• [^] # La LOLF

    Posté par . En réponse au journal (DADVSI) C'est l'hôpital qui se fou de la charité. Évalué à 5.

    Marrant, la LOLF citée en exemple.

    Pour information la LOLF est relativement merdique, de ce que j'ai retenu de mes cours sur son fonctionnement, c'est qu'on fait semblant de rationaliser les choses avec une usine à gaz administrative (chaque dépense est regroupée dans des programmes, eux-même regroupés dans des missions).

    Beaucoup d'objectifs se révèlent bidons dans leur application, par exemple, chaque dépenses doit être prévue en association avec un Projet Annuel de Performance (PAP), notamment via des indicateurs fournits au préalables pour mesurer l'efficacité de ladite dépense avant de la reconduire ou non l'année suivante. Mais lors du Rapport Annuel de Parformance (RAP), qui, si tout s'est bien déroulé, doit logiquement être égale au PAP des dépenses à peu ou prou près. Eh bien non : il y a des dépenses sans indicateurs pour PAP (puis RAP, bien-sûr), pour exemple…

    En règle générale, sachez que l'économie, c'est le bordel.

    Je vais vous donner quelques exemples supplèmentaires pour vous fixer un peu mieux les idées, car il est vraie que l'économie est un enchevêtrement touffu difficilement désentremêlable :

    Dans La Comptabilité Nationale (ComptaNat), on cherche à comptabiliser la production d'un pays (le fameux Produit Intèrieur Brut, PIB). Pour le privé (entreprises & ménages), c'est apparement facile, on somme toutes les dépenses d'un côté et toutes les recettes de l'autres, puis on fait la différences des deux.

    Pour le public, si on appliquait cela, on croirait que le public ne produit rien : les entreprises publiques vendent en dessous du coût du produit, leur déficit est soldé par des subventions. Or, il est évident qu'elle produisent : l'Imprimerie Nationale, par exemple, qui réalisent les papiers d'identité comme le passeport. Elle les produits bien !
    Alors, la ComptaNat a adopté une convention : leur production est égale à leur dépenses.

    Mais si on y réfléchit : le public ne peut pas gaspiller : s'il dépense mal, il dépense quand même et donc produit et donc ne gaspille pas. Sur ce la ComptaNat doit passer par d'autres chemins tortueux pour retrouver son latin…

    Tout ce bordel n'est pas systèmatiquement du à la difficulté de faire remonter l'incroyable complexité de la réalité dans des petits rapports pour nos chers gouvernants : il y a aussi parfois, l'idéologie qui s'y met.

    Le seuil de pauvreté est édifiant. Par intuition, on se dit que c'est le minimum vital en dessous duquel, tu ne vis que pour faire durer le présent, la tête rongée par la simple nécessité de se nourrir et de se loger. On se trompe !

    En France le seuil de pauvreté est défini ainsi : on prend une population (celle de France, en l'occurrence), on la classe par odre des salaires, on prend le salaire qui coupe cette population en deux parts égales : l'une qui gagne plus, l'autre qui gagne moins (salaire dit médian), puis on prend la moitié de ce salaire médian.

    Du coup, si tout le monde s'enrichit dans la même proportion, mettons 20%, le salaire médian augmente de 20% et finalement, il y a autant de pauvres (comprendre en dessous de l'étrange seuil de pauvreté) malgré l'enrichissement général !

    On peut faire encore pire, suivez bien : Une population très pauvre n'a que 1¤ par jour pour l'immense majorité, quelques uns descendent jusqu'à 0,75¤, pas moins.
    Le salaire médian est donc de 1¤. Le seuil de pauvreté est de 0,50 ¤. Aucun n'est en dessous du seuil. Il n'y a donc pas de pauvres !

    En fait, cet indicateur mesure l'inégalité relative entre les élèments de la population et non un seuil de pauvreté indexé sur le pouvoir d'achat des personnes désignées comme pauvres.

    C'est une vision comuniste des choses : pour qu'il n'y ait plus de pauvres, il faudrait que tout le monde gagne à peu près la même chose, au moins dans la moitié la moins riche de la population plus une personne.

    Le degré de fanatisme est donné par le ratio du salaire médian : à 100% du salaire médian, on a un communiste pur et dur, car si on gagne moins que ce salaire médian, on est en dessous du seuil de pauvreté. Si on a 0% du salaire médian, alors il faudrait être endetté net, pour être considéré comme en dessous du sueil de pauvreté : on a un capitaliste type grand requin blanc, la gueule jamais vraiment fermée…

    J'espère que cela vous intéressa…