• [^] # Re: Je râle

    Posté par . En réponse au journal Apache sur votre mobile. Évalué à 6.

    En français, la position de l'adjectif n'a été fixée que récemment. Le latin permet de le poser n'importe où. Avec la perte des différents cas (= la modification de la forme du mot suivant sa fonction, comme les désinences en latin), le français a perdu l'information de la fonction du mot. Pour remplacer la perte de cette information dans la morphologie, on l'a replacée dans la syntaxe : la position obligatoire (ou presque).
    Les mots anglais ont une morphologie très peu variable (juste le pluriel, le -s des verbes pour he/she/it, les -ed, -ing des verbes, le -ly des adverbes (et encore, c'est discutable)). Donc la position est très importante en anglais.
    On peut aussi penser au chinois (qui a subi il y a 2000 ans ce que l'anglais subit aujourd'hui).

    Or donc, pendant la phase transitionnelle entre le marquage morphologique des cas et leur marquage positionnel, le français a oscillé et a été plus souple que maintenant (mais il reste encore souple). Cela permet de jolies distinctions : brave homme / homme brave...
    D'ailleurs, le français a un mécanisme oral très pratique pour discerner certains cas ambigus (un peu comme la distinction d'accent en anglais ou en chinois) : la liaison, qui n'est possible qu'à l'intérieur d'un groupe solidaire. P.ex. : « le savant aveugle » qui peut être prononcé avec ou sans liaison (*taveugle) suivant qu'il s'agit respectivement d'un aveugle qui est savant ou d'un savant qui est aveugle.

    Pour revenir au « fin mot de l'histoire », « fin » y est l'adjectif courant : « pas épais ».
    Il faut avoir l'esprit plus fin !

    Ah, elle est fine, celle-là ! -->[]