Je suis d'accord avec toi sur les problèmes d'orientation, qui est très souvent inexistante, et j'apprécie ton idée du wiki.
Je voudrais juste apporter quelques informations tirées de mon expérience personnelle. Avant, les jeunes « s'orientaient » d'eux-même en fonction de leur milieu social, et beaucoup exerçaient des métiers qu'ils n'avaient pas choisi.
Maintenant, l'école nous fait la promesse que les jeunes peuvent virtuellement exercer le métier qu'ils souhaitent, pourvu qu'ils étudient correctement. Je trouve que ceci s'apparente à de la publicité mensongère. On s'aperçoit que beaucoup de jeunes sont orientés vers les filières professionnelles contre leur gré, et que parfois, il aurait suffit d'un petit coup de pouce pour qu'ils mènent de longues et brillantes études les conduisant vers le métier de leur rêve.
En ce qui me concerne, je me suis toujours ennuyé à l'école. Non que je n'y réussissais pas, au contraire même, et je ne cesse maintenant d'insister pour que les jeunes que je connais aient un bon dossier scolaire (ce qui ouvre pas mal de portes).
En l'occurrence, je n'ai jamais eu de vocation. Comme tous les jeunes, j'ai rêvé d'être pompier, policier, militaire (rayer les mentions inutiles). Mais à l'entrée du lycée et à la sortie, je ne savais toujours pas ce que je voulais faire. Aucun métier ne m'attirait plus qu'un autre, parce que je ne connaissais pas du tout le monde du travail.
J'aurais bien aimé être conseillé pour mon orientation, mais j'ai été frappé par l'inutilité, voire l'incompétence des conseillers d'orientation. Je me souviens encore des questions du genre :
« - Quel métier voudrais-tu faire ?
- Je ne sais pas, c'est justement pourquoi je viens vous voir.
- Tu as regardé nos brochures ?
- Oui, mais cela ne me conseille pas vraiment.
- Tu as une passion dans la vie ?
- Non. »
J'aurais aimé que les conseillers me posent plus de question sur mon caractère, ce que j'aime et n'aime pas faire, etc. Je le leur aurais répondu que je n'aime pas vendre, que j'aime rendre service, que j'aime les enfants mais que je n'aurais pas la patience d'être prof, que je suis passionné de droit et de politique, que je vois mal comment concilier les deux, comment en vivre, etc.
Bref, d'après mon expérience personnelle, je crois que les parents jouent un rôle important dans l'orientation de leurs enfants, mais lorsque ces parents ne peuvent pas les conseiller (parce qu'ils ont eux aussi été mal orientés, parce qu'ils exercent un métier qu'ils n'ont pas choisi, etc.), c'est une toute autre affaire.
Alors faire un référenciel des métiers est une bonne idée, mais je crois qu'il faut surtout aider les jeunes à se poser les bonnes questions pour bien s'orienter. Les stages aident dans cette démarche, mais les systématiser à un certain âge peut être néfaste...
Je me souviens encore d'un stage que j'avais effectué à 18 ans au TGI (il y a deux ans donc), et j'étais loin d'être assez mature pour digérer ce que j'y avais vu et entendu. Depuis, j'ai appris à connaître la réalité de la justice, et à dissiper la vision idéalisée de la justice que j'avais en tête. Cela me permet maintenant de commencer des études de droit en toute connaissance de cause... mais il aura fallu que je tâtonne pendant des années pour savoir ce que je voulais faire...
# Petites remarques complémentaires
Posté par François Obada . En réponse au journal Référentiel des métiers. Évalué à 6.
Je voudrais juste apporter quelques informations tirées de mon expérience personnelle. Avant, les jeunes « s'orientaient » d'eux-même en fonction de leur milieu social, et beaucoup exerçaient des métiers qu'ils n'avaient pas choisi.
Maintenant, l'école nous fait la promesse que les jeunes peuvent virtuellement exercer le métier qu'ils souhaitent, pourvu qu'ils étudient correctement. Je trouve que ceci s'apparente à de la publicité mensongère. On s'aperçoit que beaucoup de jeunes sont orientés vers les filières professionnelles contre leur gré, et que parfois, il aurait suffit d'un petit coup de pouce pour qu'ils mènent de longues et brillantes études les conduisant vers le métier de leur rêve.
En ce qui me concerne, je me suis toujours ennuyé à l'école. Non que je n'y réussissais pas, au contraire même, et je ne cesse maintenant d'insister pour que les jeunes que je connais aient un bon dossier scolaire (ce qui ouvre pas mal de portes).
En l'occurrence, je n'ai jamais eu de vocation. Comme tous les jeunes, j'ai rêvé d'être pompier, policier, militaire (rayer les mentions inutiles). Mais à l'entrée du lycée et à la sortie, je ne savais toujours pas ce que je voulais faire. Aucun métier ne m'attirait plus qu'un autre, parce que je ne connaissais pas du tout le monde du travail.
J'aurais bien aimé être conseillé pour mon orientation, mais j'ai été frappé par l'inutilité, voire l'incompétence des conseillers d'orientation. Je me souviens encore des questions du genre :
« - Quel métier voudrais-tu faire ?
- Je ne sais pas, c'est justement pourquoi je viens vous voir.
- Tu as regardé nos brochures ?
- Oui, mais cela ne me conseille pas vraiment.
- Tu as une passion dans la vie ?
- Non. »
J'aurais aimé que les conseillers me posent plus de question sur mon caractère, ce que j'aime et n'aime pas faire, etc. Je le leur aurais répondu que je n'aime pas vendre, que j'aime rendre service, que j'aime les enfants mais que je n'aurais pas la patience d'être prof, que je suis passionné de droit et de politique, que je vois mal comment concilier les deux, comment en vivre, etc.
Bref, d'après mon expérience personnelle, je crois que les parents jouent un rôle important dans l'orientation de leurs enfants, mais lorsque ces parents ne peuvent pas les conseiller (parce qu'ils ont eux aussi été mal orientés, parce qu'ils exercent un métier qu'ils n'ont pas choisi, etc.), c'est une toute autre affaire.
Alors faire un référenciel des métiers est une bonne idée, mais je crois qu'il faut surtout aider les jeunes à se poser les bonnes questions pour bien s'orienter. Les stages aident dans cette démarche, mais les systématiser à un certain âge peut être néfaste...
Je me souviens encore d'un stage que j'avais effectué à 18 ans au TGI (il y a deux ans donc), et j'étais loin d'être assez mature pour digérer ce que j'y avais vu et entendu. Depuis, j'ai appris à connaître la réalité de la justice, et à dissiper la vision idéalisée de la justice que j'avais en tête. Cela me permet maintenant de commencer des études de droit en toute connaissance de cause... mais il aura fallu que je tâtonne pendant des années pour savoir ce que je voulais faire...