parlé de FUD ? de dyslexie ?), et bien évidemment pour le bien de leur rejeton, les parents voudraient faire brûler les méthodes comportant la moindre once de global, et jeter les instits qui les utilisent dans le même bûcher.
Ainsi, si l'action de SOS éducation consistait, non pas à cafeter au ministre, mais au contraire à informer les parents : « Hmmm mais non, cette méthode de lecture n'est pas sale ! », elle pourrait alors être utile, en déchargeant les enseignants de ces boulets de parents d'élève qui viennent se plaindre en prétendant s'y connaître mieux que l'instit ! Ensuite, si la méthode est vraiment sale... bien, si on essayait la négociation, avant d'envoyer l'enseignant au bûcher ?
Mais bon, le ministère préfère organiser la défiance plutôt que le dialogue constructif. C'est une méthode qui ne marche pas trop mal en ce moment pour les hommes politiques (de droite surtout, mais pas seulement). Parents d'élèves contre instits, Turcs contre Arméniens, fonctionnaires contre le reste de la population, petits patrons contre employés, papys et mamies contre les jeunes des banlieues, Gnomistes contre KDEistes (ah c'est pas de leur faute ça ?)...
PS : Dans le cas d'élèves affectés de certaines déficiences mentales, dans les établissements spécialisés, les instits sont obligés d'essayer un peu tout pour espérer faire un jour de ces apprenants difficiles des lecteurs. Si une méthode quelle qu'elle soit (même purement globale !) leur permet de lire un texte simple, on ne peut pas cracher dessus. Ainsi, il s'agit de garder un peu de discernement, et de garder à l'esprit qu'une méthode déconseillée pour un certain cadre d'éducation (classe de CP normale avec 25-30 élèves) peut se retrouver tout à coup utile dans un autre (CP spécialisé avec 5 élèves, permettant de différencier la pédagogie pour chacun).
[^] # Re: C'est un scandale
Posté par Aldoo . En réponse au journal Un peu de délation ? Mais si ! mais si !. Évalué à 10.
Je voulais juste dire en passant que c'était de l'hypocrisie la plus totale de prétendre enlever toute composante un tant soit peu globale dans les méthodes syllabiques, largement majoritaires aujourd'hui. Vous vous voyez, vous, lire en décomposant tout le temps chaque mot syllabe à syllabe, lettre à lettre ? Il y a bien un moment où la reconnaissance immédiate du mot est indispensable. Bon, ça personne ne le conteste. Une méthode est dite globale ou semi-globale, par contre, lorsque dès le début certains mots sont reconnus de manière globale. Là encore, c'est défendable, dans la mesure où cela permet de lire quelques textes assez vite, et de donner de l'intérêt à la décomposition syllabe par syllabe des autres mots. De bouche d'instit, ce serait ça qui fait qu'on qualifie de mixtes des méthodes qui sinon on tout de syllabique. Le problème arrive quand on abuse de ce procédé, car l'élève aura tendance à tout vouloir déchiffrer de manière globale, même les mots qu'il n'a jamais lus et qui ne ressemblent que de très loin à des mots qu'il connaît déjà.
Le problème, c'est qu'à cause des problèmes que peuvent causer la méthode globale, on est entré dans une sorte de chasse aux sorcières et dans une parano ambiante, où par manque d'information (qui a parlé de FUD ? de dyslexie ?), et bien évidemment pour le bien de leur rejeton, les parents voudraient faire brûler les méthodes comportant la moindre once de global, et jeter les instits qui les utilisent dans le même bûcher.
Ainsi, si l'action de SOS éducation consistait, non pas à cafeter au ministre, mais au contraire à informer les parents : « Hmmm mais non, cette méthode de lecture n'est pas sale ! », elle pourrait alors être utile, en déchargeant les enseignants de ces boulets de parents d'élève qui viennent se plaindre en prétendant s'y connaître mieux que l'instit ! Ensuite, si la méthode est vraiment sale... bien, si on essayait la négociation, avant d'envoyer l'enseignant au bûcher ?
Mais bon, le ministère préfère organiser la défiance plutôt que le dialogue constructif. C'est une méthode qui ne marche pas trop mal en ce moment pour les hommes politiques (de droite surtout, mais pas seulement). Parents d'élèves contre instits, Turcs contre Arméniens, fonctionnaires contre le reste de la population, petits patrons contre employés, papys et mamies contre les jeunes des banlieues, Gnomistes contre KDEistes (ah c'est pas de leur faute ça ?)...
PS : Dans le cas d'élèves affectés de certaines déficiences mentales, dans les établissements spécialisés, les instits sont obligés d'essayer un peu tout pour espérer faire un jour de ces apprenants difficiles des lecteurs. Si une méthode quelle qu'elle soit (même purement globale !) leur permet de lire un texte simple, on ne peut pas cracher dessus. Ainsi, il s'agit de garder un peu de discernement, et de garder à l'esprit qu'une méthode déconseillée pour un certain cadre d'éducation (classe de CP normale avec 25-30 élèves) peut se retrouver tout à coup utile dans un autre (CP spécialisé avec 5 élèves, permettant de différencier la pédagogie pour chacun).