• [^] # Re: Nous sommes irrationnels

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Les choix étranges du libre. Évalué à 8.

    Attention, attention.
    Comme tu dis le libéralisme économique est bien un concept. Il est né, je précise, au siècle des Lumières. Au cours de la révolution, les différents mouvements politiques ont tenté d'appliquer le libéralisme économique mais, dans l'état désorganisé et quasi-anarchique d'alors, ça a aboutit plus à des problèmes qu'à les résoudre, ce qui a fait que, face aux mouvements populaires (déjà), ils ont du plusieurs fois retourné en arrière. Cet exemple aurait dû amener au FMI à s'interroger sur sa politique concernant des pays pauvres à qui ils ont imposé d'appliquer le dogme libéral et qui a conduit à un plus grand appauvrissement de ceux-ci.

    Mais attention, le mot "libéral" de libéralisme ne signifie rien d'autre que "laisser faire le commerce sans entraves". Ce qui n'est pas une mauvaise chose en soit. Mais il ne faut pas oublier ceci :
    - la liberté s'arrête là où comme celle d'autrui (question : où est la frontière ?),
    - l'homme est un animal comme les autres : il veut marquer son territoire et imposer son pouvoir dans la meute ou le clan. Le résultat est que le mouvement libéral n'est qu'une arme aux mains des bien disposés dans le milieu économique pour imposer leurs ... politiques. Voir à ce titre, la révolution française avec la composition du tiers-état et donc des différentes assemblées et leurs politiques.

    Maintenant, l'économie ne parle, en elle-même, que de gâteau fini. De ceci, découle les questions :
    - qui a fait le gâteau ?
    - qui tient le couteau ?
    - qui décide des parts ?
    - comment sont fait les parts et pour qui ?
    - etc.
    Or, la doctrine libérale moderne a noyé le poisson avec des concepts fumeux comme le marché, la concurrence libre et non faussée par exemple. Or ces doctrines s'appuient déjà sur des hypothèses fausses puisque l'homme est considéré comme rationnel et que le temps n'y est même pas pris en compte !

    Bien sûr, dis comme ça, la concurrence libre et non faussé, ça le fait bien. Mais voilà, Nash a prouvé que la concurrence libre et non faussée n'existe pas et que celle réelle conduit finalement à un équilibre économique bas. Lipsay et Lancaster ont enfoncé le clou là dessus en montrant que lorsque l'on transforme l'économie réelle en une économie de concurrence libre et non faussée, on s'y éloigne de plus en plus en y dégradant de plus en plus le contexte économique.

    Pour finir, l'économie ne s'applique que sur des valeurs "rares". Or les sociétés riches vivent dans une société d'abondance et avec la société numérique surgit des valeurs non "rares". Que ce passe t'il : on tente de créer une raréfication de ces nouveaux objets au nom du libéralisme économique (en fait il ne sert que de prétexte) => déséquilibre de la société. D'où cette phrase "des sociétés riches de gens pauvres" (je ne sais plus où je l'ai lu).

    Mon opinion actuel : l'économie est une affaire des princes. Elle impacte trop la santé de la société pour la laisser aux seuls mains des marchands. Oui, il ne doit pas avoir entrave au libre commerce, mais c'est à l'état d'encadrer ceci afin d'y assurer, tant bien que mal (car l'état ce sont des individus donc imparfaits) la bonne santé de la société et un bon équilibre des rapports de force entre les différents agents économiques. De plus je pense que l'imperfection inhérente de l'état peut-être un tant soit peu diminuée dans une république ou une démocratie.